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Alger 1957. La Ferme des Disparus
Ould Aoudia Jean-Philippe ; Ruscio Alain
TIRESIAS
8,00 €
Épuisé
EAN :9791096930074
Où sont enterrés les corps des 3 024 personnes torturées à mort par l'armée française pendant la "bataille" d'Alger en 1957, violant ainsi les lois de la guerre et de l'humanité ? Pour dissimuler cette barbarie, ces milliers de corps ont été subrepticement enfouis avec la complicité d'activistes coloniaux. A travers une investigation minutieuse, l'auteur cherche à redonner à ces Disparus, dépossédés de leur identité et de leur sépulture, figures absolues de l'appartenance à la communauté de l'Homo Sacer, une trace dans l'Histoire de la France et de l'Algérie. Honorer le souvenir des victimes, saluer la dignité de leurs descendants, aider les familles à faire le deuil d'un proche à l'existence toujours niée, contribuent à réconcilier ces deux pays. Au moment où les passés coloniaux et l'autorité des anciens maîtres du monde sont questionnés, il est temps que vérité soit dite sur cette infamie.
En Kabylie, de cet enfant berger analphabète recueilli par les Pères Blancs, à cet homme devenu avocat puis élu au deuxième collège de l'Assemblée algérienne, se déroule une page de la colonisation française en Algérie. L'auteur ouvre les archives des Pères Blancs sur l'un des premiers Kabyles convertis et celles de son grand-père, Boudjemâ Benjamin Ould Aoudia, piller, avec le groupe des " 61 ", d'une réalité algérienne démocratique et humaine. Il dévoile les comptes rendus des entretiens des élus du deuxième collège avec les ministres du gouvernement Edgar Faure, le gouverneur général Jacques Soustelle et le président du Conseil Guy Mollet au début de la guerre d'Algérie. Le constat est accablant : sous les principes et les discours sur les droits de l'Homme, la politique française en Algérie applique en réalité la négation absolue des droits les plus élémentaires. Des instructions officielles Jusque-là dissimulées en témoignent. Grâce à ce petit-fils d'élu de Grande Kabylie, mais aussi fils d'un père assassiné par l'OAS, personne ne pourra plus parler d'intégration et de guerre d'Algérie avec les mêmes mots, le même cynisme. Voilà un livre d'aujourd'hui, de maintenant, qui fait leçon d'Histoire. Jean-Philippe Ould Aoudia nous laisse devant notre responsabilité et c'est à nous, Hommes de vérité, de rencontrer notre passé et de le reconnaître.
L'auteur analyse les aspects cruciaux de la vie nationale mauritanienne au cours des trois dernières années du règne du colonel Ould Taya (2003-2005). Des questions centrales comme l'exercice de la démocratie, la justice, l'éducation, sont abordées sur un ton incisif. Les tares et les dysfonctionnements révélés ici montrent leur impact négatif sur la bonne marche des institutions du pays, sur son développement économique, son évolution sociale et son essor culturel.
Au moment où l'Histoire bascule, avec la fin de la domination absolue du Nord sur le Sud, ce livre présente une rupture dans la façon de voir le monde. Peut-on comprendre le Sud avec les idées, les concepts, les visions du Nord ? Cette interrogation sert de point de départ à la réflexion proposée dans l'ouvrage. Les sociétés du Sud s'engagent dans une modernité qui n'emprunte que pour partie à celles du Nord. Elles questionnent l'Universel. Au Nord les fondements mêmes de la modernité (liberté, démocratie, progrès, etc.) sont bousculés. Devant ces mutations, comment renouveler le rapport au monde ? C'est à la compréhension de l'Autre que cet ouvrage prétend contribuer. De l'Autre mais aussi de soi.
L'écriture est un acte politique, et même, comme dans ces pages, un acte de justice. Bien souvent, elle est porteuse ou génératrice du positionnement raisonné de celui qui fait acte d'écrire. La mission de l'historien est en premier lieu d'établir le mieux possible la vérité historique à partir de témoignages, de documents ou d'archives, c'est la genèse de ce livre. L'historien cite les sources, exhume les pièces archivées, énonce les faits, ne censure pas, c'est la démarche de l'auteur. Il est ici question de tous les crimes commis en Algérie par ceux qui voulaient arrêter le cours de l'Histoire en 1961-1962 et l'auteur est humainement lié à des assassinés. A ce titre, il dispose de ce droit imprescriptible d'arbitrer, de définir "le bien et le mal", de condamner et d'exiger que Justice soit enfin rendue. Car c'est aussi la force de l'auteur - fait rare -, d'avoir deux fonctions : celle de l'historien et celle du juge informé de la République ce qui donne à son travail une dimension plus large. Le terrorisme ne peut être spécifié au bon vouloir des politiques, dépendre de l'opportunité d'une tragédie, d'un événement, de l'instant. Il est "terrorisme" dans son atteinte à la vie mais aussi à la démocratie. C'est l'enquête et la justice historiques de ce livre car ne pas dénoncer ces atrocités serait mettre en péril la République. L'auteur fait acte de "salubrité" civile et citoyenne. "OAS Archives Inédites, Révélations" porte au grand jour non pas simplement une inhumanité, mais des révélations qui intentent à tout citoyen, à la patrie, à la République. Il est juste et nécessaire que la Nation rende enfin hommage à toutes les victimes des terroristes de l'OAS.