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La littérature précaire. De Pierre Bost à Pierre Herbart
Ouellet François
EUD
16,00 €
Épuisé
EAN :9782364411623
Depuis les années 1980, la redécouverte de romanciers oubliés de la première moitié du XXe siècle a permis de reconfigurer notre regard sur l?histoire littéraire de cette période faste. Complexe, partielle et partiale, cette histoire dominée par Gide et la NRF, Proust, Aragon, Céline et autre Malraux relègue dans l?oubli (au mieux dans l?ombre) bon nombre de romanciers pourtant doués qui ont marqué de leur empreinte l?histoire du roman. Aussi cet ouvrage rassemble-t-il des études sur Pierre Bost, François Fosca, Francis de Miomandre, Emmanuel Bove, André Thérive, Paul Nizan, Jean Prévost, Gabriel Chevallier, René Laporte et Pierre Herbart. François Ouellet situe ces auteurs dans leur époque en s?intéressant à la dimension intertextuelle de leurs oeuvres, à l?inquiétude, à la difficulté d?agir et à l?apprentissage de la maturité qui caractérisent leurs personnages.
Résumé : Monsieur Quatorze (Grasset 1923), est une parodie du roman d'aventures et un hommage à Balzac, dont il continue l'"Histoire des treize". Nous sommes en 1831. Quelques-uns des Treize veulent enlever le petit-fils de Louis XVI, prisonnier dans une île italienne, et le mettre sur le trône de France. Pierre- Antoine d'Orjules, gentilhomme suisse porté à la mélancolie, se joint à eux. C'est le point de départ d'une intrigue complexe, entremêlée de recettes gastronomiques, au cours de laquelle on croise Stendhal et s'acoquine avec Vautrin.
J A gauche des années 1930. Vaste question, à laquelle cet ouvrage n'a pas la prétention de répondre, mais dont l'ambition est en revanche de faire progresser la recherche sur ce sujet. Il jette des ponts entre le journalisme et la littérature, deux aspects fondamentaux de cette période. Difficile, en ces années, de séparer l'art de l'engagement, car la bipolarisation idéologique s'accentue avec de plus en plus de force au cours de la décennie. Si la gauche est d'abord communiste, où elle exerce son influence par l'entremise de l'AEAR, de la revue Commune et des Editions Sociales Internationales, elle est néanmoins plurielle, et sa diversité est riche. Des socialistes "orthodoxes" de la SFIO à son aile gauche, en passant par les trotskystes, des syndicalistes révolutionnaires aux pacifistes en passant par les différentes "tendances" du mouvement anarchiste, d'autres intellectuels réfléchissent sur la culture, sur la littérature, se battent contre le fascisme. Le journalisme comme la littérature sont en prise avec cette bipolarisation du monde : nombre de parcours d'écrivains et d'écrits sont conditionnés par celle-ci, nombre de périodiques en verront leur itinéraire influencé. Si les oeuvres prennent parti, la réflexion et le débat sont en majeure partie représentés par la presse. En dehors d'elle, difficile d'exister, de penser ; de la "petite" revue d'extrême gauche au rouleau compresseur communiste en passant par les feuilles et autres journaux socialistes, l'époque recèle des trésors.
Vingt ans de vie littéraire : c?est très peu, trop peu. Surtout quand on sait le temps nécessaire pour apprendre à devenir un homme. Certes, Jean Prévost ne perd pas de temps, car il a très tôt le souci extrême de son propre développement intellectuel au sein d?une Europe qui se cherche durant l?entre-deux-guerres et que, ayant tous les talents, il est armé pour la vie, même s?il doit la perdre prématurément en 1944. Soixante-dix ans après sa mort, une relecture attentive de son oeuvre ? forte d'une trentaine d'ouvrages et de plus d'un millier d'articles ?, inachevée par le fait des circonstances, ouvre de nouvelles perspectives de découverte de Jean Prévost. Prévost entre dans la "carrière" des lettres à l?âge de 23 ans par la grande porte, celle de La Nouvelle Revue française. Jusqu?à la soutenance de sa thèse sur Stendhal en 1942, il s?est dépensé sans compter, écrivant des essais, des romans, des préfaces, des articles et des conférences. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Prévost est un homme plein d?espérance : "J?ai cherché ici ce qui peut être l?espoir des hommes ; j?écrivais en un temps où nous avions besoin d?espérance." Qui oserait dire que ce mot n?est pas d?actualité aujourd?hui ? Et qui oserait croire que nous n?aurions pas besoin en ce moment d?un écrivain et penseur de la trempe de Jean Prévost ? Un Jean Prévost multiple certes, mais aussi étonnamment moderne.
Le présent ouvrage s'intéresse à des romanciers de la période 1910-1960 qui n'ont pas été réédités ou sinon très discrètement, et ce, quel que soit le succès rencontré de leur vivant. Son objectif est de contribuer à une histoire du roman au XXe siècle mais en marge des grands courants, par plaisir de la découverte, par désir de faire partager une rareté, par envie de révéler ces "pierres précieuses" qui, selon Henri Calet, "ne donnent leur plus vif éclat que dans une lumière noire". Même si la singularité de chaque écrivain évoqué décourage le classement en subdivisions thématiques, voire esthétiques, il n'est pas impossible de trouver des points communs entre quelques-uns d'entre eux, que ce soit l'expérience personnelle, l'exploration du vaste monde ou des passions intimes, le militantisme ou l'expression d'une identité régionale. De manière individuelle ou collective, ils méritent tous d'être relus.
Souvent admirés pour leur esthétique, les châteaux néogothiques de Bourgogne n'avaient suscité qu'un faible intérêt universitaire jusqu'à présent. Ce paradoxe est aujourd'hui dépassé, les styles "néo" ne sont plus objets de mépris mais d'un vif intérêt de la part des historiens de l'art. Dans cet ouvrage, l'étude approfondie du château de La Rochepot est renforcée par celle d'une trentaine d'édifices, célèbres ou méconnus, mais tous remarquables par la qualité architecturale qui leur a été donnée entre 1820 et 1940. Ce livre atteste non seulement de la valeur artistique de ces châteaux mais il les replace également dans un contexte national et local de longue durée, pour mieux saisir les nouveautés et les continuités, les originalités et les conformismes. Ainsi, au gré de riches archives et de nombreuses illustrations, c'est un moment très riche de l'histoire bourguignonne qui apparaît dans ses oeuvres et ses différents protagonistes.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.