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APOLOGIA PRO VITA SUA
NEWMAN JOHN HENRY
AD SOLEM
50,50 €
Épuisé
EAN :9782940090846
Liminaire du Cardinal jean Honoré. 1864. Newman est seul, ignoré, presque dédaigné dans l'Eglise catholique qu'il a rejointe vingt ans plus tôt. Profitant de ces circonstances, un intellectuel anglican, Charles Kingsley, défie l'ancien leader du Mouvement d'Oxford en mettant en cause l'honnêteté intellectuelle de l'odyssée religieuse de Newman. Kingsley croyait enterrer un moribond. En réalité il venait de réveiller un lion. Newman répliqua immédiatement. Fouillant sa mémoire, réunissant lettres et documents, il produisit en quelques semaines l'histoire des raisons qui le conduisirent à rejoindre l'Eglise catholique : l'Apologia pro vita sua. Le livre retourna l'opinion de l'Angleterre. Dans la prose majestueuse et royale de l'Apologia, le catholicisme rayonnait de cette " splendeur de la vérité " pour laquelle Newman avait tout quitté en 1845. Mais ce rayonnement ne voulait pas être aveuglant. " Pour aller jusqu'au bout de ce qu'il jugeait la Vérité, écrivait le pape Paul VI, Newman a renoncé à l'Eglise d'Angleterre non pas pour se séparer d'elle, mais pour l'accomplir. Il ne cessait pas de croire ce qu'il avait cru, mais il le croyait davantage encore, il avait porté sa foi anglicane jusqu'à sa plénitude. Une conversion est un acte prophétique. Newman a vécu l'histoire de la réunion future, de cette récapitulation en Jésus Christ dont le moment nous est encore caché, mais à laquelle nous aspirons tous. "
En 1865, Edward Pusey, chanoine anglican de Christ Church et ancien acteur du Mouvement d'Oxford au côté de Newman, publie une lettre sous la forme d'un essai à l'adresse des catholiques anglais, appelant à la réunion des deux Eglises. Comme condition préalable, Pusey demande aux catholiques de reconsidérer la place que Marie occupe dans leur culte et formule les linéaments d'une " mariologie œcuménique " qui soit acceptable pour les anglicans comme pour les catholiques. Cette adresse aux catholiques, en apparence pacifique et bienveillante dans ses intentions, d'où le nom d'Eirenicon que lui donna son auteur, revenait en fait à une remise en cause radicale de la théologie mariale de l'Eglise, ainsi que de la dévotion qui l'accompagne. Face à ce défi, Newman prit la plume, comme il l'avait fait dans l'Apologia, et produisit en quelques semaines un chef d'œuvre d'intelligence et de finesse théologiques : la Lettre à Pusey. Défait et confus, Pusey se retira de la lice. La cause de l'" Union des Eglises " fit cependant son chemin, au point de devenir, un siècle plus tard, la préoccupation première du concile Vatican II. Pusey prit-il alors sa revanche ? Tout au contraire, car l'on découvrira dans ce livre que Newman, par son recours aux Pères de l'Eglise, anticipait d'un siècle la théologie mariale élaborée par la constitution Lumen Gentium.
Entre 1839 et 1843, Newman prononça une série de sermons thématiques sur les grandes questions "d'actualité" qui étaient au coeur du Mouvement d'Oxford et de sa volonté de vivifier les éléments catholiques de l'Anglicanisme. Réparties tout au long de l'année liturgique, ces prédications sont d'ordre spirituel, mais concernent aussi la nature de l'Eglise, celle du christianisme par rapport au judaïsme et à son attente eschatologique, ou encore le caractère propre du chrétien, que le baptême conforme au Christ en tant que Prophète, Prêtre et Roi. Ils présentent aussi le très grand intérêt de montrer année après année l'évolution de Newman, à un moment où sa confiance dans l'enracinement apostolique de l'Eglise d'Angleterre est entamée par les réactions toujours plus hostiles de la Hiérarchie anglicane face aux idées du Mouvement d'Oxford. Ils donnent aussi la figure achevée de sa pensée théologique sur l'Eglise en tant que présence mystérieuse du Royaume dans le temps - une conception qui ne variera pas lorsqu'il deviendra catholique. En ce sens, les sermons réunis dans ce livre ont une dimension oecuménique qui dépasse leur cadre d'origine. Ils plongent à la racine de ce qui constitue l'Eglise du Christ dans sa plénitude, mais que l'Eglise anglicane ne conservait que de manière fragmentaire et équivoque. Le cycle de ces sermons s'achève sur l'un des plus émouvants sermons de Newman, "L'adieu aux amis", le dernier qu'il prononça dans son Eglise d'origine, en juillet 1843.
Ecrit en 1945 à Littlemore, près d'Oxford, l'Essai sur le développement de la doctrine chrétienne a été pour Newman le moyen de résoudre le problème qui l'empêchait de rejoindre l'Eglise catholique: comment justifier les dogmes dont l'origine ne semble attestée ni dans l'Ecriture ni dans la tradition apostolique? Face à l'anglicanisme et à sa prétention d'avoir préservé la pureté de la doctrine primitive, Newman va élaborer une philosophie des formes de pensée qui est aussi une philosophie de l'histoire, car avec la Révélation, l'histoire est en quelque sorte devenue doctrine. Newman montre que les idées, comme les êtres vivants, demandent un temps de maturation. Le processus qui les conduit à leur forme achevée ne relève pas d'une évolution, mais d'un développement. Celui-ci implique que la forme finale soit conforme au type primitif. Ce qui requiert un principe d'homogénéité agissant à chaque phase du développement. Cette identité d'être à travers les changements de forme est précisément ce que Newman perçoit dans le motif que dessinent et la Révélation et l'élaboration de la doctrine. Avec les dogmes, l'Eglise n'ajoute rien à l'Evangile. Elle permet à la Révélation de nous parvenir aujourd'hui avec la même radicalité illuminative qu'à l'origine, intacte de toute hérésie. C'est là la raison d'être de l'Eglise catholique, que Newman rejoignit le 9 octobre 1845, alors qu'il achevait l'Essai sur le développement.
En intitulant ce recueil " La Grâce chrétienne " - Newman n'a pas donné de titre particulier à chacun des volumes - nous avons voulu résumer l'enseignement que l'auteur y développe successivement sur la vertu de foi, sur le Christ en son humanité et sur l'Eglise dont les sacrements permettent au croyant de participer à la vie divine. La foi chrétienne est représentée en ses modèles par Abraham et par le jeune David : en considérant comme exemplaire de l'attitude du croyant l'action de ces personnages bibliques, le chrétien apprend dans quelles dispositions il doit être pour avoir part à la miséricorde divine que le Christ est venu nous révéler. En effet, quand nous considérons la mansuétude que Jésus a témoignée aux hommes nous pressentons quelle peut être la bonté de Dieu, laquelle autrement resterait pour nous inaccessible : tel est, parmi d'autres, l'enseignement que le prédicateur veut donner sur ce mystère central du christianisme, l'Incarnation du Fils de Dieu. Newman consacre la dernière partie du volume, la plus longue, à l'Eglise, réalité à la fois visible et invisible : institution à l'autorité de laquelle le chrétien doit respect et obéissance, et communion des saints. Pour entrer dans cette communion et y demeurer, le chrétien doit user des moyens que l'Eglise met à sa disposition.
De 1938 (quelques mois avant son départ en Inde) à 1957 (quelques jours avant sa mort), les lettres de l'Abbé Monchanin rassemblées ici et destinées à celles qu'il appelait ses "dirigées" , permettent de découvrir la personnalité et la spiritualité de celui que le Père de Lubac qualifiait de "prêtre génial" . Ce livre révèle les vies cachées de femmes venues d'horizons religieux et culturels divers. Missionnaires partant aux périphéries préfigurer la vocation de leurs peuples, ces femmes demeuraient au coeur de l'Eglise. "Le lien entre amis devrait être la conspiration des vocations" écrivait le P. Monchanin. Les vocations singulières de ses filles spirituelles étaient exactement les vocations chrétiennes de chacun de leur peuple - leur "lieu irremplaçable dans le Corps mystique" . Ainsi, la communion qui les unissait par delà les mers et que soutenaient les échanges épistoliers et la prière, préfigurait le Plérôme du Christ, signe lui-même de la circumincession du Père, du Fils et du Saint-Esprit, source et consommation de toute communion humaine et ecclésiale. A travers l'amitié, c'est d'une expérience de la vie trinitaire dont parlent toutes ces pages. Chacun se découvre un don fait à l'autre dans le mystère de l'Eglise et le mystère de la Trinité. De l'amitié à la Trinité : c'est ainsi écrit le P. Monchanin que "nous avons à vivre en circumincession avec tous nos frères. Et ce sera la gloire intarissable, lorsque nous sentirons que nous sommes tous intérieurs les uns aux autres" . L'abbé Jules Monchanin (1895-1957) a été prêtre (à Lyon) et ermite en Inde. C'est un acteur important d'un dialogue oecuménique et interreligieux fondé sur l'idée du "plérôme du Christ" . Ami très proche du P. Henri de Lubac, attentif à la culture - il fréquente notamment Picasso, Cocteau, Max Jacob à Paris -, c'est aussi un mystique, dont la pensée trinitaire s'accompagne d'intuitions fulgurantes dont on commence à mesurer aujourd'hui la richesse.
Il n'y a que deux êtres absolus dont l'existence s'atteste et s'éclaire mutuellement : moi-même et mon Créateur" affirme Newman dans l'Apologia pro vita sua. Comment partager cette adhésion vitale non à une doctrine mais à celui dont l'existence lui est "plus certaine que celle d'avoir des mains et des pieds" ? Quel argument avancer en faveur de son existence ? La réponse qu'apporte Newman, c'est sa propre vie - l'histoire d'une existence s'abandonnant sans réserve à Dieu qui ne cesse de se donner à l'homme. Une histoire dont le secret repose sur la conviction que l'assentiment de foi repose sur l'amour - "nous croyons parce que nous aimons" - et qui se propose comme une invite à tenter, à notre tour, l'aventure de la foi. Sans la charité, il n'y aurait pas de quête de l'intelligence de la foi. Ni de fidélité à la promesse dont témoigne une vie ajustée à temps et à contretemps à l'engagement baptismal. C'est cela l'argument de la sainteté de Newman. Grégory Solari est chargé d'enseignement et éditeur. Il a soutenu une thèse de doctorat en philosophie sur Newman (Le Cogito newmanien. Essai sur la Preuve du théisme de John Henry Newman).
Même si la question du missel ancien représente une part réduite de son oeuvre liturgique, Joseph Ratzinger s'y est intéressé à de nombreuses reprises. Ce sont généralement des motifs plus pastoraux - en raison de ses responsabilités - que proprement doctrinaux qui l'ont conduit à aborder explicitement ce thème de la liturgie tridentine. Remarquons qu'il en parle avec des accents différents au cours de sa vie : d'abord critique d'une liturgie trop fixiste, il souligne ensuite, dans le contexte iconoclaste de l'après-concile, les points saillants et les atouts de ce missel et enfin, dans une logique de réconciliation et de réhabilitation pacifique et harmonieuse, il montre à quelles conditions la forme extraordinaire peut être une authentique liturgie d'Eglise. Au moment où l'intérêt grandit pour la forme extraordinaire, il peut être utile de rappeler que pour Benoît XVI, la liturgie ne se réduit pas à une science historique pour spécialistes. La forme extraordinaire, avec son génie propre, donne accès au mystère du sacrifice du Christ qui s'offre au Père pour le Salut du monde. La liturgie est une oeuvre de communion entre Dieu et son peuple. C'est aussi un lieu d'évangélisation où, à travers des signes visibles par tous, se déploie le mystère chrétien : point de rencontre de l'homme avec son créateur et des hommes entre eux autour du Christ. Comme le souligne le Cardinal Sarah dans la préface, la liturgie tridentine peut aider à mettre en évidence le processus vivant de croissance de la liturgie en vue d'une meilleure compréhension du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II.
Résumé : Ces Fragments réunissent thématiquement une collection de propos échangés entre Dom Jean-Baptiste Porion (1899-1987) et un autre moine chartreux, notamment sur le taoïsme, la mystique d'Hadewjich d'Anvers et des Rhéno-flamands, ou les réformes de Vatican II, recueillis sans ordre explicite au fil des ans et des dispositions intérieures. Ceux qui liront ce livre ne seront pas nécessairement chartreux, ni religieux ni même, peut-être, prédisposés au silence contemplatif ou à la prière. Ils y découvriront la hauteur d'une pensée qui ne s'est pas détournée des plus hautes sagesses : issues du temple de Delphes, des écrits taoïstes de Lao Tseu ou de Tchouang Tseu, de la mystique nuptiale des béguines ou de celle de l'Essence des Rhéno-Flamand. Cette sagesse, une et multiple à la fois, a trouvé sa croissance et son équilibre sur le fin fil de l'Absolu où l'amour de Dieu livre son éclat dans une déprise patiente et tranquille de soi : "Celui qui dit je vois, ne dit plus je veux" . C'est l'essence même de la vocation cartusienne qui est exposée ici à travers le cristal d'une intelligence exceptionnelle, douée d'un rare pouvoir d'analyse et de synthèse, érudite et passionnée et pour qui le chemin de soi à Dieu n'emprunte aucune courbe, attachée à la seule voie droite de l'oubli du monde, le regard plongé dans l'infini. Maximilien Porion est né à Wardrecques (Pas-de-Calais) le 21 mars 1899. Il fit profession à La Valsainte le 1er novembre 1925 et devint procureur général des Chartreux à Rome en 1946. Il retourna à La Valsainte en 1981, où il mourut le 4 aout 1987. Il est l'auteur notamment de Amour et Silence. Edition établie et présentée par Nathalie Nabert