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TRIALOGUS DE POSSEST
NICOLAS DE CUES
VRIN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782711618378
Dans un univers infini, on ne peut nommer Dieu de manière adéquate en portant à leur maximum les perfections naturelles; l'infinité divine ne saurait transcender l'infinité cosmique que sous le rapport de la puissance. Dieu est tout ce qu'il peut être, alors que la créature, prise dans le réseau de ses déterminations, n'est "ceci" qu'en n'étant point "cela". Dieu est sans altérité, tandis que les créatures se posent respectivement dans leurs différences. N'est-il pas la forme totale, cette forme des formes, en laquelle toutes se tiennent de façon plus vraie et plus vigoureuse que dans la matière qui, pour individuer, doit déterminer? Dès lors, c'est un "pouvoir-est" (possest) désignant la pleine actualité de la toute-puissance, qui nomme Dieu de la façon la plus approchée. Nicolas de Cues ne se contente pas d'enrichir le riche écrin des noms divins d'une nouvelle appellation, il déplace violemment, sans en trahir l'esprit, le dilemme aristotélicien. Faute de se pouvoir traduire dans l'antonymie de la forme et de la matière, la création du monde ne se peut comprendre que dans l'adéquation en Dieu de la puissance et de l'acte, suprême dérogation à l'ordre des choses, qui souligne la disproportion du monde à Dieu, frappe l'univers de précarité et le réduit à n'être plus que l'expression du Créateur. Paradoxalement, on assiste, au moment même où on croyait l'avoir perdu, à une magistrale ressaisie de l'héritage médiéval et à une appropriation qui le réinterprète en l'ancrant dans une spiritualité nouvelle, revisitant les grands dogmes chrétiens redécouverts par la devotio moderna. Dernier des médiévaux, Nicolas de Cues demeure sur le seuil de la modernité, comme aussi sur le seuil de l'aventure spirituelle.
Cues Nicolas de ; Counet Jean-Michel ; Lambert Mic
Les Conjectures représentent le troisième grand ouvrage de Nicolas de Cues. Le Cusain y montre comment toutes nos connaissances consistent en assertions conjecturales, c'est-à-dire tendent vers la vérité sans jamais saisir véritablement celle-ci en toute précision. Nos sciences constituent des approches de la réalité, qui peuvent être toujours plus précises, sans néanmoins jamais atteindre à une saisie définitive. Nicolas de Cues explique que nos mathématiques, qui constituent la forme la plus sûre de savoir, nous permettent de construire des modèles toujours plus proches de l'essence des choses, et sont l'expression par excellence de la vie de l'esprit. De même que Dieu crée le monde réel dont nous sommes partie intégrante, l'esprit humain s'avère créateur d'un monde conjectural, fait de concepts, de propositions, de discours approchant le monde réel avec un degré toujours perfectible d'exactitude. Cet ouvrage, très ambitieux sur le plan philosophique, est un jalon très important dans l'itinéraire de Nicolas de Cues. Il formule là pour la première fois la philosophie de l'esprit, qu'il développera plus avant dans des ouvrages ultérieurs tels que Le Profane sur l'esprit, le Sur la sagesse, La Chasse de la sagesse, etc. L'ouvrage influencera d'une façon profonde Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) et à travers lui les cercles humanistes de Florence. On trouve des traces plus ou moins importantes des doctrines cusaines chez Montaigne (1533-1592), Bruno (1548-1600), Descartes (1596-1650) ou Leibniz (1646-1716). Les Conjectures constituent une transition intellectuelle entre le Moyen Age et la Renaissance de première importance.
Cues Nicolas de ; Coursaget Françoise ; Bruyeron R
Les trois dialogues composés par le cardinal Nicolas de Cues pendant l'été 1450 ne résument pas toute la pensée de cet auteur, mais ils éclairent d'un jour relativement nouveau sa réflexion sur le lien entre sagesse et savoir. Proche en cela des Anciens, Nicolas de Cues pense leur unité dans la lumière de l'Un - de la Déité, écrit-il parfois - réfléchie par la puissance de l'esprit humain. Cet esprit est compris comme imago dei, non pas image de Dieu, car tout ce qui est image de Dieu, mais plutôt copie de Dieu, reprise de la toute-puissance divine dans les limites que lui impose, toutefois, le fait d'être finie. La vérité étant en elle-même inaccessible ici-bas - inattingible, écrit Nicolas de Cues - reste le développement de cette vérité ou de l'Un, c'est à dire ce monde que l'esprit a pour tâche de mesurer, de reprendre, de recréer. Savoir pour inventer un monde à venir, avec humilité et ouverture à l'Etranger: cela s'accorde précisément avec ce que certains historiens nomment l'Humanisme.
Résumé : Les sermons du cardinal Nicolas de Cues (1401-1464) présentés ici s'échelonnent de 1439 à 1456. Ils illustrent la profonde influence exercée sur la théorie cusaine par Maître Eckhart et par Denys l'Aréopagite, sans omettre l'influence diffuse d'Albert le Grand. Le sermon " Le jour de la sanctification " (décembre 1439) précède de peu la publication de l'ouvrage majeur du Cusain, La Docte Ignorance, suivi, quelques mois plus tard, des Conjectures, en 1440. On découvre, dans ce sermon, maintes traces des théories cusaines développées et amplifiées dans le premier de ces deux ouvrages. Les deux sermons " Le verbe s'est fait chair " (décembre 1453 et janvier 1454) se présentent comme une herméneutique concise du Prologue de Jean, où Nicolas esquisse une verbologie et une noétique de la Lumière divine, avant d'effleurer la question controversée de l'éternité de la création ou de la création éternelle dans le Verbe et par le Verbe, et de proclamer que la création du monde correspond à un procès de théophanisation de Dieu Lui-même dans le monde. Le sermon " Où est le nouveau-né ? " (janvier 1456) part du postulat selon lequel Dieu est le Lieu absolu de tous les élans ou de tous les existants. Enfin, le sermon " Tu es toute belle, ma bien-aimée " (septembre 1456) est la seule dissertation directement consacrée au thème du Beau en soi ou de la Beauté absolue, qui parcourt toute l'?uvre en filigrane. Un textualisme poussé le caractérise. Composé de citations de Denys l'Aréopagite et d'analyses scolastiques empruntées à Albert le Grand, il fournit au cardinal de Cues plusieurs notions fondamentales pour bâtir son ontologie esthétique.
Résumé : Nicolas de Cues compose le De venatione sapientiae en 1462, peu de temps avant sa mort. Cette oeuvre constitue, en quelque sorte, son testament philosophique. La lecture de la Vie des philosophes de Diogène Laërce lui offre l?occasion de faire un bilan personnel. En vérité, plus qu?un bilan, le De venatione sapientiae se révèle être un approfondissement de la pensée cusaine sans cesse en mouvement. Celle-ci s?enrichit à la lumière d?un nouveau concept : le posse fieri, le "pouvoir être fait". Déjà présente dans le De docta ignorantia depuis le Possest, la notion de puissance et sa priorité sur l?acte prend de plus en plus d?importance, elle deviendra le posse ipsum dans la dernière oeuvre du Cusain, le De apice theoriae. L?image de la chasse va lui permettre d?illustrer ce que fut, ce que continue d?être, la recherche de toute sa vie : la poursuite de la sagesse. Cette métaphore, d?autres parmi les plus grands y ont recouru avant le Cusain, mais ce dernier lui donne un sens nouveau, fruit de sa méditation. Le chasseur doit connaître les terres où il chasse, Nicolas les connaît bien pour les avoir parcourues sa vie durant, aussi peut-il les passer en revue. Il leur donne le nom de champs et en dénombre dix : la "docte ignorance" ; le "possest" ; le "non-autre" ; la "lumière" ; la "louange" ; l?"unité" ; l?"égalité" ; le "bien" ; la "limite" ; l?"ordre". La chasse de la sagesse se révèle être finalement la recherche de Dieu, ainsi que Nicolas l?avait formulée dans son De quaerendo Deum. En vérité, il s?agit moins de différentes parties de chasse dans différentes terres, que de différentes perspectives d?une même quête, qui est la quête de la Sagesse divine.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.