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Spinoza et nous
Negri Antonio ; Revel Judith
GALILEE
27,00 €
Épuisé
EAN :9782718608341
Il y a presque trente ans, L'Anomalie sauvage, le premier texte d'Antonio Negri consacré à Spinoza, tentait de construire une autre lecture du philosophe d'Amsterdam. Cette réouverture des thématiques spinoziennes s'inscrivait dans ce qui s'était plus généralement donné, à partir de 1968, comme une nouvelle épistémè d'innovation et de révolution. Il s'agissait alors de rendre possibles tout à la fois la conscience et la volonté d'agir pour la transformation, le dépassement du mode de production capitaliste et l'affirmation de l'égalité et du commun des hommes. Dans le sillage d'Alexandre Matheron et de Cilles Deleuze, il fallait donc essayer d'investir le terrain de reconstruction de l'histoire humaine, depuis les cupiditates jusqu'à l'idéal de la démocratie absolue, et chercher à en dire le visage présent. Aujourd'hui, après la chute du socialisme réel le capitalisme a essayé de se renouveler: hégémonie du travail cognitif, dimensions financières, extension impériale. Pourtant, chacune de ces mutations est en crise. Le néolibéralisme et ses élites ont conduit le monde à sa faillite à travers des guerres et des destructions sans cesse renouvelées - ultimi barbarorum les aurait sans doute qualifiés Spinoza. Au XVIIe siècle, dans l'affrontement avec la lourdeur contre-réformée des religions et la naissance de l'absolu souverain, l'expérience critique et constructive de la philosophie spinozienne représentait une détermination "sauvage" essentielle à la reformulation interne - hérétique et subversive - de la pensée politique moderne. Mais le spinozisme peut-il aujourd'hui constituer une véritable "alternative", au terme d'une modernité qui n'en finit pas de trépasser sous nos yeux?
Résumé : A l'origine de ce livre, deux convictions. D'une part, ce que l'on a appelé le " siècle bref ", cette époque qui, de 1917 à 1968, a cherché à réaliser le socialisme et dans laquelle nous avons appris à penser, est désormais fini. De l'autre, la crise du socialisme a entraîné avec elle toutes les catégories politiques d'une modernité dont le socialisme lui-même faisait partie. Pourtant l'espérance, l'indignation et la volonté de transformer le monde se présentent aujourd'hui sous de nouvelles figures. Les modifications de l'organisation du travail et les nouvelles configurations des modes de gouverner sont profondément impliquées dans cette transformation radicale de la réalité politique et dans celle du langage qui l'exprime. Biopolitique, biopouvoirs, disciplines, contrôle, multitude, peuple, production de subjectivité, guerre, frontières, dépendance, interdépendance, Etat, nation, commun, différence, résistance, droits, pouvoir constituant, gouvernement, décision, sont discutés - parfois âprement - dans cette fabrique. Tout au long d'une réflexion menée lors de séminaires donnés au Collège International de Philosophie en 2005, Antonio Negri cherche à suivre - avec une passion jamais démentie - la formation d'un nouvel horizon politique : une manière de définir d'autres pratiques et d'autres expressions de la démocratie.
Ce livre ressemble à l?histoire qu?il raconte. Écrit après une longue et dure incarcération politique, au tout début de l?expérience de l?exil en France, il s?attache avant tout à décrire le parcours de perte, de doute et de peur dans lequel Job est pris. Un récit de solitude, donc, qui court à travers les lignes du Livre de Job; mais aussi un récit qui renvoie pour Negri, dans cet exil parisien qui est le sien comme il est celui de toute une tranche d?âge, à l?échec du mouvement de contestation et de transformation politique et sociale qui a secoué l?Italie dans les années 70. Mais Job, c?est aussi autre chose. À la faveur d?un commentaire serré du texte biblique, Negri cherche à repérer ce qui, dans cette expérience extrême de doute et de souffrance, se donne pourtant, envers et contre tout, comme une positivité. Job nous raconte l?histoire d?un défi qui est aussi celle d?un rapport privilégié avec Dieu, c?est-à-dire un moment de joie. Ce défi affirme la puissance des hommes, y compris dans le dénuement le plus total. Ou peut-être est-ce précisément le dénuement - ce que Negri appelle aussi l?expérience ontologique de la « pauvreté » - qui, seul, peut nous montrer ce qu?il y a de joie à vouloir non seulement résister mais changer le monde. Le Livre de Job est pour Negri l?histoire de ce double parcours: perte radicale et puissance constituante, solitude et joie, doute et amour.
Ce livre ressemble à l?histoire qu?il raconte. Écrit après une longue et dure incarcération politique, au tout début de l?expérience de l?exil en France, il s?attache avant tout à décrire le parcours de perte, de doute et de peur dans lequel Job est pris. Un récit de solitude, donc, qui court à travers les lignes du Livre de Job; mais aussi un récit qui renvoie pour Negri, dans cet exil parisien qui est le sien comme il est celui de toute une tranche d?âge, à l?échec du mouvement de contestation et de transformation politique et sociale qui a secoué l?Italie dans les années 70.Mais Job, c?est aussi autre chose. À la faveur d?un commentaire serré du texte biblique, Negri cherche à repérer ce qui, dans cette expérience extrême de doute et de souffrance, se donne pourtant, envers et contre tout, comme une positivité. Job nous raconte l?histoire d?un défi qui est aussi celle d?un rapport privilégié avec Dieu, c?est-à-dire un moment de joie. Ce défi affirme la puissance des hommes, y compris dans le dénuement le plus total. Ou peut-être est-ce précisément le dénuement - ce que Negri appelle aussi l?expérience ontologique de la « pauvreté » - qui, seul, peut nous montrer ce qu?il y a de joie à vouloir non seulement résister mais changer le monde.Le Livre de Job est pour Negri l?histoire de ce double parcours: perte radicale et puissance constituante, solitude et joie, doute et amour.
Antonio Negri livre une synthèse de son oeuvre philosophique à travers une lecture marxiste de la composition du capital, de son rapport au travail, des rapports sociaux de production et du lien entre politique et économie.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
Libre parole rassemble trois essais de style et de circonstance différents : la Conférence Hrant Dink sur la démocratie et la liberté d'expression par temps de violence, donnée en public à Istanbul en janvier 2018 ; les Thèses élaborées en 2015 sur "Liberté d'expression et blasphème", pour intervenir dans la discussion qu'ont relancée les assassinats par les membres de Daech de journalistes de Charlie Hebdo associés à la publication des "caricatures de Mahomet" ; enfin, le séminaire donné en 2013 et rédigé l'année suivante sur les formes de la parrésia selon Michel Foucault, où se trouve déployée à partir de l'exemple grec sa conception du courage de la vérité. Leur objectif commun est de problématiser les conditions et la fonction de la liberté d'expression en tant que droit aux droits, plus fondamental que jamais dans une période de régression des formes démocratiques, facilitée par les effets désagrégateurs de la mondialisation capitaliste, et surdéterminée par les effets de terreur et de contre-terreur que suscite une situation de guerre endémique à laquelle aucune région du monde n'échappe entièrement désormais. Il est aussi de montrer que, si la liberté d'expression institutionnellement garantie, et la libre parole qui en forme la contrepartie subjective, constituent une "propriété" inaliénable des individus et des groupes dont l'autonomie est (théoriquement) reconnue en démocratie, il faut s'élever à la conception d'un bien public de la communication si l'on veut en généraliser l'exercice, en prévenir les usages discriminatoires, et lui conférer par là-même toute sa normativité politique.