Les Eurockéennes représentent, sans doute, un "territoire de rock" emblématique de l'essor des grands événements dans l'offre musicale actuelle, et du rôle qu'y jouent les collectivités territoriales. Mais sait-on à quoi ressemble le public qui, chaque année, vient en masse à ce festival? Qu'a-t-il de commun avec celui d'autres festivals? Quelle est sa sociologie, quels sont ses goûts et pratiques? Pourquoi vient-il et que vient-il faire? Quelles sont ses attentes et sa perception de l'événement? Peut-on, d'ailleurs, parler d'un public au singulier? Autant de questions qui trouveront une réponse dans cet ouvrage fondé sur une enquête de terrain originale, qui croise plusieurs regards. Le regard sociologique, par l'approche quantitative, permet d'identifier les spectateurs, leurs origines, leurs pratiques et leurs goûts. Le regard ethnographique, par de nombreux entretiens, permet d'approfondir le descriptif des sociabilités festivalières et la nature de l'expérience de l'événement. Le regard sémiologique, par l'examen des outils numériques en ligne (sites Internct, forums et réseaux sociaux), interroge la nature polymorphe de la "communauté" des Eurockéennes et les usages culturels des nouvelles technologies. Enfin, le regard des artistes, par l'entretien (FiliaMorSa, Olivia Ruiz) ou la fiction (Arno Butina), enrichit la connaissance scientifique des publics du rock tout en la questionnant autrement.
Négrier Emmanuel ; Michel Laura ; Yaouanc Dorothée
En France, l'intervention en matière d'art et de culture passe pour publique, selon une tradition pluriséculaire. L'initiative privée jalonne ce parcours, mais elle est rarement porteuse de programmes ou de principes, dans un domaine jonché de débats et polémiques sur l'état actuel de l'art. Depuis 1991, la Fondation de France a mis en oeuvre une politique de soutien à des projets d'artistes sur le territoire français. Fondés sur une commande d'oeuvres d'art portée par des groupes d'individus, ces projets sont aujourd'hui au nombre de 200. Ils réunissent des partenariats très divers, publics et privés. Cet ouvrage en propose une évaluation à trois niveaux : une analyse quantitative ; l'étude de sept cas concrets ; la comparaison de deux régions : la Bourgogne et la Flandre belge. Il pose, à ces différents niveaux, la question de la médiation territoriale d'un art considéré à tort, parce que contemporain, comme le domaine exclusif d'initiés.
Djakouane Aurélien ; Négrier Emmanuel ; Lavazais S
Les recherches sur la danse hip-hop sont rares, alors même qu'elle suscite un engouement considérable auprès du grand public. Comment devient-on danseur de hip-hop ? Quelles sont les trajectoires de ses chorégraphes ? Quelles relations entretiennent- ils avec les institutions culturelles ? Quelle place la danse hip-hop occupe-t-elle dans l'action de ces dernières ? Quels sont les enjeux professionnels et artistiques de l'accompagnement institutionnel des danseurs hip-hop et de la diffusion de leurs oeuvres ? Cet ouvrage aborde ces questions à partir de l'analyse d'un dispositif original de soutien à la création chorégraphique (Initiative d'Artistes en Danses Urbaines), porté conjointement par La Villette et la Fondation de France depuis vingt ans. L'enquête traite de trois aspects distincts des mondes de la danse hip-hop : dans un premier temps, les trajectoires d'artistes qui nous renseignent sur l'évolution des modalités d'apprentissage de la danse, du métier de chorégraphe et des enjeux de leur professionnalisation. Ensuite, les relations que les institutions culturelles entretiennent avec la danse hip-hop (modalités de soutien, représentations) qui éclairent les enjeux croisés de la création, de la diffusion et de la transmission. Enfin, le fonctionnement du dispositif étudié qui met en évidence les modalités pratiques de l'accompagnement des chorégraphes hip- hop et l'intérêt des collaborations entre acteurs privés et publics.
Cet ouvrage présente une série inédite d'analyses critiques sur la territorialisation des politiques publiques en France et en Europe. L'ouvrage est organisé en trois parties : la première étudie les politiques publiques " à l'épreuve des territoires ", la seconde engage une incursion " dans la boîte à outils " des collectivités locales, et la troisième resitue les analyses " sur le terrain politique " des compétitions électorales et des stratégies de pouvoir. Ces travaux situés dans les champs de la science politique, de la sociologie et de la géographie ouvrent un nouveau cycle dans l'analyse critique des formes territoriales de l'action publique, qui concilie avec talent l'horizontalité et la verticalité des modes traditionnels d'analyse. C'est aussi l'occasion de relever de nouveaux défis méthodologiques et conceptuels pour mieux faire la part entre les tendances contemporaines contradictoires de l'action publique à l'homogénéisation et à la différenciation. Deux grands témoins (le politiste Pierre Muller et le géographe Martin Vanier) commentent en fin d'ouvrage la nature et la portée des nouvelles controverses en présence, majoritairement proposées ici par la " jeune recherche ", et dont l'origine provient d'un colloque de l'Association Française de Science politique qui s'est tenu les 15 & 16 juin 2006 à l'Institut d'Études Politiques de Grenoble.
L'événementialisation de la culture a été l'un des leviers de la politique culturelle depuis quatre décennies, particulièrement pendant les années Lang qui ont mis à l'honneur la dimension festive de la culture. La place que les festivals occupent désormais dans la vie culturelle impose de repenser leur empreinte territoriale et sociale, au-delà de leur caractère éphémère. Cet ouvrage propose une analyse inédite du fait festivalier, alors que leur quasi-disparition de l'agenda culturel au cours de la crise sanitaire a montré, par contraste, l'importance des festivals dans l'imaginaire collectif. Cinq angles d'observation ont été retenus, déclinés en autant de chapitres : indicateurs socio-économiques, publics, partenaires, réseaux sociaux et bénévolat. Une typologie en sept familles de festivals conclut l'analyse : les Emblèmes, les Grands Formats, les Marques, les Pôles publics, les Volontaires, les Petits Formats et, enfin, les Hors-Saison. Ce livre est l'aboutissement de trois ans d'une recherche - SoFEST ! - entamée avant le début de la pandémie, puis poursuivie et achevée pendant. Initiée et coordonnée par France Festivals, SoFEST ! est le fruit d'une coopération étroite entre une équipe de recherche, des réseaux régionaux et nationaux de festivals (le Collectif des festivals bretons, De Concert ! , la Fédération des Festivals de Chanson Francophone) ainsi que l'Agence culturelle Grand-Est et Occitanie en Scène, le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation du ministère de la Culture, la Sacem et le Crédit coopératif.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.