Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
... d'un acteur et ... d'un pays
Niangouna Dieudonné ; Coyette Olivier
ESPACE INSTANT
13,00 €
Épuisé
EAN :9782375720912
A travers une réflexion sur comment faire du théâtre ici et maintenant, l'acteur vient nous parler comme un récit à l'orée de la grande nuit qui espère le matin. Cette ode à la création artistique nous ouvre un chemin à mesure que l'acteur déploie son récit qui seul devient un théâtre. C'est la parole qui crée par son surgissement, prend l'aspect d'un manifeste et l'acte d'une profession de foi théâtrale portée à nu pour donner à rêver, à espérer, à bâtir un théâtre qui nous parle. Dieudonné Niangouna, né en 1976 à Brazzaville (Congo), est auteur, metteur en scène, acteur et pédagogue. Après des études à l'Ecole nationale des Beaux-Arts, il crée la compagnie Les Bruits de la Rue en 1997 puis co-fonde le festival Mantsina-sur-Scène, dont il est aujourd'hui le directeur artistique. Remarqué au Festival d'Avignon en 2007, son travail rayonne désormais largement en Afrique, en Amérique latine et en Europe, où il est notamment invité au Berliner Ensemble en 2018. Ses textes sont essentiellement publiés aux Solitaires Intempestifs, et il a été distingué en 2021 par l'Académie Française pour l'ensemble de son oeuvre dramatique.
Le théâtre de Dieudonné Niangouna est un surgissement, fait de ruptures et d'écoulements de laves incandescentes. Il manipule la quotidienneté des sentiments contradictoires, ainsi que les ressentis qui influencent les comportements. L'évocation, de Sony Labou Tansi est ici, l'occasion d'un plaidoyer au vitriol pour clore toutes les mésalliances. Au coeur des répliques qui s'enfilent en un dialogue intempestif et savoureux, le dramaturge nous convie à l'exploration mouvementée de son univers culturel. Dans ce texte, il nous dit tout, ce qu'il aime ou déteste, sa congolité, ce qui a fait de lui un dramaturge unique et universel à la fois, son désir constant d'émancipation. Le théâtre de Dieudonné Niangouna touche à l'essentiel, c'est-à-dire à ce qui nous permet comme le dirait Sony de nommer les choses et les êtres." Caya Makhélé
Extrait du prologueUne réserve à protéger, glauque à la lumière, espèce à part, arrivent les années 90. Nous Mouléké, petite bourgade derrière la chaumière de la boulangerie Bouétambongo où s'arrête l'arrondissement quatre de Brazza la verte. Les loubards qui y tiennent viennent jouer les petites frappes dans le dernier chaudron de la ville nord appelé le quartier des Crâneurs.Au départ on était comme des sandales. Fallait se coucher! Et comme nous avons un forfait de «merci» nous y allons de bon coeur jusqu'à ce que s'amenuise le jour pour pleurer dans nos tanières. Faut pas compter sur la police pour tout remettre sur les rails. C'est la faute à l'ennui si aujourd'hui nous sommes tombés par terre, puis on s'est fait ramasser, et le bon Samaritain a dit: «Ramasser n'est pas voler.» L'ennui et le Samaritain étaient la base de notre rage en quête d'identité.Imagine que ça fait un siècle et des poussières qu'on raconte un maintenant, qu'on nous montre un tout autour, une face bien posée dans une vitrine et ça chlingue dans nos excitations: la fulgurante des mécaniques, la poésie technologique et tous les mystères de l'informatique, les cartes postales de France, les tubes jamaïcains, les stars frigorifiées à l'américaine. Imagine qu'on te parle des murs qui restent tendus et des tours jamais déchues, les cathédrales enflammées d'opium, du shoot à sens libre, des bébés plastiques, blême le goût de l'exotisme blême, les cheveux des déesses blondes au vent et la tarte au chocolat. Imagine, l'eau à la bouche mais la gorge sèche, avec et dans les yeux le coeur d'un drum, la redoute et le goût de la langue française, la marque fraîche du son! Puis les fils à papa! Imagine que c'est pas le pied pour toi, mais qu'il y a cent millions d'années et que t'as pas le droit, sauf qu'on continue à te dire: «Imagine.»
C'est le pays de la galère mais on n'en p pas, on n'en parle jamais. Ca ne s'entend pas. A l'aide ! L'ascenseur est en panne. Plus personne n'ira au ciel ! Je ne suis qu'un roi défait, à qui vais-je m'adresser ? De Hamlet à Ophélia, en passant par Macbeth, Othello, Richard III, le Roi Lear, Roméo et Juliette, la Mégère apprivoisée, Titus Andronicus, Antoine et Cléopâtre et les personnages de La Tempête et de La Nuit des rois, Dieudonné Niangouna ouvre une large parenthèse conduite par Puck (Le Songe d'une nuit d'été). Avec l'exigence d'une langue théâtralement poétique et sans fuir la complexité des situations qu'elle trahit il va permettre à ses personnages de sentir ce qu'il y a de plus profond dans la matière humaine.
Les vagues balaient la barque, un pauvre radeau de fortune. Je vois la fragilité de la vie, de toutes ces vies accroupies et mal en point, entassées comme des bêtes sur la barque. Mais où vont-ils ? Personne ne saura hormis le hasard. C'est quoi cette obsession qui leur fait braver les mers, les vagues, les tempêtes et la mort ?
En prison, deux criminels planifient des cambriolages qui, invariablement ratés, les ramènent sans cesse à leur cellule de départ. Un guide philosophe et un sans-logis tombent sur le sac d'un écrivain dans lequel se trouvent une bombe prête à exploser quatre-vingts jours plus tard et un bout de papier sur lequel figure une adresse qui les lancera à la recherche de l'écrivain. Deux inspecteurs à la table surdimensionnée de leur laboratoire analysent, révisent et répètent les traces laissées par un meurtrier... Trois espaces, trois mondes, trois temps : vingt ans du parcours d'un criminel, quatre-vingts jours sur la route d'un sans-logis, vingt-quatre heures de la vie d'un inspecteur. Trois épisodes qui pour nous lecteurs se déroulent en un même lieu et en même temps.
Extrait de la préface de Gilles BoulanLes parents ont quitté la campagne pour venir s'installer à la ville. Ils se sont arrêtés sur la colline des anges et des djinns au-delà du périph, cette frontière infranchissable entre leur bidonville, la décharge, l'usine toxique de «Stop herbe» et la ville. Vingt ans plus tard, «leurs enfants sans nombril» rêvent de partir à leur tour. Cette fois beaucoup plus loin, où un autre périphérique les séparera de la belle ville. Une seule chose aura réellement changé, ces jeunes gens «mauvaises herbes» auront plutôt recours à la bonne fée marraine de la télévision qu'à la gitane et à sa magie.Avec une belle intelligence, une grande simplicité de moyens et beaucoup d'émotion, Sedef Ecer raconte la similitude des destins, l'éternité de cette misère qui reproduit les mêmes schémas dans les pays en développement comme dans les pays développés. L'exclusion, le recours à des travaux dangereux (l'usine de sablage des blue-jeans a remplacé l'usine de production d'herbicide), la seule force du rêve pour nourrir un quelconque espoir.