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Nos deuils attentifs
Nobécourt Laurence
RUMEUR LIBRE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782355773129
Un recueil de poèmes où les silences se taillent la part du lion - la part manquante. Où tout est dit, murmuré, chuchoté... "Je cherche cette cinquième saison, et la poésie est peut-être ce qui s'en approche au plus près. Nos deuils attentifs a été écrit sur des années. A un moment de l'existence, le fantasme d'absolu s'écroule et pourtant, je n'en ai pas fini avec l'espérance. Comment arriver à danser cela ? A supporter tout ce qui ne cesse de disparaître mais aussi de croître. Car c'est un double mouvement. C'est, je crois, ce dont parle Nos deuils attentifs : accepter la réalité sans renoncer à la beauté". Dans l'entretien final, qui prolonge le geste de l'écriture poétique, Laurence Nobécourt nous dévoile ce qui ne peut presque pas se dire. Une écriture intuitive, quête de soi tournée vers l'autre (les autres). Ici, les vers sont libres, libérés de tout carcan inutile ou trop encombrant. "Que je me sente mélancolique ou dans la joie, la poésie m'est un véritable soutien. Elle ne donne aucune réponse, mais c'est une présence, comme la qualifie Roberto Juarroz, poète que j'aime énormément. La poésie est pour moi comme un tableau, j'y travaille par petites touches, à la différence du roman qu'il faut porter et soutenir de façon plus massive. Je dirais qu'elle s'écrit les yeux clos, c'est-à-dire tournés vers l'intérieur. Vers un voir qui est au-delà de l'apparence". Ici, ni vaines illusions lyriques ni trompeuses apparences. Un chant à voix très basse.
Résumé : " Et je dois vous dire qui je suis. Je suis la substance présente, je suis la chair et le verbe mêlés, je suis l'homme vaincu au service du mystère, je suis le fou et la bête, la femme, le bègue et l'étranger. Je suis l'enfant et le fauve, le cerf et la biche, la biche qui danse parce qu'elle n'a plus honte et le cerf qui danse parce qu'il n'est plus fier. Je suis la clairière et la forêt, je suis l'eau, le feu et la terre à venir. Je suis ce que nous sommes. Et nous sommes l'autre. " Lorette Nobécourt fait le bilan de l'humanité qui s'est éloignée de l'humain : les foules meurtrières, la barbarie, l'innocence pervertie, les bêtes abattues et la nature pourrie. Tout cela doit être pris en charge et transfiguré. Langue est substance. Et c'est là que prend essor ce livre époustouflant qui, d'un seul geste d'écriture, fait le constat de qui nous sommes pour nous porter là où a lieu la fracassante fusion du corps et du verbe.
Résumé : Shelomo Selinger, juif polonais, est entré dans l'enfer nazi à l'âge de quatorze ans. En quatre années d'horreur, il a connu neuf camps de concentration et deux marches de la mort. Comment a-t-il pu survivre ? "L'instinct, le hasard, la fraternité. Et puis l'oubli" , répond-il. Une amnésie totale s'est en effet emparée de lui du jour même où il a été libéré. Elle l'a protégé pendant sept longues années des fantômes de la Shoah, et ne s'est dissipée que lorsqu'il est vraiment revenu à la vie par la grâce d'une double rencontre : celle de l'amour et de l'art. Depuis, Shelomo Selinger ne cesse de témoigner par ses dessins et ses sculptures monumentales qui se dressent à Drancy, La Courneuve, Luxembourg, ou dans l'Allée des Justes des Nations au mémorial Yad Vashem de Jérusalem. Mais l'artiste chante aussi l'enfance, la femme, l'espérance qu'il incarne dans le bois et le granit. Et dans ce livre où l'écrivaine Laurence Nobécourt lui a prêté sa plume de feu, il déclare son amour inaltérable de la Vie : "Il n'y a rien de plus sacré que la vie. Même Dieu n'est pas aussi sacré".
Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace dans le monde en voiture diplomatique. Je n'ai pas retrouvé la parole perdue, et il n'y aura donc rien d'autre pour nous hisser jusqu'à la haute tendresse que la parole présente, peu importe la vérité, désormais... " Ainsi se livre la " Petite sauvage " , l'héroïne, le double d'enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession. Après le père, c'est la mère qui est morte, laissant trois soeurs blessées, peut-être aussi soulagées : Stella, l'aînée ; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui depuis toujours écrit, et vers qui tout converge, l'amour, la jalousie, la dépossession. Car il n'y a pas d'équilibre ou de justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, menus papiers, vaisselles : dans ce combat dérisoire et violent, il n'y a plus d'adultes, seulement des histoires d'enfance passionnelles. Stella était la préférée du père, l'adorée-adorée. Petra fut tant aimée de la Petite sauvage, telle une soeur tchekhovienne, vitale et chérie. Et la Petite sauvage, c'est simple : la mère n'en voulait pas. Alors, elle nous raconte : son père, dans les dédales de l'argent et de l'extrême-droite, son oncle, qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l'arbre familial, de blessure et de répétition, dans les branches duquel se vivent les souffrances, les rôles, et si peu la joie. Le roman de Laurence Nobécourt nous montre comment la haine des familles, se charriant sur des générations, induit certains paysages politiques. En mêlant histoire intime et sociale, elle clôt, après des années, le cycle familial initié avec La Démangeaison et nous emmène vers la possibilité d'une vie nouvelle.