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Biopolitique des catastrophes
Neyrat Frédéric
EDITIONS MF
16,00 €
Épuisé
EAN :9782915794328
La catastrophe est aujourd hui l ultime promesse que nos sociétés semblent encore capables de tenir. Changement climatique, épidémie, attaque terroriste, on ne compte plus les « risques » et les « menaces ». L objectif premier de ce livre est d analyser les transformations sociales, politiques et ontologiques qui ont pu façonner un tel sentiment: les « risques » désignent moins des objets précis qu une configuration sociale globale. Pour conjurer l ensemble de ces menaces, une nouvelle forme de « gouvernance » s est aujourd hui mise en place, que nous nommons la biopolitique des catastrophes. Elle se développe sous la forme d une immuno-politique, qui tend à vouloir se protéger de toute atteinte, de toute altérité comme de toute altération. Et, pour le coup, de toute possibilité de changement politique. Plus grave encore: en voulant protéger, elle détruit. Elle alimente, renforce les dangers qu elle est censée combattre. Et se révèle au final pour ce qu elle est, une thanato-politique. Comment sortir de ce piège? En analysant avec précision les différentes technique de cette bio-politique et de cette immuno-politique, en allant débusquer le fantasme inconscient qui la travaille en profondeur, celui d une indemnité absolue, d une immunité totale. Voici l étrange hypothèse que formule cet ouvrage: plus nous nous croyons immortels, plus nous nous auto-détruisons. Plus l homme cherche à s excepter dumonde et du vivant, plus il détruit le monde, plus il accumule les dommages. Pour sortir du piège immuno-politique, une seule solution: y renter résolument. Ce qui veut dire passer du statut d exception à celui d être en relations, ce qui veut dire être vraiment dans le monde, savoir vraiment que « nous sommes embarqués »,et en tirer les conséquences: car la barque est fragile, et si l immunité totale est dangereuse, rien n empêche cependant de chercher les bonnes protections, celles qui permettent aux formes de vie de s épanouir après tout, seule une mince pellicule nous protège du vide sidéral... Ce passage de l exception à la relation implique une relecture et une modification de la philosophie politique, qui doit se faire aujourd hui, parce que l époque l impose, cosmo-politique. Sur le qui-vive, la philosophie politique ne peut plus se centrer sur l homme, le peuple, etc., mais doit nous permettre d agrandir notre regard et notre sensibilité à ce qui n est pas humain. En définitive, ce livre est un appel lancé à l extension de la politique au-delà du domaine de l humain. Contre l humanisme mondialisé qui a plié le monde à l usage de l homme au point de l y laisser seul et mutilé, cet ouvrage tente de poser les fondements d une écologie politique capable de donner corps aux relations que les être humains tissent avec les non-humains. Afin d éviter que la biopolitique des catastrophes ne devienne une politique catastrophique. Afin de remplacer la peur d une interruption catastrophique par le désir d une interruption politique. Biographie de l'auteur Frédéric Neyrat est actuellement Directeur de programme au Collège international de philosophie. Publications: Surexposés (Lignes - Manifeste, 2005), L image hors-l image (coll. « Manifeste », Leo Scheer, 2003) et Fantasme de la communauté absolue (L Harmattan, 2002). Direction de publication (avec Jérôme Maucourant): Rue Descartes n°49 Dernières nouvelles du capital (P.U.F., 2005).
Dans un monde déclaré sans dehors, enfermé dans l'interconnexion généralisée, la philosophie ne peut apparaître que comme une hérésie. Parce qu'elle est dangereusement atopique - hantée par quelque chose de l'ordre d'un sans-lieu lui permettant ses déplacements improbables. Cette atopie n'est pas propre à la philosophie : elle constitue le coeur sombre et lointain de toute pensée, de toute parole, de toute existence. Nous aimons, nous créons, nous refusons, nous nous coalisons parce que nous sommes voués au dehors. Contre les pensées en termes d'objets, contre les géolocalisations identitaires assistées par ordinateur, contre un monde saturé d'immanence, ce livre propose un existentialisme radicalisé attentif aux désastres psychiques et écologiques qui ravagent le monde.
Résumé : S'il fallait qualifier la situation des êtres dans le contexte de la mondialisation, nous la dirions surexposée. La surexposition est l'effet du reflux du monde sur le monde, d'un reflux tel qu'il ne peut aboutir à terme qu'à une sorte de court-circuit. La surexposition est la forme que prennent les existences lorsque ce qui les compose est identique à ce qui les expose (aux autres, au monde). Ce sont désormais de nouvelles formes de protection qu'il s'agit de chercher, c'est-à-dire de nouveaux rapports au monde, des formes de liens communautaires jusqu'alors inconnues, de nouvelles façons d'habiter la planète. Ces protections, qui ne pourront être que des formes inédites d'organisation de la vie, sont tributaires de la réponse à cette question essentielle : qu'est-ce qui est demeuré indemne ? Car la domination écotechnique semble s'être édifiée sur le déni de la Terre, devenue simple déchet du processus de mondialisation. Il est maintenant certain que seule la reprise en considération de la Terre sera à même de nous rendre le monde habitable.
Ce livre se propose de chercher, à al fois avec et contre Heidegger, à la fois au-delà et en deçà de lui, et à la fois avec et contre une certaine tradition heideggerienne, la possibilité d'une politique heideggerienne pour aujourd'hui, ou, comme l'écrit Frédéric Neyrat, ne sorte d'ontologie, mais transie par la politique. Une telle démarche prend sens d'abord dans le constat que Heidegger serait le premier à avoir véritablement commencé à penser le développement de la technique comme destruction progressive du monde, c'est à dire comme une perte de sens, de la présence, de ce qui fait monde, et comme orientation mondiale vers un "non-monde", c'est à dire vers un espace où plus rien n'est en tant qu'être, où toute substance se réduit à une subsistance.
Résumé : La conquête de l'espace est terminée ? Non, une nouvelle planète est apparue : la Terre. Une Terre post-naturelle qu'on pourrait refaire et piloter grâce aux prouesses d'une ingénierie absolue. Cet imaginaire accompagne la naissance d'un géopouvoir prenant la planète entière comme objet de gouvernement. Ce nouveau Grand récit est secondé par une pensée constructiviste aujourd'hui hégémonique. Celle-ci a remis en cause la coupure nature-culture ; mais sur les ruines de cette critique a été construite une nature 2-0, hybride, homogène au réquisit d'un géocapitalisme prospère. Déniant toute altérité à la nature, cette pensée anaturaliste est incapable de s'opposer au projet géoconstructiviste de terraformation de la planète. Au mythe fusionnel de toute-puissance technologique, mais sans revenir à la coupure nature-culture, l'auteur oppose une écologie de la séparation qui insiste sur la capacité inconstructible de la nature. Ni objet constructible, ni effroyable Gaïa, la Terre est un devenir insubstituable, qui, traversant les milliards d'années, se retirant dans le passé le plus lointain et le futur le plus inaccessible, échappe à toute saisie.
Les professions musicales comptent parmi les premières à avoir offert aux femmes un accès à des activités qualifiées. Le Conservatoire de musique de Paris a été mixte dès sa création en 1795, soixante-dix ans avant les universités et cent ans avant l'Ecole des beaux-arts. En 1850, les femmes purent officiellement apprendre la composition au Conservatoire de Paris, et malgré embûches et préjugés, nombreuses ont été les compositrices qui ont laissé une oeuvre importante, alors que les histoires de la musique successives ont procédé à leur effacement progressif. Au XXIe siècle, nous avons encore du mal à citer des noms de compositrices de notre époque. Ce livre souhaite donner une visibilité à cinquante-trois compositrices actives en France, issues de vingt nationalités différentes, dressant un paysage musical d'une grande diversité.
L'histoire ? C'est celle d'un garçon qui est amoureux de sa mère. Il l'aime et la désire comme un amant. A vingt ans, il est renversé par une voiture et ne peut plus faire usage de ses bras ni de ses jambes. En fauteuil dans sa chambre, il enregistre alors des "gandes", des fichiers audio sur lesquels il confie à sa mère, sa "Moune", sa "Mouny" ou sa "Moon", comme il l'appelle alternativement, cet amour pour elle, cet "Omène" qu'il lui porte.
Compositeur majeur de la seconde moitié du XXe siècle, initiateur du courant de la musique spectrale, Gérard Grisey (1946-1998) a laissé un nombre important d'écrits. Si les textes fondateurs de son esthétique ont pour la plupart été publiés de son vivant, ils sont aujourd'hui épuisés ou difficilement trouvables. Par ailleurs, un grand nombre d'écrits, aujourd'hui archivés à la Fondation Paul Sacher à Bâle, sont restés inédits. Ce volume se propose de réunir l'ensemble des écrits significatifs du compositeur. Ils sont regroupés suivant six grandes catégories : Ecrits sur ses principes de composition, Ecrits sur ses oeuvres, Autres écrits et textes de circonstance, Entretiens, Lettres, Pages de journal. Introduit par une préface de Guy Lelong, le volume sera suivi d'un dossier et d'un appareil critique, destiné à présenter l'ensemble des textes ainsi réunis. Nouvelle édition augmentée de textes inédits.
Economie Eskimo a ?t? ?crit pour r?pondre ? la question suivante : le bonheur est-il accessible aux terriens ? Et, si oui, comment ? Dans une pratique qui allie ? la fois l'exp?rience et le savoir, et dans lequel on sent grandir sa puissance d'a ecter et d'?tre a ect?. Dans la continuit? conceptuelle et la constitution de la bulle singuli?re. Frank Zappa r?pondrait : dans la musique. Economie Eskimo est un livre sur la pens?e de Zappa : un h?ros ?nigmatique dans le combat des hommes libres contre l'ignorance, la paresse et la peur.