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Quartier des fantômes
Panh Rithy ; Bataille Christophe
GRASSET
15,05 €
En stock
EAN :9782246845300
Un soir, je retourne au centre S21. C'est un rendez-vous que nul ne m'a proposé parmi les vivants. Je m'assieds au pied du bâtiment principal, et j'attends. Devant moi, l'ancienne école jaunie aux volets bleu clair. Je scrute ces murs que je connais si bien, où je suis venu filmer, des nuits entières, il y a vingt ans. Même une école peut devenir un centre de mort. Surtout une école, s'il faut transformer les êtres radicalement, s'il faut qu'ils consignent leurs vies et qu'ils s'inventent des crimes, électrocutés, frappés, étouffés. Qui entre ici est déjà mort". Ainsi s'ouvre le Quartier des fantômes : Rithy Panh, qui survécut enfant au régime khmer rouge puis devint cinéaste, retourne au "centre de la tuerie" , conçu, contrôlé, dirigé par Duch. La nuit, le jour, à travers le temps, les rencontres, il nous raconte ce que fut ce lieu, école, puis camp de la mort, puis musée ; et ce qui l'habite, aujourd'hui encore. Les cris. La peur. L'idéologie. Les esprits. Nous voici au coeur de la machine de mort, confrontés au mal et à son énigme, mais aussi à la résistance. Car il y a les jeunes bourreaux, et le désir d'effacer, mais il y a aussi le peintre Vann Nath, et la jeune Bophana - deux belles figures humanistes. Le quartier des fantômes ne vous quittera plus. Traversée poétique et méditation politique, c'est aussi un admirable traité sur l'écriture de l'histoire à travers les mots et les images.
Pendant trois ans, Rithy Panh et son équipe ont recherché les victimes rescapées et leurs anciens bourreaux de S-21, centre khmer rouge d'extermination du régime de Pol Pot. Ils les ont convaincus de se rencontrer là où, il y a vingt-cinq ans, les uns étaient victimes de l'administration de la mort, les autres au service de l'appareil d'extermination. Ni un abécédaire de l'horreur, ni un dossier d'instruction, cet ouvrage est un courageux travail de mémoire. II est indispensable au moment où les principaux responsables khmers rouges attendent, en prison, d'être jugés. Biographie de l'auteur Rithy Panh est cinéaste. Il est l'un des réalisateurs cambodgiens les plus primés. Il a notamment reçu le prix Albert Londres pour S-21 la machine de mort khmère rouge. Christine Chaumeau travaille à Courrier international où elle est responsable de la zone Asie du Sud-Est.
Résumé : Le parcours de Charlotte Delbo (1913-1985), femme de lettres et assistante de Jouvet, est exceptionnel. Résistante, déportée à Auschwitz-Birkenau puis à Ravensbrück, elle survit. Ainsi que l'écrit Joël Huthwohl dans la préface de cet ouvrage, " il y a soixante-dix ans s'ébranlait le convoi du 24 janvier. Il y a quarante-huit ans paraissait Aucun de nous ne reviendra. Il y a vingt-huit ans elle mourait. Insensiblement sa vie s'éloigne comme disparaissent ceux qui disaient : "pendant la guerre, je...", "à Auschwitz, nous...". [...] Nous passons avec une certaine appréhension le seuil fragile après lequel nous continuerons sans les témoins". Il s'agit donc d'assurer la transmission de son oeuvre, mission que s'était donnée Claudine Riera-Collet (aujourd'hui décédée) fondatrice de l'association Les Amis de Charlotte Delbo et à l'initiative du colloque international de mars 2013 à la BnF et à la Comédie-Française. On limite souvent son oeuvre aux textes sur la déportation, or elle traite aussi des événements de son époque. Son entrée officielle dans la littérature se fait avec Les Belles Lettres (1961) recueil de textes contre la guerre d'Algérie. Suit, le premier tome de la trilogie d'Auschwitz et après : Aucun de nous ne reviendra (1965), écrit à son retour en 1945. Avec Le Convoi du 24 janvier (1965), la trilogie fait saisir l'horreur de la barbarie mais aussi la solidarité des déportées qui se soutiennent dans la détermination d'un acte à accomplir : rentrer pour porter ce qu'elles ont vécu à la connaissance du monde. À l'avant-garde des recherches esthétiques de l'après-guerre, sa recherche formelle, marquée par sa rencontre avec Jouvet, la conduit vers une écriture à dire et à entendre. Elle choisit progressivement le théâtre et la poésie pour rendre compte de l'irreprésentable d'Auschwitz : Qui rapportera ces paroles ? (1966), Et toi, comment as-tu fait ? (1971). Ces textes, avec Ceux qui avaient choisi, Les Hommes, Kalavrita des mille Antigone, La Mémoire et les jours, portent la trace de la séparation brutale de nombreux couples sous les régimes totalitaires. Cet ouvrage, fruit du colloque et de l'année de commémoration de sa naissance, aborde plusieurs thèmes qui le structurent en trois parties ("L'engagement", "Ecriture et témoignage", "Le théâtre : écrire pour la scène") dans lesquelles poésie, littérature, théâtre se questionnent et s'enrichissent permettant de saisir dans sa pluralité l'impact actuel de l'oeuvre qui ne peut se réduire à une approche disciplinaire stricte et qui, au-delà du témoignage, fait surgir une vérité encore difficilement écoutable.
A douze ans, je perds toute ma famille en quelques semaines. Mon grand frère, parti seul à pied vers notre maison de Phnom Penh. Mon beau-frère médecin, exécuté au bord de la route. Mon père, qui décide de ne plus s'alimenter. Ma mère, qui s'allonge à l'hôpital de Mong, dans le lit où vient de mourir une de ses filles. Mes nièces et mes neveux. Tous emportés par la cruauté et la folie khmère rouge. J'étais sans famille. J'étais sans nom. J'étais sans visage. Ainsi je suis resté vivant, car je n'étais plus rien."Trente ans après la fin du régime de Pol Pot, qui fit 1.7 millions de morts, l'enfant est devenu un cinéaste réputé. Il décide de questionner un des grands responsables de ce génocide: Duch, qui n'est ni un homme banal ni un démon, mais un organisateur éduqué, un bourreau qui parle, oublie, ment, explique, travaille sa légende.L'élimination est le récit de cette confrontation hors du commun. Un grand livre sur notre histoire, sur la question du mal, dans la lignée de Si c'est un homme de Primo Levi, et de La nuit d'Elie Wiesel.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.