Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Faut-il avoir peur de nos enfants ? Politiques sécuritaires et enfance
Neyrand Gérard
LA DECOUVERTE
7,00 €
Épuisé
EAN :9782707150097
Quand, en septembre 2005, l'INSERM publie un rapport consacré aux troubles des conduites chez l'enfant qui préconise le "repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l'école maternelle", cela tombe à point nommé pour le ministre de l'Intérieur, qui n'hésite pas à le citer abondamment pour promouvoir son plan sur la prévention de la délinquance. Cette idée d'une détection dès le berceau de la délinquance future a trouvé écho dans les multiples procédures de surveillance et de contrôle qui jalonnent désormais les parcours des enfants. Le soupçon pèse aujourd'hui sur les supposés coupables - parents démissionnaires, populations migrantes ou précaires... - et parcourt la chaîne des institutions: école, justice, médecine, action sociale... Cet ouvrage revient sur les remous que ces visées sécuritaires ont provoqués et propose, de manière offensive, une analyse critique d'une telle politique. Les principaux domaines en lien avec l'enfance sont ainsi passés au crible par différents spécialistes, qu'ils soient sociologues, enseignants, praticiens hospitaliers, pédopsychiatres, magistrats...
Les mutations contemporaines des moeurs ont rendu nécessaire le dialogue pour préserver l'harmonie dans le couple et assurer le bon fonctionnement des relations familiales. Aujourd'hui, la vie conjugale et la place qu'y tient chaque membre du couple, les relations parents-enfant et les normes de la vie en famille sont sujettes à discussion, à négociation. Si cet idéal contemporain d'une famille qui s'autorégule par le dialogue se doit d'être partagé par tous, il paraît difficile à tenir pour beaucoup, et se trouve brutalement remis en question dans certaines situations comme les séparations conjugales. La place du père et celle de la mère ainsi que les nouvelles formes de vie familiale constituent des enjeux sociaux qui peuvent faire polémique. La société montre alors toute son implication dans l'organisation de la vie privée: rappel des cadres de la vie sociale par la justice, délégation aux intervenants publics et privés de la mission d'aide et de soutien aux couples et aux familles en difficulté... L'ouvrage montre comment les différents acteurs: conjoints, parents, enfants, adolescents, intervenants, se débrouillent avec cet objectif paradoxal d'échanges égalitaires non seulement entre les sexes mais aussi entre les générations. Il rappelle que la question du pouvoir reste centrale au sein de la sphère privée, alors qu'est affirmée pour chacun l'objectif de sa réalisation personnelle et de son épanouissement. Pris dans ces tiraillements, le dialogue familial s'affirme d'autant plus comme une nécessité, mais se révèle en bien des cas un idéal précaire. Biographie de l'auteur Gérard Neyrand, sociologue, est professeur à l'université de Toulouse, membre de l'équipe d'accueil Sports, organisations, identités (soi), directeur du Centre interdisciplinaire méditerranéen d'études et recherches en sciences sociales (CIMERSS) à Bouc-Bel-Air.
Beaucoup plus qu'on ne peut généralement le penser, l'attitude des parents à l'égard de leur enfant, la façon dont ils se le représentent et les relations qu'ils entretiennent avec lui sont tributaires de l'état des connaissances savantes sur la petite enfance. Ce sont ces savoirs issus de la médecine, de la psychologie, des sciences humaines, qui délimitent le cadre de référence à travers lequel l'enfance est perçue. Les normes éducatives mais aussi les attitudes de tout un chacun à l'égard de l'enfant sont façonnées par ces discours savants. La parentalité l'art d être parent, qui semble pourtant si naturelle, y trouve sa légitimité.L'étude de l'évolution de ces savoirs depuis la dernière guerre mondiale montre bien l'importance de ceux-ci comme cadre de référence de la société à l égard du petit enfant. Mais ces savoirs évoluent, et bien souvent de façon contradictoire et conflictuelle. L'importance prise récemment par la question du père et les polémiques développées auparavant sur l'intérêt de l'accueil collectif le montrent à l'évidence. En fait, la légitimité du discours scientifique masque son caractère hypothétique, alors même que la diffusion de ce discours par les médias tend à le constituer en discours de la vérité.Le chemin est long de l'émergence de la théorie de la carence maternelle après-guerre aux questionnements sur la filiation suscités par les techniques de procréation médicalement assistée. Une image se construit, celle de l'enfant-sujet à multiples facettes?: l'épanouissement, la performance et la vulnérabilité. L'impact des théories psychanalytiques s'y donne à lire. Plus récemment, les travaux sur les apprentissages précoces favorisent l'investissement parental sur les performances d un «?super bébé?» qui devra affronter l'âpreté de la compétition scolaire et sociale. Autant d'approches montrant qu'à l'heure actuelle, le petit enfant est constitué en enjeu social de la parentalité, et plus globalement encore, de la conception de la personne humaine.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.