Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Eloge de la médiocrité. Le juste milieu à la Renaissance
Naya Emmanuel
ULM
22,40 €
Épuisé
EAN :9782728803330
Le "médiocre" constitue au XVIe siècle un paradoxe vivant sur lequel se focalise l'attention des hommes. Pour qui s'intéresse à l'identité trouble des intermédiaires, il apparaît comme une individualité marquante, proche de la marginalité ou de la monstruosité, aux enjeux philosophiques et moraux, cosmologiques, politiques et littéraires. C'est dire si la notion a évolué par rapport à son acceptionactuelle. Comprise comme l'ensemble des représentations associées aux figures médianes - recherche du juste milieu, enfermement dans la perplexité, équilibre des humeurs, conception des êtres mixtes tels que les androgynes ou leshermaphrodites, recherche de positions intermédiaires en politique ou en religion -, la "médiocrité" est chargée d'une épaisseur sémantique acquise au fil de l'histoire des textes. Ses implications se déploient de façon polysémique dans la pensée syncrétique de l'époque et dans une langue encore très peu fixée, faisant intervenir conjointement les questions de la mesure, du mélange, de la modestie, de la neutralité, de la mitoyenneté ou encore de l'équilibre. Redécouvrir ce débat, c'est renouer avec un type de perceptions et de pratiques d'écriture propres à la Renaissance.
Résumé : L'?uvre de Rabelais réévalue la représentation de l'homme passionnel. A la confluence de débats médicaux, philosophiques et théologiques, elle tend à réhabiliter les passions, en levant l'antagonisme qu'elles ont depuis longtemps entretenu avec la religion. Ce geste, caractéristique clé l'humanisme, passe par la création de personnages passionnels fondée sur une combinatoire issue de la physiologie antique. Le déplacement de la problématique morale vers la théorie de l'action permet i Rabelais de dépasser les solutions proposées par les traditions philosophiques et patristiques. C'est la résolution de l'aporie entre liberté de la vie passionnelle et vertu morale que cet ouvrage s'attache à décrire en recueillant les éléments d'un discours anthropologique épars dans l'ensemble de la fiction.
Lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre" : c'est ce surprenant aveu de subjectivité qui ouvre l'un des textes les plus modernes de la littérature française, quoique l'un des plus anciens. À la mort de son ami La Boétie, Montaigne décide en effet de prendre la plume pour perpétuer leurs discussions si fécondes. Sur ce mode autobiographique, tous les sujets seront abordés, de l'amitié à l'éducation, de la philosophie à la lecture, de la religion à la mort des hommes. En s'observant lui-même, Montaigne fait ainsi le tour de l'homme, proposant une réflexion essentielle sur sa place dans le monde et sur le champ d'action de la pensée humaine. Au siècle de Rabelais, des poètes de la Pléiade et de l'humanisme européen, l'oeuvre de Montaigne reste une météorite inclassable, entre écriture personnelle et monument philosophique. Oeuvre d'un homme engagé dans son temps, les Essais allaient fonder toute une tradition d'écriture à la française, de Pascal à Malraux, de Rousseau à Camus. --Karla Manuele
En nous assujettissant à une vie brève, la nature nous fait scandaleusement subir un injuste outrage. Pourtant, ce lieu commun qui fédère les plaintes des médecins, des poètes et des philosophes est lui-même scandaleux au regard de la raison; dans un de ses premiers traités philosophiques que l'on a trop souvent réduit à n'être qu'un pur exercice oratoire, Sénèque entreprend de redéfinir le plus complexe et le plus confus des concepts, le temps. La subtile construction rhétorique qui organise ici l'enquête ne l'empêche pas de se fonder avec précision sur la théorie stoïcienne du temps pour conduire le destinataire du traité à une pleine conversion philosophique: il s'agit de s'approprier sa propre existence en se dégageant de l'aliénation de la viequotidienne, dans une parfaite attention au présent. Espace de l'action rationnelle et morale, le temps présent ouvre à celui qui n'a pas su encore commencer à vivre la possibilité d'une nouvelle naissance où le hasard n'a plus de place; espace de liberté, il lui permet d'abolir les frontières qui le coupent de son passé comme de son futur, et de conquérir cette immortalité dont le désir, mal formulé, l'aliène. De cette maîtrise du temps présentdépend toute notre capacité à nous élever, comme le demande la Nature, à notre vocation divine.
En nous assujétissant à une vie brève, la nature nous fait scandaleusement subir un injuste outrage. Pourtant, ce lieu commun qui fédère les plaintes des médecins, des poètes et des philosophes est lui-même scandaleux au regard de la raison ; dans un de ses premiers traités philosophiques que l'on a trop souvent réduit à n'être qu'un pur exercice oratoire, Sénèque entreprend de redéfinir le plus complexe et le plus confus des concepts, le temps. La subtile construction rhétorique qui organise ici l'enquête ne l'empêche pas de se fonder avec précision sur la théorie stoïcienne du temps pour conduire le destinataire du traité à une pleine conversion philosophique : il s'agit de s'approprier sa propre existence en se dégageant de l'aliénation de la vie quotidienne, dans une parfaite attention au présent. Espace de l'action rationnelle et morale, le temps présent ouvre à celui qui n'a pas su encore commencer à vivre la possibilité d'une nouvelle naissance où le hasard n'a plus de place ; espace de liberté, il lui permet d'abolir les frontières qui le coupent de son passé comme de son futur, et de conquérir cette immortalité dont le désir, mal formulé, l'aliène. De cette maîtrise du temps présent dépend toute notre capacité à nous élever, comme le demande la Nature, à notre vocation divine.
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.
Tous les combats politiques de Simone Weil (dans le syndicalisme ouvrier, aux côtés des Républicains en Espagne, à Londres auprès de la France libre) se sont accompagnés d'une intense activité d'écriture, à la fois tentative d'agir sur la conjoncture politique et travail moral d'accommodation avec le monde. Cette écriture est à l'image d'un engagement impossible et nécessaire: sans illusion mais imposé par l'expérience du déracinement, en particulier dans l'épreuve de la guerre. Les lectures présentées ici, centrées sur les années 1937-1943, suivent les différentes formes que prend une oeuvre écrite au contact du malheur, une écriture en guerre, déchirée et critique.
Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples "sans écriture" a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les "supports mnémoniques" dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits connue des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires. Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse: il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces "supports mnémoniques" dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois. Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.