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Gardien au Lazaret ; Les rivages couleur de rose
Papadiamantis Alexandre ; Bouchet René
EUD
13,00 €
Épuisé
EAN :9782364410633
Alexandre Papadiamantis (1851-1911), auteur de romans historiques et d'environ cent quatre-vingts nouvelles qui ont pour cadre Athènes ou son fief natale de Skiathos, est considéré dans son pays comme le plus grand prosateur des lettres grecques. Le présent recueil permet de découvrir le meilleur de son talent dans une traduction inédite, sous la plume élégante et précise de René Bouchet. Ce spécialiste de Papadiamantis a déjà rendu accessibles aux lecteurs français plusieurs nouvelles de cet écrivain, des romans contemporains, comme le Dikôlon de Yannis Kiourtsakis, et des textes médiévaux, dont la Chronique de Morée. La première nouvelle de ce volume, "Gardien au lazaret", n'a jamais été traduite en français. Elle se constitue autour du motif de l'attente. La vieille Skévo Gialis se languit de son fils, Stavros, parti en mer. Une lettre lui annonce son retour. Mais une épidémie de choléra empeche les retrouvailles : Stavros et l'équipage de son bateau, comme ceux des autres navires, sont placés en quarantaine dans la solitude d'un îlot. Skévo intrigue pour rejoindre son fils, mort ou vivant, au péril de tous les dangers... Dans la seconde nouvelle - remarquée par Octave Merlier dès 1965 - "Les Rivages couleur de rose", se trouvent rassemblés plusieurs grands thèmes de l'oeuvre de Papadiamantis : la mort volontaire, l'amour impossible, l'exil, le retrait du monde. Le narrateur, désespéré par une passion malheureuse, part en mer sur une barque. La tentation du suicide est grande, ou à tout le moins celle de quitter les siens. Stamatis, cet ami sans illusion sur l'amour qui le sauve de la noyade, n'a-t-il pas déjà pris ce chemin ? Tous deux sont rejoints par Diamandis Agallos, poursuivi par le fantôme de sa fiancée délaissée, et par le berger Stathis, marié de force par le maître de son village. C'est toute la Grèce, celles des paysages maritimes et des passions tragiques, qui surgit en mille éclats. Une prose poétique à la beauté saisissante.
Depuis sa maison perchée dans les hauteurs de Skiathos, Skévo a le regard rivé sur l'horizon, attendant désespérément des nouvelles de son fils parti en mer depuis de longs mois. Au loin, un bateau inconnu, amarré près de l'île du Grand Tsoungrias, attire inexplicablement son regard. C'est alors que la rumeur qui gronde dans le village remonte jusqu'à elle : des navires revenant de l'étranger ont amené le choléra, obligeant marins et passagers à rester en quarantaine sur l'île voisine, transformée en lazaret. Alors que toutes sortes de colportages font monter la peur chez les habitants, Skévo, malade d'inquiétude, sait qu'elle doit aller vérifier par elle-même ce qu'il advient de son fils. Mais face aux railleries des marins qui refusent d'emmener une vieille femme comme elle jusqu'à l'île, il lui faut emprunter des chemins détournés. Quelques jours plus tard, un étrange personnage, qui dit porter le nom d'un défunt, se présente au lazaret en proposant ses services comme gardien...
Ce deuxième recueil à paraître aux Editions Cambourakis compte six nouvelles (de six à quarante pages chacune environ, dont deux inédites) caractéristiques de l'art de Papadiamandis. On y retrouve ses thèmes de prédilection : une profonde conscience de la fragilité humaine, de la cruauté de l'existence, de la tentation du mal... Une noirceur atténuée tantôt par une douce ironie, tantôt par un élan compassionnel embrassant cette communauté essentiellement démunie. La présence du paysage grec, de la mer, d'une nature à la beauté éternelle illuminent cependant ces récits et figurent la possibilité d'une transcendance. La nouvelle "athénienne", Nuit de Carnaval, largement autobiographique, sera pour la première fois lisible en français - l'une des meilleures de l'écrivain selon René Bouchet, son traducteur, et auteur d'une thèse sur le regard dans l'oeuvre du maître grec.
C'en est fait, mon enfant, je ne puis plus te sauver. Le sort en a voulu ainsi. C'était écrit. Qui peut lutter contre le Destin ? (...) Il était écrit que ton martyre prendrait fin ici. Si je te sauve, je détruis la foi, si je te protège, je trahis le serment. J'ai employé tous les moyens". L'homme monologuant alors que s'ouvre l'action sur cette scène dramatique, c'est Pléthon, le philosophe néoplatonicien dont le destin - tout le long de ce roman aux multiples rebondissements - est confronté à celui d'Aïma, l'enfant miraculeusement sauvée, la Fille de Bohême au coeur simple, à la vie tragique, dont la beauté est celle de l'humilité et de l'innocence. Paru initialement sous forme de feuilleton, ce roman d'aventures et d'actions, souvent truculent, - chef-d'oeuvre de la littérature néohellénique - est aussi un roman métaphysique et historique : Papadiamantis y met en scène la chute de Constantinople qui menace tout à la fois la grécité et l'orthodoxie, condamnant à jamais un passé antique glorieux. C'est enfin, et surtout, une oeuvre de virtuose : jouant sur toutes ses harmoniques, l'écrivain a magnifiquement exploité les multiples registres de la langue grecque, et le texte est ici magistralement servi par cette première traduction française.
Le musée d'archéologie des années 1950, avec de beaux objets présentés dans des vitrines savamment éclairées, est sur le point de disparaître du paysage culturel. Et tandis que l'archéologie se diversifie et se ramifie en plusieurs spécialités qui tentent de se rapprocher des sciences exactes, par leurs méthodes comme par leur extrême focalisation, les musées, qui se sont tous plus ou moins convertis au rythme annuel de la succession des expositions temporaires, découvrent le rôle essentiel des médiations. Qu'est-ce que la (ou les) médiation (s) ? Quel tableau peut-on en dresser aujourd'hui ? En quoi les médiations modifient-elles les missions des musées ? Un déplacement essentiel s'est produit : si le travail de recherche archéologique et sa diffusion continuent d'être prioritaires, le public est dorénavant une préoccupation essentielle. Il est placé au centre d'un musée qui se transforme ; à sa mission première d'institution chargée de mettre en valeur des vestiges, le musée ajoute une dimension nouvelle de dispositif de communication. Cet ouvrage, le premier du genre, présente un panorama complet des différentes catégories de médiations à l'oeuvre dans le champ de l'archéologie. Qu'elles soient une préoccupation des archéologues eux-mêmes, qu'elles relèvent de l'activité professionnelle des médiateurs ou bien encore qu'elles se déroulent spontanément au sein du public, les formes et les types de médiation sont nombreux et variés. L'ouvrage en dresse un tableau très suggestif.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.