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Les adolescents troglodytes
Pagano Emmanuelle
POL
15,11 €
Épuisé
EAN :9782846821872
Adèle est conductrice de navette scolaire sur un plateau très isolé, en altitude. Elle transporte une dizaine d'enfants et d'adolescents, essentiellement des fratries, dont les histoires se mêlent à la sienne. Pendant les trajets, dans les intempéries, ses souvenirs, ses pensées, glissent sur les routes écartées, pendant que grands et petits parlent, se disputent, se taisent. Elle se souvient de son corps mal ajusté, de sa propre adolescence douloureuse. Adèle est une fille née dans un corps de garçon. Ni "ses" grands ni "ses" petits, n'ont connaissance de son passé. Elle est née au milieu du plateau, à la "ferme du fond" , aujourd'hui disparue sous une retenue d'eau. Elle y a vécu avec ses parents et son petit frère, Axel, puis elle est partie, avant de revenir au pays dans son nouveau corps : personne ne l'a reconnue. Elle conduit sa vie et la navette entre ce lac artificiel, recouvrant l'enfance, et un autre lac, naturel et volcanique, auprès duquel elle aime s'arrêter. Elle pense à son frère. Il n'a jamais accepté la féminité de son aîné. Axel est travailleur sur cordes, il conforte les falaises qui soutiennent le plateau. Il refuse de la voir, de lui parler. Une paroi rocheuse s'écroule, Axel s'en sort avec une phalange brisée, mais quelque chose en lui s'est fissuré. Adèle descend le voir et le dialogue reprend. Un après-midi d'hiver, la tourmente et les congères brouillent la route de la navette au retour du collège. Adèle et ses grands se perdent. Ils se réfugient pour la nuit dans une grotte au bord du lac volcanique... On retrouve dans ce nouveau roman ce qui fait l'originalité d'Emmanuelle Pagano : une conscience aiguë des corps et des mouvements visibles ou secrets de ces corps, une langue imagée et apparemment familière mais en réalité discrètement sophistiquée, une connaissance profonde de la nature, des forces qui la traversent.
Résumé : Je m'appelle Emmanuelle Salasc. Je suis née à Rodez, Aveyron, le 15 septembre 1969, quelques minutes avant ma soeur, de Norbert Salasc, originaire d'Octon, tout près de la rivière Salagou, département de l'Hérault, et de Monique Virenque, originaire de Boussinesq, commune d'Alrance, tout près de la rivière Alrance, sur le Lévézou, département de l'Aveyron. Entre ces deux territoires familiaux, il y a le pas de l'Escalette et le plateau du Larzac. Depuis le mois de mars, dans la vallée, les vannes du barrage sur le Salagou étaient fermées. En septembre, le patient travail de la montée des eaux abordait les deux petites vignes de mon grand-père paternel, pendant que ma mère perdait les eaux, dans la ville d'en haut. Sur ces hauteurs maternelles, un autre lac artificiel, barrant déjà l'Alrance depuis plus de quinze ans, gardait contre sa rive le secret d'un autre lieu familial disparu.
« Parfois je me demande comment arriver à maintenir cet espace, ce jeu, entre ces lettres et nous. Il y a du jeu, cela ne s?ajuste pas parfaitement. Je ne sais pas comment relier ces lettres à nos personnes. Comment nos personnes peuvent s?entendre avec nos personnages? Quand on se verra, bientôt, s?il se passe quelque chose entre nous, et que cela se passe mal, je me dis ce ne sera pas grave, parce que nos lettres, nos lettres d?après pourront toujours arranger nos gestes. Mais l?inverse? Si jamais cela se passe bien, trop bien, nos personnes et nos corps pourraient mettre en péril cet échange de lettres. Et nous n?aurons plus que des banalités à nous écrire. Je ne veux pas écrire avec une fleur dans les cheveux, je voudrais écrire comme on mord dans la viande, avec des dents et de la faim, avec du sang et du désir ».
Les personnages de ces nouvelles ne se trouvent pas au milieudu récit, ils restent dans les marges, ils se tiennent au bord deleurs vies, de leur maison, de leur pays, ils marchent au borddes routes, à côté de leur mémoire, à la lisière de l'ordinaire etde la raison, comme il leur arrive de faire du stop: au cas oùon s'arrêterait pour les prendre. Je les ai pris dans mon livre.
Le vingt-huit octobre, au bord de la Caspienne, une journée de pêche se prépare. Tout le monde est réuni autour de Jonathan Bonnefonds, tous sauf un, l'ami d'enfance. Ces dernières semaines, le niveau de l'eau a baissé progressivement. Les poissons suffoquent, les cormorans hantent le ciel, la lumière vient rappeler sa beauté au pays des mille eaux. Depuis les profondeurs aveugles de l'océan Atlantique, David Gareau, lui, écoute les sons de la mer et s'apprête à remonter pour la dernière fois. Il manque à l'appel de l'étang.
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.
Résumé : Pour Dominique Fourcade, deuil répond à la nécessité de donner un écho, sinon le plus approprié, du moins le plus à sa portée, à la mort tragique de Paul Otchakovsky-Laurens. Passées les premières heures d'un deuil dévastant, il se demande comment faire face à cette mort, comment la comprendre, et aussi comment comprendre le nouvel homme qu'il est devenu d'un coup, frappé par la foudre. Comment absorber et comment répondre.
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.