Nègès Mawon présente Alaso. Fondée en 2015, Nègès Mawon est une organisation féministe revendicatrice qui lutte pour l'émancipation des femmes et leur libération de toutes les formes de violences et d'oppression. Un siècle de luttes, de mobilisations, de confrontations, d'évolution, d'antagonismes, de victoires, mais aussi de défaites. Ce siècle, c'est celui du féminisme haïtien dont on retrouve les racines dès 1915 avec de nombreuses femmes actives au sein de l'Union patriotique contre l'occupation américaine, puis en 1934 avec la formalisation de la première organisation féministe haïtienne, la Ligue féminine d'action sociale. Il devient de plus en plus difficile de produire de la pensée féministe lorsque les besoins fondamentaux de la population ne sont pas couverts, surtout dans le contexte haïtien où l'espace de réflexion est si limité avec un Etat qui ne remplit pas ses obligations minimales. Les marges sont à la fois un site "imposé par les structures oppressives" , mais aussi "un site de possibilité radicale, un espace de résistance" . Ce sont les mots de l'intellectuelle, militante et figure du féminisme noire, bell hooks. Ce projet vise à proposer de nouveaux modes de distribution de la pensée et de voix féministes. Loin des clichés sur le féminisme du tiers-monde qui serait cantonné à l'assistance d'urgence, Alaso est une plateforme par les femmes féministes haïtiennes en Haïti et dans la diaspora, afin de diffuser nos idées, nos positions, notre vision et nos aspirations. Cette revue, déclinée en deux éditions bilingues (une en créole haïtien et en français, l'autre en créole haïtien et en anglais), est publiée deux fois par an : le 18 novembre (date de commémoration de la bataille de Vertière - 18 novembre 1803 - qui mit fin à la tentative de Napoléon Bonaparte de restaurer la souveraineté de la France sur l'île) et le 3 avril, à l'occasion de la journée du mouvement féministe haïtien. Il s'agit ici d'affirmer la participation active des femmes haïtiennes dans la lutte de libération et à la création de la première République noire.
Laissez-moi apprendre de mon corps car là où il est je suis. " Danis Bois, fondateur de la fasciathérapie, kinésithérapeute et ancien responsable d'un service hospitalier de rééducation fonctionnelle applique cette devise depuis de nombreuses années. Ses découvertes sur les mouvements de base, le mouvement sensoriel et les chaînes d'affinité de mouvements révolutionnent la compréhension de la gestuelle et de certains troubles physiques. Grâce à des centaines et des centaines d'heures d'entraînement et une connaissance scientifique approfondie du mouvement il a mis au point la gymnastique sensorielle, véritable ré-éducation du corps par le mouvement, destinée à un très large public. Cette gymnastique comprend des exercices analytiques ainsi qu'un enchaînement gestuel de près d'une heure et demie. Cet ouvrage essentiellement pratique s'adresse à tous les praticiens de la méthode, mais aussi aux passionnés et aux professionnels du mouvement et de la santé ; il présente les origines de cette gymnastique, ainsi que la progression pédagogique des deux premiers degrés de l'enchaînement gestuel.
Nourrie des textes de la tradition philosophique, la pensée de Hannah Arendt vise à tirer les leçons des phénomènes totalitaires pour restaurer une conception de la politique propre à assurer l'existence et la permanence d'un monde à partager et à aimer . Dans ce monde, chaque homme, simplement parce qu'il est homme, serait considéré comme étant porteur d'une valeur inconditionnelle, lui garantissant sa place parmi les siens et une égale dignité. Construire un tel monde implique de r ompre avec les travers de la plupart des philosophes , qui depuis Platon se sont révélés résolument hostiles à la politique et à l'action, et se sont réfugiés dans le monde des idées pour se consacrer à la contemplation, laissant ainsi le champ libre aux idéologies mortifères. La plupart des grands philosophes ont ainsi manqué le sens du politique. Et en cela, ils sont en partie responsables et coupables du chaos qui a conduit à l'avènement du nazisme. C'est cette incapacité des philosophes à penser la politique qui poussa Hannah Arendt à refuser avec constance ce qualificatif au profit de celui de théoricienne politique . Le désir insatiable de comprendre les phénomènes, dont elle fut actrice ou spectatrice, amena Hannah Arendt à s'affranchir des catégories et des usages pour proposer une démarche audacieuse et inclassable . La volonté de construire un monde où aucun homme ne serait plus considéré comme superflu la conduisit à emprunter un long chemin semé d'embûches, que cet ouvrage tente de retracer, révélant ainsi une pensée puissante, humaniste et complexe , qui nous permet d'éclairer sous un jour différent notre présent.
Résumé : Après avoir réussi le concours d'entrée, Eve intègre la fameuse école de danse de l'Opéra de Paris. Face à l'exigence, la rude concurrence et la solitude, elle décide de renouer avec son amie Hawa. Chaque semaine, Eve se livre à elle et envoie son courrier à l'orphelinat du Mali qui les a vues grandir. A l'école de danse, la troupe est en ébullition : les élèves doivent bientôt assurer une tournée au Canada. Une fois au Québec, à la fin d'une représentation, Eve voit débarquer une jeune fille noire dans sa loge : c'est Hawa, qui a été adoptée peu de temps après elle par une famille québécoise. Après des retrouvailles émouvantes pendant lesquelles les deux filles se racontent toutes leurs histoires, Hawa apprend à Eve qu'elle aussi a un projet autour de la danse...
Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste. Sont ainsi examinées en premier lieu les différentes formations d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer. Les avantages respectifs dont ces formations en ont tiré parti renvoient à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent. La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France. Sont ensuite mis en relief le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des formations d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne. Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la "cour des grands". L'ouvrage examine enfin les principales formations sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et de se développer selon leur logique propre. Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit d'atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.