Si, à chaque extrémité du XIXe siècle, Auguste Comte invente le mot de sociologie et Emile Durkheim contribue à lui donner son éclat, la discipline est moribonde au milieu du XXe siècle, oubliée des universités, anémique au CNRS naissant. Ce n'est que dans le courant des années 1970 qu'elle achève de se voir gratifier de tous les attributs qui font une discipline en France, à commencer par des cursus et des filières de recrutement propres, et dans le courant des années 1980 qu'elle reprend son expansion démographique. Comment cette renaissance s'est-elle traduite sur le terrain scientifique ? A quoi la sociologie s'intéressait-elle vers 1970 ? Comment ses intérêts et ses méthodes ont-ils évolué ? I. e tournant des années 2010 est une période particulière. C'est alors que la première génération d'enseignants et de chercheurs formés comme sociologues par l'université dans les années 1960 part massivement à la retraite. Quel est le legs de cette génération à ses cadets, en matière théorique et empirique ? Comment ces derniers se sont-ils emparés de cet héritage, l'ont-ils fait fructifier et l'ont-ils transformé ? Cet ouvrage veut aider à répondre à ces questions, en mettant à contribuer ces deux générations sur quinze domaines explorés par la sociologie : stratification, famille, école, religions, travail, genres, économie, politique, monde rural, monde urbain, migration, santé, arts et de la culture, sciences et des techniques, communication et medias.
Résumé : Que savons-nous de tous ceux qui, sans être sur le devant de la scène médiatique, ont fait de la comédie leur métier ? De tous les aspirants qui affluent aux portes d'une gloire qui s'offrira à peu d'élus ? Qu'est-ce que ce métier où l'on passe souvent plus de temps à attendre l'engagement qu'à se produire sur un plateau ? Quelles activités les comédiens pratiquent-ils, des plus visibles comme le cinéma aux plus obscures comme la post-synchronisation et le doublage ? Quelles compétences spécifiques peut-on faire valoir sur ce marché du travail ouvert à tous les vents ¸Comment sont-elles formées, reconnues et rémunérée ? Cet ouvrage cherche à comprendre les parcours professionnels des comédiens entrés en activité depuis la deuxième guerre mondiale, dans une situation de forte diversification liée à des transformations économiques et techniques majeures dans le secteur du spectacle. En montrant de quoi est faite la qualification traditionnelle du comédien de théâtre, comment elle fait système avec un mode d'organisation de la production et de la réception des ?uvres, il permet de comprendre la déstabilisation du milieu face à l'expansion du monde du spectacle enregistré. Il analyse enfin les conséquences de ces changements sur le devenir des intermittents du spectacle, de leur système de relations professionnelles et de leur dispositif d'indemnisation du non-travail.
Luca est un jeune homme fragile et désemparé qui vit mal depuis le départ de Marie, sa compagne. Ses journées sont faites d'une sorte d'errance immobile, entre la traduction d'un roman italien et le « Gibraltar café », en bas de chez lui. Quelquefois, il passe de longs moments avec Lise, une prostituée, mais il ne la touche pas, ne souhaite que sa compagnie, sa conversation, elle est en quelque sorte sa « psychanalyste »...Un jour, au « Gibraltar », il rencontre Solène, sa nouvelle voisine, dont il tombe amoureux. Après trois jours et demi de vie commune, elle est internée dans un hôpital psychiatrique. Les malheurs s'abattent aussi sur lui : son père meurt, son frère Louis disparaît dans le cosmos, Lise part pour l'Argentine, son immeuble est la proie des flammes... Il ne lui reste plus qu'à attendre la guérison de Solène.Construit comme une sorte de marqueterie littéraire, Séquelles ordinaires est un roman aussi attachant que ce personnages de rêveur flottant qu'est Luca, homme angoissé, mal guéri de son enfance, un peu perdu et fort touchant.
Fille et garçon, je suis né. Mon anomalie s'était vue confirmée à l'échographie. dévoilant la présence d'un testicule et d'un ovaire. Garçon et fille, je demeurais. Comme n'importe quel enfant je croyais que nous avions tous le même sexe, et qu'il ne jouerait aucun rôle prédominant dans ma vie. Je me trompais. Eric Paradisi fait apparaître un hermaphrodite dans sa chair et son âme, partagé entre ses deux identités, égaré dans une modernité qui le prive de son mythe, tourmenté à l'idée même de l'amour. Eric Paradisi signe ici son troisième roman.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni