Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'organe du langage, c'est la main
Novarina Valère ; Chénetier-Alev Marion
ARGOL
29,50 €
Épuisé
EAN :9782915978933
Pendant une semaine, alternant descentes dans la "matière" et montées au Forchat, Marion Chénetier-Alev et Valère Novarina ont ouvert des chemins dans ce "Théâtre des paroles" qui s'édifie depuis plusieurs décennies: le public l'avait entendu dès 1985 par la bouche d'André Marcon en Avignon; en 2007, la Cour d'honneur du Palais des papes accueillait L'Acte inconnu dans une mise en scène de l'auteur. Ce dialogue entre le dramaturge et une spécialiste de son théâtre constitue la première monographie documentée parue sur Valère Novarina. Théâtre dit, écrit, peint, ses différentes facettes sont rassemblées dans un ouvrage conçu pour ceux qui souhaitent découvrir cette oeuvre comme pour ceux qui en sont familiers. Il présente dessins et peintures de l'auteur, des photographies de ses spectacles et une anthologie de ses textes. On trouvera ici abordée dans ses dimensions biographique, poétique, théâtrale et picturale l'oeuvre du plus insurrectionnel des écrivains dramatiques contemporains.
Boucan animal, concert des tuyaux. Bal, poussée des chars, tout le monde qui roule, monte au poteau. A ceux qui creusent, qui poussent sans fin, brandissent l'outil, Bouche et Oreille répètent toujours : le Babil des classes dangereuses, faut qu'il cesse ! Au repas les paroles ! Au concert les museaux ! Muséum des nourritures, des maladies dans la parole et des repas des animaux. Antipodistes et hommes-canons, record des morts et course en trou. Entrée du défilé par la sortie. Gendrée du perpétuel des morts, dialogue des matières, musée des mixtures. Chute de l'épisode de reproduction en cours. Encore pire ! Au moteur métronomique ! A la machine à réciter la suite ! Allegro perpétuel. Les langues luttent dans les postures. Bouche et Oreille reviennent toujours, faire le refrain, remettre au pas, conduire au point et asphyxier. Chaîne de résurrection. A reculons, dans la représentation continue, le numéro le plus difficile du monde, des mots horribles, sonoribus, l'homme portant rythmus, le coeur son métronon.
L'un des dramaturges les plus représentés en France, aujourd'hui, est sans doute celui qui bouleverse le plus radicalement les certitudes théâtrales, se jouant des règles comme du caractère des personnages ou de la conduite de l'intrigue. C'est que son projet est autre : pour lui, la scène où tout naît et s'accomplit appartient au langage lui-même. En cela son aventure s'apparente à celle de la poésie, puisque son écriture, où qu'elle se donne à entendre, affronte et régénère la matière verbale, multiplie les questionnements, piège les stéréotypes, pratique, non pas le dérèglement de tous les sens, mais la mise en déroute du sens commun, de l'habitude dont les mots, les phrases et les discours sont lestés". Le drame de la vie", c'est celui d'Adam et de tous les hommes engendrés à sa suite qui se demandent : "D'où vient qu'on parle ? " Valère Novarina répond par une suite ininterrompue de vertiges, d'échos qui, de proche en proche, prolifèrent, se changeant en rumeur de vocables et de signes, livrent des énumérations sans fin, comme si la survie même du genre humain tenait à cette prolifération en perpétuelle expansion. L'apparente gravité du sujet, les énigmes et les abîmes soudain dévoilés se défient pourtant de toute grandiloquence. Pour être irrémédiable, le drame de la vie n'en est pas moins cocasse. Et le chaos, pour être lui aussi structuré comme un langage, peut être décidément joyeux.
Huit employés, tellement privés d'identité qu'ils sont appelés dans la pièce par les lettres de l'alphabet, vivent sous la parfaite domination des époux Boucot. Les patrons sont obsédés par la peur d'une révolte des travailleurs et élaborent divers stratagèmes pour contrôler tous les aspects de leur vie, et principalement le langage. L'Atelier volant est la première pièce de Valère Novarina. Elle a été écrite de février 1968 à novembre 1970 et publiée dan le n° 5 de Travail Théâtral. Elle a été créée en 1974, à Suresnes, dans une mise en scène de Jean-Pierre Sarrazac.
Les vignerons le savent dans leurs fûts, chaque année environ 2% de l'alcool s'évapore dans l'air, disparu à jamais. C'est "la part des anges"... [...] Les anges de la locution, celle qui donne son titre au film de Ken Loach, perpétuent malgré tout envers et contre tout notre besoin de croire dans une force supérieure à notre volonté, en quelque chose qui nous dépasse, contre quoi on ne peut rien, qui peut être Dieu ou la providence qu'il y a peu encore on invoquait" C.B. "La part des anges", expression énigmatique et poétique, revêt de multiples sens, et tous se tressent dans le texte de Catherine Bernard, en une histoire de goût des mots, de vie et de vigne aussi... Ma part des anges est de fait l'autoportrait intime de l'invisible, profondément spirituel mais vif et passionné, d'une femme, vigneronne et écrivain.
Résumé : Jean-Christophe Bailly : poésie, art, philosophie, théâtre, récits ? Réponses jusqu'ici éparses : ce pourquoi cc livre s'est construit selon ce que son litre indique. Fidèle à la singularité d'une oeuvre fondée sur l'expérience et hanter par une pensée du sensible, le livre en explore, en ricochant d'une surface à une autre, les différents aspects, tout en poursuivant la réflexion sur le langage qui la sous-tend.
Sous le même Je, sept personnages composent un drôle de roman familial, plutôt iconoclaste et bouleversant. Qu'il l'ait vécu ou non, David Besschops témoigne que le pire se porte bien ! Il écrit et vous coupe le souffle. J'ai six ans et je dispose les ustensiles doucement pour ne pas alerter mes frères. Je cuisine avec mes petites mains. J'urine. Je dépasse d'une tête mon bout de ficelle. J'éprouve immédiatement mon existence. La sérénité. Mon sexe n'est pas un petit trou où je me cache quand il pleut. Mais un instrument de travail. Bientôt je dégotte d'autres moyens de feindre l'existence. Respirer par exemple.
D'octobre 2012 à septembre 2013, au Domaine départemental de Chamarande (Essonne) et dans le cadre du programme régional de résidences en Ile-de-France, Frank Smith a mené une enquête portant sur la question : Qu'est-ce que ça veut dire, "penser à quelqu'un" ? La pensée à quelqu'un est-elle une pensée comme les autres ? Serait-elle vide, comme le prétendait Roland Barthes ? Surplis, composé d'une centaine de fragments mis en page par Julie Patat, a été construit lors de ce séjour à Chamarande. En agitant nos mains, nous causons une vibration dans l'atmosphère ambiante. Désormais "Je pense à toi" n'est plus à toi, et cette série de compositions multiples - signes, traces, preuves, indices, legs - dresse un livre-plateau portatif. Chaque pensée à toi est comme au bord d'un précipice. Chaque pensée à toi est au bord de son précipice : aucune pensée ne peut se perdre, les pensées ne brûlent jamais, la pensée déserte la pensée. Frank Smith est écrivain. Il est également producteur à France Culture et l'auteur de ciné-poésies. Sont parus récemment : Etats de faits, L'Attente, Gaza, d'ici-là, Al Dante, 2013 et Le Film des questions, Plaine Page, 2014 ; Eureka, Dasein, 2014. www. franksmith. fr