Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La seconde nature du politique. Essai d'anthropologie négative
Ogilvie Bertrand ; Macherey Pierre
L'HARMATTAN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782296569454
Que s'est-il passé au XXe siècle pour que les sciences humaines, qui semblaient devoir oeuvrer à l'émancipation des masses, en soient venues à figurer en bonne place parmi les instruments de leur servitude ? Que l'homme ne soit que coutume, que ses cultures lui tiennent lieu de nature, que ce registre oscille sans cesse entre l'ouverture et la fermeture, voila ce que l'expression de seconde nature permet d'entrevoir. C'est dans cet espace que se joue l'émergence du politique comme rapport de forces et comme exigence de justice. Le paradoxe contemporain consiste en ce que la reconnaissance de la dimension historique, c'est-à-dire l'indétermination fondamentale de l'humain, qui fonctionnait depuis deux siècles comme argument pour l'émancipation politique contre la pseudo-naturalité de l'ordre établi, est devenue le ressort de l'argumentaire néolibéral qui, se passant désormais de toute tentative de légitimation théologico-politique, entreprend d'investir sur le mode instrumental le champ de la mutabilité indéfinie des structures individuelles et collectives. A l'inverse, la résistance à cette formidable révolution marchande globalisatrice et démondialisante ne trouve plus à se dire que dans les termes d'une naturalité passéiste. Pour dépasser ce repli, il faut reconquérir l'idée qu'il n'y a d'humain qu'institué : il ne s'agit pas de trouver et de protéger une définition de la nature humaine donnée pour toujours, mais, au contraire, en admettant qu'il n'est de nature que seconde, de proposer de nouvelles institutionnalisations prioritairement orientées vers la recherche de nouvelles conditions de possibilité de l'existence collective, au lieu de céder aux conditions d'impossibilités qui nous sont faites.
Ogilvie Bertrand ; Balibar Etienne ; Herrera Carlo
La revue Incidence s'interroge dans sa troisième livraison sur la nature de l'obéissance, au point aveugle où l'obligation et la contrainte se rencontrent. Pour cela, elle propose d'étudier le rôle de la conjoncture historique et politique dans l'évolution de la conceptualisation freudienne. Cette dernière passe de la notion de l'idéal du moi, qui relève d'une problématique psychologique de l'identification, à celle du surmoi, qui relève d'une problématique juridique de la culpabilité. Dans son article, Étienne Balibar fait l'hypothèse que la source principale de cette transformation serait le débat entre Freud et Kelsen en 1922. En explorant la question de l'obéissance, le dossier s'efforce de restituer le contexte théorique et historique de ce débat et ainsi d'éclairer les rapports de la psychanalyse et de la politique sur un problème précis.
Ce livre témoigne d'une réflexion menée pendant une dizaine d'années sur le travail. Il porte la trace d'un déplacement d'accent qui ne doit pas être effacé : l'hésitation qu'il recèle est en elle-même un enjeu. En effet, passer d'une reconnaissance de la dimension émancipatrice du travail comme lieu de désobéissance possible à l'accentuation de son lien à la mort, au négatif, présent dès le départ mais qui l'emporte de plus en plus dans le contexte néolibéral, ce n'est pas changer d'avis sur la signification de la dimension laborieuse de l'existence sociale, mais accepter qu'elle soit le lieu d'une contradiction pour l'instant insoluble. Au lieu d'opposer les deux libérations du travail, celle où le travail se libère et celle où l'on s'en libère, il faut sans doute essayer de penser comment on ne peut se libérer du travail qu'en le libérant. La question cruciale est de savoir laquelle des deux libérations domine l'autre, ou laquelle s'effectue sous domination de l'autre. Disons que l'orientation de ces réflexions penche plutôt vers l'idée que, dans le contexte d'une lutte politique, la libération du travail, sa réorganisation, ne devrait se faire que dans la perspective de son abolition, mais que cette abolition ne peut s'amorcer que sur la base de sa réorganisation, ou de sa désorganisation... Par ailleurs, les destructions à l'oeuvre dans le monde du travail ne peuvent aucunement être confondues avec l'abolition du travail, elles en constituent plutôt une métamorphose qui déploie au maximum sa négativité, et qui renforce le travail tout en le dépassant. Souligner cette perspective, c'est faire apparaître du même coup d'autres orientations, dans lesquelles son dépassement pourrait oeuvrer au contraire à son abolition.
Confiance, complicité, partage ou "ménagement réciproque d'intérêts et échange de bons offices", l'amitié ne se laisse pas aisément circonscrire. Il est difficile d'en parler sans risquer de réduire sa complexité, d'aplanir ses ambiguïtés ou simplement de banaliser une relation qui, par sa singularité et son intensité, paraît à première vue se dérober à toute explication. Faire l'éloge ou la critique d'une valeur aussi reconnue ne projette aucune lumière sur la consistance d'un sentiment qui se manifeste aussi bien sur le plan privé des relations individuelles que sur celui, public, de la Cité. Il faut approcher l'amitié beaucoup plus simplement. En la posant comme un fait. En y voyant non seulement un sentiment, mais aussi une pratique du lien social, inscrite dans la quotidienneté de la vie, observable à travers toutes les modalités possibles d'échange - cadeaux, lettres, paroles, services - et dont la description, si elle ne permet pas de "définir" l'amitié d'une manière univoque, contribuera peut-être à en faire entendre la musique, dans son harmonie comme dans ses dissonances.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.