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Les baromètres de l'âme. Naissance du journal intime, Edition revue et augmentée
Pachet Pierre
BRUIT DU TEMPS
8,00 €
Épuisé
EAN :9782358730815
Peut-être pourrait-on dire alors qu'un journal intime est un écrit dans lequel quelqu'un manifeste un souci quotidien de son âme, considère que le salut ou l'amélioration de son âme se fait au jour le jour, est soumis à la succession, à la répétition des jours, source de permanence et de variation. Si cette entreprise a une portée spirituelle, tout en se détachant des pratiques religieuses strictes (le journal intime, c'est bien au contraire le signe qu'un individu décide de faire face seul à l'insuffisance de son âme, sans confesseur, sans s'appuyer sur une pratique sur un rite, en réinventant des secours), c'est que celui-ci se place toujours, pourrait-on dire, sous le signe de cette pensée du poète Keats : "Call the world, if you please, the vale of soul-making", "la vallée où se forment nos âmes" (lettre du 15 avril 1819)." Pierre Pachet, Les Baromètres de l'âme. Naissance du journal intime, 1990.
Enfant, m'a-t-on dit, je voulais être avec ma mère, ne pas la quitter, qu'elle ne me quitte pas. On me l'a rappelé plus tard, dès la fin de la guerre, avec attendrissement, ou pour se moquer un peu de mes désirs d'indépendance. A présent, je ne peux plus être avec elle, ni même près ou auprès d'elle. Dans l'état où elle est, ce que je peux espérer en allant la voir et en y passant du temps, c'est qu'elle regardera dans ma direction, sans me reconnaître vraiment, et qu'elle me permettra ainsi d'être devant elle, de lui parler pour réveiller brièvement sa capacité à mimer une conversation, de lui donner à manger. Je la reconnais, je la regarde, je l'écoute. Malgré notre connivence humoristique de toujours, à présent presque totalement détruite, je me sens comme devant une figure très ancienne, une statue faiblement animée mais puissante, monumentale. P. P.
Dans une sorte de journal de ses pensées, un homme qui n'est plus jeune essaie de se représenter ce que c'est, d'être vieux. Ou plutôt de vivre cette situation de l'intérieur, tout en restant lui-même, en gardant l'âge qu'il a effectivement, quand il écrit, et en restant l'enfant étonné et cruel qu'on ne peut cesser d'être. Pour une part, it s'agit pour lui d'imaginer, de spéculer ; pour une autre, de décrire ce qui lui apparaît des vieillards qu'il voit, qu'il fréquente, qu'il aime - et de lui-même. Dégradations physiques, lenteur nouvelle, défaillances dans l'activité mentale, désoccupation, obscurcissement : autant d'occasions paradoxales d'y voir plus clair, de regarder l'obscurité même. Pourtant, le livre ne penche pas du côté du vieillissement : il cherche à maintenir en service une "navette-, selon l'expression de l'auteur, un alter et retour permanent entre te grand âge, et les autres âges de la vie. Nouvelle façon d'explorer, sans l'atténuer, la différence qui sépare les hommes les uns des autres, tes sépare d'eux-mêmes au cours de leur vie, et donc finalement les constitue.
Renouer avec les études psychologiques d'avant la psychanalyse, quand on cherchait moins à interpréter comme des signes les contenus du rêve qu'à reconnaître la forme commune d'une expérience. En reprenant les recherches oubliées d'Hervey, de Maury, de Delboeuf, en relisant Kafka et surtout en réorientant ses propres nuits, Pierre Pachet a voulu mettre en lumière une tonalité paradoxale du sommeil : sa vigilance. Paralysé et livré aux images, le dormeur continue à vivre parmi les hommes, qui tiennent compte de lui et dont il se souvient. Il agit, réagit, anticipe, souffre et calcule. Loin d'être totalement passif, il peut même entreprendre de contrôler ce qui lui arrive...
Six nuits sur l'Acropole est l'unique roman publié, à titre posthume, par le poète Georges Séféris, prix Nobel de Littérature en 1963. Portrait hachuré d'une poignée de jeunes gens "en quête de cohésion" sur le rocher de l'Acropole, à la pleine lune, ce récit, d'une grande liberté de ton et d'allure, apparaît aussi comme le portrait d'une ville, Athènes dans les années 20, d'une génération s'ébrouant dans une bohême qu'on dirait encore neuve, et d'une jeunesse revisitée : celle de l'auteur lui-même, partagé entre un passé amputé, omniprésent, et l'apprentissage de sa liberté.
Publié en 1907, deux ans après Monteriano, Le plus long des voyages est le roman le plus autobiographique de Forster, et celui qu'il était "le plus heureux d'avoir écrit", si l'on en croit l'"Introduction de l'auteur" qu'il lui adjoignit en 1960, publiée ici pour la première fois en français.
Ayant par miracle survécu à cinq années de Goulag, Julius Margolin (1900-1971) est l'auteur d'un témoignage majeur, Voyage au pays des Ze-Ka, écrit dès son retour à Tel-Aviv en 1946. On y quittait Margolin à la sortie du camp, à l'été 1945, sans savoir comment se terminerait son odyssée. Luba Jurgenson a retrouvé et rassemblé des textes inédits de l'auteur relatant le retour, "Le chemin vers l'Occident, Slavgorod, Lodz, Varsovie, Paris, Marseille, après une année passée dans l'Altaï où il fut assigné à résidence à sa libération. Mais aussi une autobiographie inachevée,"Huit chapitres sur l'enfance", qui sont comme un prélude à"l'éducation européenne"de Margotin, permettant de comprendre le cadre social et intellectuel à l'intérieur duquel se forgera le récit de l'expérience fondamentale, celle de la confrontation de l'individu à la violence d'Etat."
Professeur de littérature américaine, traducteur et essayiste, Marc Amfreville est l'auteur de Charles Brockden Brown. La part du doute (Belin, 2000), Herman Melville, Pierre or the Ambiguities. L'ombre portée (Ellipses, 2003), et Ecrits en souffrance (Michel Houdiard, 2009). En 2006, il a reçu le prix Maurice Edgar Coindreau pour sa traduction du livre de Monique Truong, Le Livre du sel, Rivages, 2005.