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Un écrivain aux aguets. Anthologie
Pachet Pierre ; Carrère Emmanuel ; Rueff Martin ;
PAUVERT
29,25 €
Épuisé
EAN :9782720215650
Depuis Autobiographie de mon père, j'étais fasciné par ses livres, par cette voix sourde et obstinée, par cette façon de regarder sans ciller tout ce qui compose une expérience humaine. Toute son oeuvre est un exercice d'intranquillité et de vigilance". Emmanuel Carrère (extrait de la préface) Ce volume contient : Autobiographie de mon père Le Grand âge Bêtise de l'intelligence Conversations à Jassy L'oeuvre des jours Adieu L'Amour dans le temps Devant ma mère Sans amour Préface d'Emmanuel Carrère Postface de Martin Rueff Notices d'introduction de Yaël Pachet Ecrivain, essayiste, traducteur et critique littéraire, Pierre Pachet (1937-2016) s'est intéressé aussi bien au sommeil, à la littérature de l'Est, de Kafka à Soljenitsyne, qu'à l'Histoire et à la politique. Mais au-delà d'un apparent éclectisme, il a surtout laissé une oeuvre littéraire de premier plan. Le choix proposé dans ce volume, orienté vers l'écriture de l'intime, à l'écoute de personnes aimées et proches mais aussi des laissés pour compte de la vie moderne, permet de mieux saisir l'individu Pierre Pachet : un grand écrivain contemporain aux aguets, sensible au " devoir que l'on a d'être celui que l'on est " .
En 1996, Pierre Pachet se rend dans le nord de la Roumanie, dans la ville de Iasi. Ce n'est pas la première fois qu'il va dans un pays que l'expérience du communisme a écrasé, pour goûter l'atmosphère qu'on y respire, écouter les gens, se situer par rapport à cette histoire. Cette fois-ci, les choses tournent autrement: peut-être parce que le père de Pierre Pachet était lui-même originaire de cette région de l'Europe. Le voyageur veut aller plus loin et plus profond, remonter, en dessous même des malheurs engendrés par le communisme, jusqu'à l'antisémitisme, jusqu'à la xénophobie qui a été si longtemps intimement liée au nationalisme roumain. Sous la ville contemporaine de Iasi, il veut revoir la ville de Jassy, jadis riche d'une forte population juive, et le pogrom de juin 1941 tel que Malaparte l'évoque dans d'inoubliables pages de Kaputt. Au-delà de l'actuelle province roumaine de Moldavie, il se fait expliquer ce qu'est la Moldavie indépendante, ce que furent la Bucovine, la Bessarabie où vivait son grand-père, la Transnistrie où tant de Juifs furent déportés. Les conversations, les lectures, les réflexions s'organisent en une enquête sur ce qui a eu lieu: en 1941, en 1943, en 1947, en 1989. Le lieu où se tiennent ces conversations, auquel elles veulent se tenir, est marqué par des frontières, des annexions, des expulsions, des violences contre les anciens voisins. La tentation y est forte, pour chacun, de rester accroché à son malheur, à son point de vue.
Résumé : En octobre 1980 - un an avant la proclamation de l'état de guerre -, l'auteur fait un séjour en Pologne, passant par Varsovie, Wroclaw, Cracovie, Auschwitz, rencontrant tout au long de son parcours des universitaires, des syndicalistes de Solidarité, des membres du Parti. Très vite son journal se révèle d'un réalisme à la fois minutieux et poignant, dans la mesure où Pierre Pachet s'y engage en tant qu'individu, découvrant les épreuves d'un régime de privations. S'il demeure constamment attentif aux grands problèmes politiques, sociaux et spirituels écrasant le pays, c'est par l'intermédiaire d'un simple corps humain soumis à mille oppressions humiliantes. Exemples : les toilettes d'un grand aéroport, une salle de bains d'hôtel, un repas dans un restaurant, la résignation d'une foule dans l'atmosphère étouffée des villes, tout cela prend sous sa plume autant de gravité douloureuse que certains entretiens politiques et culturels avec tel professeur, tel journaliste, tel activiste. Son témoignage ajoute ainsi un sens vécu concret à l'expérience. Le lecteur connaîtra désormais d'une manière extraordinairement vivante l'odeur, le grain, la couleur, la température d'un certain désespoir corporel subi jour après jour par tout un peuple.
Y a-t-il un rapport entre les affaires criminelles les plus spectaculaires et la vie quotidienne que mènent les habitants de la ville moderne, désignés à l'attention par le hasard des accidents, des tirages au sort, des rencontres ? Sans formuler aucune théorie générale, Pierre Pachet soumet sa réflexion sur ce sujet aux occasions qui se proposent : les jeux radiophoniques, le métro, le téléphone, la circulation automobile, le procès de Patrick Henry, le récit de l'affaire Manson. Visant autant à décrire qu'à expliquer, les analyses se succèdent ou s'enchaînent pour composer une sorte de confession angoissée et minutieuse. La peur de l'irrémédiable et le désir de comprendre, de voir, y mènent alternativement le jeu.
Renouer avec les études psychologiques d'avant la psychanalyse, quand on cherchait moins à interpréter comme des signes les contenus du rêve qu'à reconnaître la forme commune d'une expérience. En reprenant les recherches oubliées d'Hervey, de Maury, de Delboeuf, en relisant Kafka et surtout en réorientant ses propres nuits, Pierre Pachet a voulu mettre en lumière une tonalité paradoxale du sommeil : sa vigilance. Paralysé et livré aux images, le dormeur continue à vivre parmi les hommes, qui tiennent compte de lui et dont il se souvient. Il agit, réagit, anticipe, souffre et calcule. Loin d'être totalement passif, il peut même entreprendre de contrôler ce qui lui arrive...
Cette édition d' " Impressions d'Afrique " propose de rendre compte des nombreux états du manuscrit : d'où l'abondance de variantes et surtout de fragments inédits, parfois longs, qui renouvellent totalement la connaissance de ce roman. Ces inédits permettent de comprendre la singularité d'un livre qui révèle autant la vision imaginaire d'un continent qu'un continent de l'imaginaire. Avant les surréalistes, Apollinaire, Duchamp, Picabia ont reconnu immédiatement l'importance décisive, lors des représentations, de la version théâtrale d'" Impressions d'Afrique ", montée en 1912 par Roussel lui-même. Évoquant " Impressions d'Afrique ", Robert de Montesquiou parlait d'un " ensemble scientifique, musical et abracadabrant. " Et nul doute, en effet, que ce livre recèle parmi les pages les plus poétiques et les plus déconcertantes à la fois que Raymond Roussel ait écrites. Voilà le lecteur embarqué dans une Afrique de fantasmagorie, à travers la représentation d'un sacre et l'histoire d'un théâtre perdu qui prend les dimensions du continent noir pour devenir le plus éblouissant music-hall des profondeurs.