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Les trois amours de Benigno Reyes
Nau John-Antoine
OMBRES
8,60 €
Épuisé
EAN :9782841421312
Il faut mettre à part Les Trois amours de Benigno Reyes qui nous montre Nau dans toute la richesse de son génie de romancier et qui me parait un véritable chef-d'oeuvre. C'est l'histoire sentimentale (mais écrite sans aucun sentimentalisme) d'un Canarien qui vit dans un petit port de la côte du Chili, Toboadango, lequel, nous dit Nau dans une note, "n'existe pas et est un mélange d'Iquique, de Pisagua et d'Antofogasta". Il aurait pu le présenter comme une traduction de l'espagnol et l'attribuer à un écrivain sud-américain : toutes les conversations entre les personnages semblent avoir été pensées en espagnol (et avec des nuances "insulaires"), - chose qui se voyait pour la première fois dans notre littérature dans laquelle abondent les "espagnolades" invraisemblables. Il y a aussi une connaissance extraordinaire des conditions dans lesquelles vivent et pensent les personnages. Les petits détails qui révèlent que l'écrivain connaît bien les choses dont il parle et qu'il sait les utiliser, abondent. L'histoire de Benigno Reyes ne peut se raconter : elle est trop subtile, elle atteint trop profondément les mystères du coeur. Elle est d'un pessimisme presque hallucinatoire, et cependant on y remarque l'idéal de Nau, son aspiration, son hymne à la femme. Les Trois amours de Benigno Reyes est un roman sud-américain et il faut espérer qu'un jour il sera traduit en espagnol et publié en Amérique. Car John-Antoine Nau fut un des rares écrivains qui ont annoncé la littérature des temps futurs, lorsque le poète pourra visiter facilement toute la planète, se faisant citoyen de tous les pays qu'il préférera, les chantant, expliquant un peuple aux autres peuples, unifiant la conscience de l'humanité."
Hiers bleus est un recueil de poésie de John-Antoine Nau dédié à Paul Signac, publié en 1903, l'année où son roman Force ennemie reçoit le premier prix Goncourt de l'histoire. Iles, lagunes, Antilles, la poésie évocatrice et suggestive de Nau peint des paysages marins, exotiques, plein de couleurs brillantes, mais qui ne sont pas toujours idylliques et baudelairiens, versant parfois dans l'inquiétant, la mélancolie, puisant à des inspirations plus hivernales, par exemple celle de Schumann, chère au poète, au gré desquelles le bleu des océans et la nacre des rivages laissent place à des plaines vertes, pleines de brouillard ainsi que, ici ou là, au pittoresque d'accents espagnols. La balade de "Lily Dale" , à la langue virtuose et sophistiquée, devient en 2003, soit un siècle après sa publication, une chanson d'Arthur H. dans son album Négresse blanche.
Résumé : "Je prie les amis inconnus qui voudront bien me, ou plutôt nous, lire de ne pas réclamer, d'urgence, mon internement à Sainte-Anne ou dans tout autre asile." Philippe Veuly se réveille dans un endroit aussi connu qu'incompréhensible. Accompagné de son gardien, il va découvrir surpris, effaré les lieux et ses habitants. Malgré sa situation désespérée, il se lie d'amitié, tombe amoureux, perdant peu à peu ses repères. Mais n'a-t-il plus le contrôle de son esprit ou le lui a-t-on volé ? Ce roman culte et méconnu, premier prix Goncourt décerné, offre au lecteur médusé une plongée dans la psyché d'un homme dont on ne sait qui est le pire ennemi : lui ou une force venue d'ailleurs ?
Vous trouverez dans cet ouvrage tous les récits des tours du monde atypiques sur mer, en famille ou entre amis, à bord de bateaux solaires ou avec des scientifiques, via parfois l'Arctique et l'Antarctique, des tours du monde sur terre, à pied, en courant, en roller, à vélo, en solex, en moto, en voiture, en train, à skis et des tours du monde dans les airs, en dirigeable, en ballon, en avion, en ULM, en hélicoptère, en Concorde, sans oublier les milliers de tours du monde dans l'espace effectués par les cosmonautes, astronautes et spationautes, depuis Youri Gagarine le 12 avril 1961 jusqu'au Français Thomas Pesquet de retour sur terre le 2 juin 2017 à 16h09 au Kazakhstan. Cette encyclopédie commence bien sûr par les tours du monde mythiques à la voile en équipage, depuis le premier réalisé par les marins de Fernand de Magellan en 1522. Elle raconte ensuite les tours du monde à la voile en solitaire, depuis le premier réalisé de 1895 à 1898 par Joshua Slocum (1844-1909) à bord de son voilier Spray. Toutes les grandes courses à la voile autour du monde sont aussi relatées : en solitaire avec escales : Boc Challenge, Around Alone, Velux 5 océans, SolOceane ; en solitaire sans escale : Golden Globe, Global Challenge, Vendée Globe, Trophée Alain Colas, Brest Ultime Challenge (projet) ; en équipage avec escales : Whitbread, Volvo Ocean Race, Global Challenge, Millennium Round the world yacht Race, Portimaõ Global Ocean Race, Clipper Race...
Redécouvrez le premier prix Goncourt. En 1903 J.K.Huysmans, Octave Mirbeau, Léon Daudet, décernent à ce roman le premier des prix Goncourt. Peut-être était-ce l'un des meilleurs romans du siècle entier. Par sa force visionnaire, son lyrisme violent et son style révolutionnaire, Force ennemie a sa place inaliénable à côté du Journal d'un fou de Gogol, du Maître et Marguerite, de Boulgakov, du Voyage au bout de la nuit, de Céline. Un homme est enfermé dans un asile d'aliénés. Est-il fou? Ou bien sont-ce les aliénistes qu'il faudrait mettre à sa place? Il se croit habité par un esprit d'une autre planète et tombe passionnément, follement, désespérément amoureux d'une femme, Irène, internée comme lui dans le même établissement. Il s'enfuit, elle sort de l'asile, disparaît...Il court jusqu'au bout du monde pour la retrouver...
Récit de jeunesse de Jules Barbey d'Aurevilly (1808 - 1889), qui résume peut-être mieux que tout autre les caractéristiques et les mérites de l'art du narrateur. Publié en 1843, il se compose de cent cinquante petits chapitres épigrammiques ; bien que le récit soit plutôt long, il se ramène à un sujet très simple. La scène : les conversations et les réceptions du monde élégant parisien vers le milieu du XIXème siècle ; le personnage principal : Joséphine d'Alcy, jeune femme de vingt-sept-ans... Une charmante petite personne, au passé pas très clair, riche d'esprit et au fond sèche de coeur, résolue à se faire une situation dans la société. M. Baudoin d'Artinel s'éprend d'elle ; c'est un digne magistrat, resté veuf avec trois fils ; une sorte de beau ténébreux devient également amoureux d'elle : intelligent, sceptique et ardent, il a reçu le nom pittoresque d'Aloys de Synarose. Il fait impression sur la jeune femme qui, pourtant sans abandonner le vieillard, voudrait conquérir Aloys ; mais celui-ci devine le calcul et la mesquinerie de cette âme et réussit à vaincre la tentation. L'anneau qui est passé au doigt de Joséphine lors de son mariage avec le vieux magistrat, cérémonie à laquelle Aloys assiste, lui semble comme le légendaire anneau d'Annibal qui contenait un poison caché sous la pierre. Il s'agit ici d'un poison plus subtil, invisible, qui ne tue pas les hommes, mais l'amour. Sur le thème romantique, l'originalité de Barbey d'Aurevilly a modulé une quantité de brillantes variations, mordantes, ironiques, sentimentales, cyniques et poétiques avec un brio et un sens de la mesure qui ne se retrouvent dans aucune de ses autres oeuvres.
Publié en 1985; Les Tentations de Grazia Deledda (1871-1936) est l'un des premiers grands recueils de nouvelles de celle qui deviendra le prix Nobel de littérature en 1926. On y trouve déjà la maturité qui la conduira dix ans plus tard à écrire Elias Portolu et La Madre en 1920. La diversité des personnages, des lieux y est organisée autour du thème de la tentation. Le péché charnel, l'orgueil, le mensonge sont exprimés au travers de fables, contes, qui révèlent des personnages du peuple sarde: paysans, notables, religieux, incités à la faute par l'injustice des hommes. Mis en scène avec réalisme, ces acteurs ne tardent pas à s'ériger en figures tragiques, opposant avec simplicité au "poids du monde", la conviction des gens de la terre que l'harmonie existe et que la mort n'est que le prolongement de la vie.
Seul, il ne saurait où fuir. Que de fois déjà, las de lui-même est-il descendu, non pour demander secours à quelque autre, mais pour se perdre dans la rue, parc anonyme, mais le plus beau, se forçait-il à croire, de toutes les promesses. Il marchait, ne trouvait point ce rêve sans nom et sans visage en quoi il avait décidé de se perdre. Il marchait. Aucun regard ne retenait le sien. Sur le sol mouillé la plus faible lueur multipliait toute tristesse. Il marchait et le froid se faisait maillot sous les vêtements, le linge. Ses dents claquaient. Son squelette souffrait seul et tout entier, car déjà ce squelette avait dévoré sa chair. Ce qui, de son corps, demeurait apte au bonheur se fanait. Dans ses poches, ses mains étaient des fleurs, sans sève, sans couleur. Alors il entrait n'importe où, non pour trouver quelque secours précis, humain, car s'il cherchait à retarder la débâcle c'était par d'étranges aides et il n'eût su que faire d'une peau habitée par un esprit semblable au sien.Né en 1900, René Crevel se donnera la mort en 1935. Dadaïste, surréaliste, dandy, mondain, homosexuel, toxicomane, tuberculeux, militant révolutionnaire, de tous les écrivains de l'entre-deux guerres, il a sûrement eu la trajectoire la plus rayonnante, la plus exigeante, la plus brûlante qui soit. Conjointement à ses essais polémiques (l'Esprit contre la raison, Le Clavecin de Diderot), son oeuvre romanesque (Détours, Mon corps et moi, La Mort difficile, Babylone, Etes-vous fous ?, Les Pieds dans le plat), mêle l'obsession autobiographique au désespoir et à la révolte, accordant la création artistique et l'action révolutionnaire par la subversion de l'écriture.
Voici donc quel est le sens du récit qui suit. De Quincey considère que jamais l'intelligence humaine ne s'éleva au point qu'elle atteignit en Emmanuel Kant. Et pourtant l'intelligence humaine, même à ce point, n'est pas divine. Non seulement elle est mortelle mais, chose affreuse, elle petit décroître, vieillir, se décrépir. Et petit-être De Quincey éprouve-t-il encore plus d'affection pour cette suprême lueur, au moment où elle vacille. il suit ses palpitations. Il note l'heure où Kant cessa de pouvoir créer des idées générales et ordonna faussement les faits de la nature. Il marque la minute où sa mémoire défaillit. Il Inscrit la seconde où sa faculté de reconnaissance s'éteignit. Et parallèlement Il peint les tableaux successifs de sa déchéance physique, jusqu'à l'agonie, jusqu'aux soubresauts du râle, jusqu'à la dernière étincelle de conscience, jusqu'au hoquet final."