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Méthode d'évaluation du développement humain. De l'émancipation à l'affinement
Oulahbib Lucien-Samir
L'HARMATTAN
16,50 €
Épuisé
EAN :9782747595544
Le vivre humain, par sa seule existence, déploie d'emblée une direction. Celle de pouvoir créer du réel en plus, qui consiste par exemple à nommer le monde, mais aussi à le transformer à l'intérieur et à l'extérieur de soi. Ce pouvoir, c'est la liberté. Nous avancerons que la vie, surtout dans la dimension humaine, développe son déploiement lorsqu'elle renforce le sens de l'émancipation vers l'affinement, ou la liberté en son optimum, au lieu de seulement l'orienter vers le déploiement de puissance, ou vers l'amenuisement et l'effondrement. L'enjeu de ce livre (qui développe une conférence faite devant le Groupe d'Etudes et de Recherches Epistémologiques animé par Angèle Kremer-Marietti à la Maison d'Auguste Comte et plusieurs articles parus dans les revues en ligne Dogma et Esprit Critique) consiste à évaluer qualitativement le déploiement de puissance en considérant que si toute émancipation y participe, la liberté ne se réduit pas à elle. Parce qu'il y va de son affinement, de son développement. Les statistiques sont insuffisantes pour saisir ce qui prime quant au bien-être au-delà de la forme qu'il prend. La transformation en orientation qualitative cherche précisément à se dépasser, à articuler transformation et élévation, au lieu d'être seulement un outil pour croître quantitativement et s'afficher uniquement comme conservation négative de soi qui impose son monde humain, trop humain, comme le seul possible.
Siffler la Marseillaise, mais évincer la notion de politique dans l'explication, revient à réduire tout désir de reconnaissance et d'appropriation à la seule cause sociale. De même, réduire toute institution à de l'enfermement et à du contrôle social, ou confondre soif d'acquérir et recherche de la prospérité, excitation et passion, tous ces faits, aussi disparates soient-ils, montrent s'il en est que la plupart des explications en sciences humaines reposent sur des a priori erronés quant aux besoins de la nature humaine en matière de politique, c'est-à-dire de ce besoin de liens forts entre liberté et justice, entre Polis et Politis, entre le politique et la politique ; liens forts qui ont toujours été au cœur même de la conception grecque et judéo-chrétienne de la Cité par le biais de la notion de serment d'où naît la confiance et sur laquelle s'est construit le Droit ; ce qui n'est pas contradictoire mais complémentaire avec la conception moderne de la démocratie politique visant à donner plus de souplesse aux termes de toute cette dialectique. Nous sommes des animaux politiques disait, on le sait, Aristote. Peut-être est-il encore temps de penser les rapports entre nature et politique d'une manière plus sereine et plus approfondie ? Comment ? Déjà en ne les opposant pas, ensuite en considérant que l'émancipation humaine ne suffit pas s'il n'est pas aussi question d'affinement constant. Ce qui implique de saisir celle-ci au-delà des factions et des conflits humains, trop humains, en pensant à nouveaux frais le serment qui scelle précisément le lien entre le et la politique : celui de dire " la " vérité, si l'on veut établir la confiance, et agir en fonction. Est-ce possible, souhaitable ? Voilà l'enjeu de ce livre qui approfondit sur ce thème les analyses amorcées dans Méthode d'évaluation du développement humain et dans La condition néomoderne (même collection).
Des poncifs continuent d'être enseignés avec grandiloquence dans l'Université française (et les classes secondaires) comme par exemple le terme de "domination" rendu synonyme à celui de la liberté devenue par ce fait de plus en plus suspecte (surtout lorsqu'elle est économique, philosophique). Or, la liberté n'est autre que le fait de "dominer" son sujet ou son objet au sens de le maîtriser, d'y exceller, librement. Sans nécessairement écraser autrui. De même, un terme comme "la vérité" a été écarté au profit des "points de vue" alors qu'il s'agit bien, par exemple en justice, de "chercher la vérité" dans telle ou telle affaire. Le fait qu'elle se singularise ne veut donc pas signifier qu'elle ne soit qu'un point de vue imposé par une "domination" mais qu'il s'agit à chaque fois de cette vérité, là, et non d'une autre. Or, notre époque prétend se passer de cette précision, et de la confrontation enrichissante qu'elle apporte à chaque éclaircissement (comme le disait Malebranche) au profit d'une mise au vote en quelque sorte de ce qu'il en "est" du réel. Les valeurs ne sont plus que des normes qui elles-mêmes ne sont que des opinions, et dire le contraire est désormais considéré comme "phobique". Ce qui implique que le réel n'est plus du tout saisissable objectivement ; il s'efface au profit de sa reconstitution idéologique durcie en chemin qui ne mène nulle part c'est-à-dire le nihilisme qui bascule ensuite en son contraire : l'absolutisme ou l'ordre totalitaire du philosophiquement correct. Nous y sommes. Il est temps de s'en libérer.
L'ensemble des auteurs étudiés ici - Bataille, Blanchot, Foucault, Derrida, Deleuze, Lyotard, Baudrillard, Bourdieu - seront dits " nihilistes antirationalistes " parce qu'ils cherchent à empêcher que l'on puisse appréhender le monde, y compris dans ses dimensions critiques et pratiques. Ils croient ainsi pouvoir éviter la transformation de l'appréhension en puissance de possession et en domination de l'homme sur l'homme alors qu'au contraire ils n'empêchent en aucune manière l'hégémonisme et l'affairisme de mettre en danger la Terre, bien heureux d'avoir le rien en face d'eux. Ce n'est donc pas au sein de celui-là qu'il sera possible de forger les outils permettant de se hisser à hauteur de jeu et de conjurer l'extrême péril atteint par la volonté de puissance non maîtrisée et les effets agrégatifs des nuisances (in)volontaires. Même si la vulgate du prêt à penser dit le contraire.
Comment arriver à lire ses faits et gestes ? Dans quel but ? Mieux se connaître, disent les Anciens comme les Modernes. Mais cette connaissance, à quoi sert-elle s'il s'agit par exemple de s'émanciper pour détruire ? Et en admettant même qu'elle aurait pour objectif de construire autre chose, qui nous dit que cela serait "mieux" ? En tout cas, ce "mieux être" espéré implique en creux une recherche de qualité, ce qui sera appelé ici un affinement. Cette quête, en quelque sorte, cherchant à articuler subjectivité et objectivité, sera analysée en chaque geste, vue (comportement) création de relations (attitudes) dans lesquels s'élabore un travail d'interaction en vue de préserver (quantitatif) et affiner (qualitatif) la personne en son souffle (pneuma).
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.