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Registres Hors-série N° 3 : Beckett et les autres arts
Naugrette Catherine ; Protin Matthieu
SORBONNE PSN
18,50 €
Épuisé
EAN :9782878545562
Pour Pierre Chabert, in memoriamMarie-Claude HubertJe voudrais rendre hommage ici à Pierre Chabert dont la participation à cette journée consacrée à Beckett, en ce 15 janvier 2010, a été la dernière apparition en public. Comme à son habitude il a parlé de Beckett avec l'enthousiasme chaleureux qui l'animait, avec la passion qui le caractérisait, communiquant à tous ceux qui l'écoutaient ses propres émotions face à l'oeuvre d'un des plus grands écrivains du XXe siècle, explicitant les problèmes concrets de mise en scène auxquels il s'est souvent trouvé confronté. Ayant eu l'occasion à maintes reprises depuis des années de l'inviter dans mon séminaire, j'ai chaque fois constaté le même émerveillement des étudiants qui l'écoutaient et qui éprouvaient le sentiment de pénétrer grâce à lui au coeur de l'écriture de Beckett. Il était un fabuleux passeur.Je voudrais retracer le parcours de cet artiste dont le nom est étroitement associé à celui de Beckett. Tout jeune, Pierre Chabert (1938-2010) collabore pour la première fois avec lui en 1966 pour la mise en scène de L'Hypothèse de Robert Pinget au Théâtre de France, pièce dans laquelle il est seul en scène tandis que son visage apparaît, projeté en fond de scène dans des images agrandies et démultipliées. Intitulé Pinget Beckett Ionesco, le spectacle comprenait, outre L'Hypothèse de Pinget, Comédie et Va-et-vient de Beckett, Délire à deux et La Lacune de Ionesco. C'est alors qu'il entre dans la Compagnie Renaud/Barrault. En 1975 Beckett le met en scène au Petit Orsay (dans le spectacle où Madeleine Renaud crée Pas moi) dans La Dernière Bande, spectacle qu'il ne cessa de jouer depuis avec un immense succès dans le monde entier, aux États-Unis, en Angleterre, en Irlande, au Japon, en Espagne, en Allemagne, à Prague, etc., spectacle à propos duquel Beckett disait: «J'aime le Krapp de Chabert.» Il a créé avec cette pièce un nouveau type de jeu puisque, dans un tel spectacle, l'acteur doit surtout écouter, ce qui est contraire à la formation des acteurs et va à l'encontre de toutes les habitudes de jeu. En 1981 dans le cadre du Festival d'automne il joue Hamm dans Fin de partie, dans la mise en scène de Sandra Solov. Pendant les répétitions, il a de nombreuses discussions avec Beckett sur la pièce, notamment sur l'importance du comique, Beckett ne supportant pas les interprétations sombres de ses pièces. En 1983, il crée au Théâtre du Rond-Point Berceuse et Impromptu d'Ohio et monte Catastrophe, avec Jean-Louis Barrault, Michael Lonsdale et Catherine Sellers. L'année suivante il adapte avec Beckett Compagnie qu'il porte à la scène avec Pierre Dux comme interprète, adaptation scénique que reprend Gontarski pour sa mise en scène à Los Angeles. En décembre 1985, il crée à Marseille au Théâtre de l'Avant-Scène (théâtre aujourd'hui disparu, situé 59 Cours Julien) un spectacle à la fois drôle et lyrique, intitulé Voix de Samuel Beckett, sorte de récital poétique dans lequel il dit des extraits de textes narratifs (Molloy, Mercier et Camier, Malone meurt, Têtes mortes), de textes de théâtre {Fin départie, Cendres), et des poèmes, donnant à entendre merveilleusement la «voix» de Beckett, spectacle repris au Théâtre du Rond-Point en 1987. Toujours en collaboration avec Beckett, il adapte également Mercier et Camier qu'il met en scène en 1986 à la Maison des arts de Créteil. Il crée en cette même année en hommage à Beckett pour ses quatre-vingts ans Quoi où au Théâtre du Rond-Point, reprenant dans le même spectacle Berceuse, Impromptu d'Ohio et Catastrophe (David Warrilow remplaçait Michael Lonsdale) et il redonne Compagnie au Théâtre de l'oeuvre. Il disait souvent qu'une des choses qui le fascinaient particulièrement dans la réalisation scénique des oeuvres de Beckett, c'était de pouvoir jouer sur des degrés très différents d'immobilité et de résoudre tous les problèmes que cela pose aux acteurs. Selon lui, partant d'une telle contrainte, difficulté au départ, mais prodigieuse richesse si elle est utilisée comme un tremplin, l'acteur accède à un jeu beaucoup plus concentré. Le moindre mouvement devient alors événement scénique. Beckett, grâce à des contraintes de plus en plus grandes, découvre de plus en plus de possibilités pour l'acteur.(...)
Ce deuxième volume de la trilogie interroge les mondes de l'art et leurs frontières, comme celle de plus en plus ténue entre amateurs et professionnels, et leur accès à des publics de plus en plus variés. Enfin sera examinée la question souvent problématique de la préservation des identités culturelles dans la mondialisation.
Dans ce dossier : J. -P. Sarrazac dresse un bilan de la revue Travail théâtral (1970-1979) dont il fut membre de la rédaction ; Rencontre avec A. Girault, rédacteur en chef de Théâtre/Public ; panorama des revues théâtrales au XXe siècle (M. Consolini) ; Actualité des revues de théâtre en Europe (C. Scherer) ; Présentation de la revue en ligne du Théâtre de la Colline (A. Goalard).
Il s'agit du premier manuscrit d'une série de numéros spéciaux de la revue Registres, dont chacun sera consacré à un auteur de théâtre. Il se compose d'une introduction esthétique de Catherine Naugrette à l'ouvre de Michel Vinaver, de deux dossiers thématiques reproduisant la bipolarité annoncée dans le titre "côté texte / côté scène" et regroupant respectivement quatre et trois contributions, puis, en guise de conclusion, d'un article d'Edwy Plenel intitulé "Michel Vinaver, notre historien" et qui insiste sur le double registre de la grande Histoire et du quotidien dans lequel Vinaver ancre ses pièces. Le tout est accompagné de la reproduction des dessins originaux de ses mises en scènes.
Résumé : Ecrire la muséologie, c'est pouvoir la raconter, la discuter, la faire évoluer, mais surtout la penser, s'interroger sur la manière dont le champ muséal se développe et se transforme. Cet ouvrage présente, pour la première fois, les principaux acteurs et domaines de recherche liés à la muséologie, ses méthodes (constitution de corpus, enquêtes, analyses expographiques) et les modes de communication généraux (articles, mémoires, monographies) ou spécifiques (expositions) qui lui sont associés. Il constitue un outil indispensable pour réaliser un mémoire ou une thèse en muséologie. Il s'adresse donc aux étudiants comme aux professionnels désireux de mieux comprendre la manière dont la recherche structure l'activité et l'évolution des musées.
Le rapport que l'écrivain établit avec le monde est l'axe principal des études de ce volume consacré à des auteurs hispano-américains parmi les plus célèbres des dernières années du XIXe siècle et du XXe siècle. L'essai, la poésie et surtout le roman déploient un imaginaire d'une richesse exceptionnelle, que les études de ce volume analysent, tout en les reliant à la vision et à l'engagement personnel de chaque écrivain. L'histoire hispano-américaine, dans les essais de Manuel González Prada aussi bien que dans la poésie de Rubén Darío, revendique une volonté de destin. L'imaginaire de la culture hispano-américaine est abordé à travers le roman, au Mexique avec Carlos Fuentes, au Nicaragua avec Gioconda Belli et au Pérou, avec Isaac Goldemberg et les romans de Mario Vargas Llosa. La satire de la société au milieu du XXe siècle s'accompagne d'implications sociales et politiques magnifiquement servies par l'art d'écrire de chacun des auteurs. Des exemples sont donnés de la féconde tradition poétique et musicale des peuples sud-américains.
Linguistique anglaise et oralité : vers une approche intégrée émane du travail collectif du réseau informel OSLiA (Oral spontané et linguistique anglaise). L'ouvrage fédère les approches de linguistes oralistes animés par un même questionnement : selon quelles modalités appréhender l'oral pour l'analyser ? Ce n'est pas un intérêt pour le matériau sonore analysé pour lui-même (réalisations phonétiques fines) qui rassemble les auteurs, mais plutôt une réflexion sur la composante phonique comme partie intégrante de la construction du sens et de la structuration du discours en oral spontané. L'ouvrage s'inscrit tout d'abord dans une filiation méthodologique issue de la linguistique énonciative. Dans un second temps, il rend compte de la structuration et de l'agencement discursifs à l'oral comme enjeux pour faire sens du flot continu de la langue. Enfin, l'ouvrage met en lumière l'interface entre construction du sens et prosodie.
Il faut lire Hélène Cixous sur le mode de l'entente. L'entente c'est la rencontre de l'oeuvre de l'autre (écrite, peinte, dessinée) suscitant une lecture, une écoute et une mise en état de réponse qui ouvre et relance l'appel de l'oeuvre. C'est à l'éclat de ce mot - entente - que l'on mesure combien Hélène Cixous compte aujourd'hui parmi les écrivains dont l'oeuvre transforme le plus fondamentalement la pensée et la poétique de la relation entre les arts visuels et l'écriture. Cette écoute radicale des mots, des langues, des autres (écrivains, penseurs et artistes) et jusqu'à soi en tant qu'autre est en effet présente depuis les débuts de l'oeuvre foisonnante et sans cesse renouvelée d'Hélène Cixous. Or, écrire l'entente est aussi un "ouï-dire". C'est sonder l'expérience autant que la pensée de l'écriture telle qu'elle se joue dans le face-à-face toujours contemporain avec l'oeuvre de l'autre, qu'il s'agisse de collaborations récentes (Chevska, Alechinsky, Hantaï, Tuymans, Abdessemed), de dialogues en cours (Derrida, Jeannet, Wajsbrot) ou de la lecture d'oeuvres anciennes (Ovide, Dante, Rembrandt, Goya, Joyce, Mandelstam, Lispector, Celan, Genet) Examinant la notion de l'entente - et donc, avec elle, ses équivoques : la mésentente, l'accord et le dissensus, le partage et la persécution, la communauté et ses désaveux, la co-vivance, le rapport du texte à l'image et à l'oreille - cet ouvrage est l'occasion d'un dialogue entre philosophes, poètes, artistes et chercheurs, qui ouvrent ici "l'entente" à une diversité d'approches poétiques, philosophiques, historiques, politiques, voire juridiques, permettant de réfléchir sur une tension toujours à l'oeuvre dans les écrits d'Hélène Cixous.