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La fille de Bohême
Papadiamantis Alexandre ; Coressis Karine
ACTES SUD
26,00 €
Épuisé
EAN :9782742705368
C'en est fait, mon enfant, je ne puis plus te sauver. Le sort en a voulu ainsi. C'était écrit. Qui peut lutter contre le Destin ? (...) Il était écrit que ton martyre prendrait fin ici. Si je te sauve, je détruis la foi, si je te protège, je trahis le serment. J'ai employé tous les moyens". L'homme monologuant alors que s'ouvre l'action sur cette scène dramatique, c'est Pléthon, le philosophe néoplatonicien dont le destin - tout le long de ce roman aux multiples rebondissements - est confronté à celui d'Aïma, l'enfant miraculeusement sauvée, la Fille de Bohême au coeur simple, à la vie tragique, dont la beauté est celle de l'humilité et de l'innocence. Paru initialement sous forme de feuilleton, ce roman d'aventures et d'actions, souvent truculent, - chef-d'oeuvre de la littérature néohellénique - est aussi un roman métaphysique et historique : Papadiamantis y met en scène la chute de Constantinople qui menace tout à la fois la grécité et l'orthodoxie, condamnant à jamais un passé antique glorieux. C'est enfin, et surtout, une oeuvre de virtuose : jouant sur toutes ses harmoniques, l'écrivain a magnifiquement exploité les multiples registres de la langue grecque, et le texte est ici magistralement servi par cette première traduction française.
Ce deuxième recueil à paraître aux Editions Cambourakis compte six nouvelles (de six à quarante pages chacune environ, dont deux inédites) caractéristiques de l'art de Papadiamandis. On y retrouve ses thèmes de prédilection : une profonde conscience de la fragilité humaine, de la cruauté de l'existence, de la tentation du mal... Une noirceur atténuée tantôt par une douce ironie, tantôt par un élan compassionnel embrassant cette communauté essentiellement démunie. La présence du paysage grec, de la mer, d'une nature à la beauté éternelle illuminent cependant ces récits et figurent la possibilité d'une transcendance. La nouvelle "athénienne", Nuit de Carnaval, largement autobiographique, sera pour la première fois lisible en français - l'une des meilleures de l'écrivain selon René Bouchet, son traducteur, et auteur d'une thèse sur le regard dans l'oeuvre du maître grec.
Depuis sa maison perchée dans les hauteurs de Skiathos, Skévo a le regard rivé sur l'horizon, attendant désespérément des nouvelles de son fils parti en mer depuis de longs mois. Au loin, un bateau inconnu, amarré près de l'île du Grand Tsoungrias, attire inexplicablement son regard. C'est alors que la rumeur qui gronde dans le village remonte jusqu'à elle : des navires revenant de l'étranger ont amené le choléra, obligeant marins et passagers à rester en quarantaine sur l'île voisine, transformée en lazaret. Alors que toutes sortes de colportages font monter la peur chez les habitants, Skévo, malade d'inquiétude, sait qu'elle doit aller vérifier par elle-même ce qu'il advient de son fils. Mais face aux railleries des marins qui refusent d'emmener une vieille femme comme elle jusqu'à l'île, il lui faut emprunter des chemins détournés. Quelques jours plus tard, un étrange personnage, qui dit porter le nom d'un défunt, se présente au lazaret en proposant ses services comme gardien...
Alexandre Papadiamantis (1851-1911), auteur de romans historiques et d'environ cent quatre-vingts nouvelles qui ont pour cadre Athènes ou son fief natale de Skiathos, est considéré dans son pays comme le plus grand prosateur des lettres grecques. Le présent recueil permet de découvrir le meilleur de son talent dans une traduction inédite, sous la plume élégante et précise de René Bouchet. Ce spécialiste de Papadiamantis a déjà rendu accessibles aux lecteurs français plusieurs nouvelles de cet écrivain, des romans contemporains, comme le Dikôlon de Yannis Kiourtsakis, et des textes médiévaux, dont la Chronique de Morée. La première nouvelle de ce volume, "Gardien au lazaret", n'a jamais été traduite en français. Elle se constitue autour du motif de l'attente. La vieille Skévo Gialis se languit de son fils, Stavros, parti en mer. Une lettre lui annonce son retour. Mais une épidémie de choléra empeche les retrouvailles : Stavros et l'équipage de son bateau, comme ceux des autres navires, sont placés en quarantaine dans la solitude d'un îlot. Skévo intrigue pour rejoindre son fils, mort ou vivant, au péril de tous les dangers... Dans la seconde nouvelle - remarquée par Octave Merlier dès 1965 - "Les Rivages couleur de rose", se trouvent rassemblés plusieurs grands thèmes de l'oeuvre de Papadiamantis : la mort volontaire, l'amour impossible, l'exil, le retrait du monde. Le narrateur, désespéré par une passion malheureuse, part en mer sur une barque. La tentation du suicide est grande, ou à tout le moins celle de quitter les siens. Stamatis, cet ami sans illusion sur l'amour qui le sauve de la noyade, n'a-t-il pas déjà pris ce chemin ? Tous deux sont rejoints par Diamandis Agallos, poursuivi par le fantôme de sa fiancée délaissée, et par le berger Stathis, marié de force par le maître de son village. C'est toute la Grèce, celles des paysages maritimes et des passions tragiques, qui surgit en mille éclats. Une prose poétique à la beauté saisissante.
La vieille Yannou est au chevet de sa petite-fille, âgée de quelques jours à peine et déjà gravement malade. Au fil des heures de veille durant lesquelles elle se remémore sa vie passée, elle découvre qu'elle n'a jamais vécu que dans la servitude. Elle se persuade alors que son devoir est de délivrer - par tous les moyens - les petites filles de l'enfer qui les attend.Ecrit en 1903, Les Petites Filles et la Mort (dont le titre original se traduit par La Meurtrière) est le maître livre de Papadiamantis. Dans une tragédie qui va bien au-delà du tableau de moeurs, il invente une langue somptueuse et propose une réflexion sur la condition féminine, tissée d'obsessions personnelles, qui se révèle d'une inquiétante modernité.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Après avoir perdu un procès en diffamation, Mikael Blomkvist, brillant journaliste d'investigation, démissionne de la revue Millénium et ressasse son dépit. Il est contacté par un magnat de l'industrie qui lui confie une enquête vieille de quarante ans: sur l'île abritant l'imposante propriété familiale, sa nièce, Harriet Vanger, a naguère disparu, et il reste persuadé qu'elle a été assassinée. Si ce n'est pas exactement le hasard qui réunit Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, réchappée des services sociaux et génie de l'informatique, c'est une vraie chance, car la jeune femme va bien vite s'imposer comme le meilleur atour du journaliste pour élucider l'affaire. L'intolérance, l'hypocrisie, la violence et le cynisme de notre monde contemporain - aux niveaux politique, économique, social, familial - sont les ressorts de ce polar addictif, au suspense insoutenable, qui a enthousiasmé des millions de lecteurs.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.