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Le bon mariage. L'appareil de la psychanalyse
Nassif Jacques
AUBIER
20,90 €
Épuisé
EAN :9782700721638
Proposer un écrit sur "la règle fondamentale" de Freud, qui touche la parole, confine au paradoxe. Pour le soutenir, il m'a fallu tenter d'expliciter l'ensemble des recommandations non écrites qui accompagnent l'exercice de cette règle dans la psychanalyse d'aujourd'hui, qu'elles concernent le lieu, le temps ou l'argent. L'entreprise, jamais tentée, n'était-elle pas un peu folle ? En m'y risquant, j'ai pu découvrir que toutes ces règles visent à contraindre la parole analysante à faire le sacrifice de l'écrit, en passant par les nécessités d'un praticable où se met en scène le couple de l'analysant et de l'analyste, devenu le véritable moteur de la cure. Une conclusion pouvait facilement s'en tirer : c'est bien la situation théâtrale qui offre le contrepoint le plus précis de l'acte analytique. Elle n'était pas annexe puisque, grâce à la lecture de deux pièces de Shakespeare et de Goldoni, il est possible de démontrer l'inexplicité de Freud. Il se situe dans la dichotomie entre "théorie" et "technique", et la conception d'un appareil de la psychanalyse, que je présente, peut permettre peut-être d'en surmonter les effets.
Cet ouvrage, écrit en 1977 par un jeune psychanalyste élève de Lacan, étudie de manière complète, précise et intelligente la naissance de la psychanalyse. Il montre dans quel climat intellectuel un médecin viennois, formé à la fin du siècle dernier à la neuropsychologie, va suivre à Paris les leçons de Charcot, pour découvrir du nouveau. S'initiant à la pratique de l'hypnose et rassemblant toutes les données de l'étude des névroses, y compris celles, neurologiques, d'un "appareil à langage", il pourra progressivement former un concept neuf d'Inconscient et formuler une découverte radicale.
L'ouvrage de Jacques Nassif nous invite à revenir à la geste freudienne et aux fondements qu'elle offre à la psychanalyse, en tant qu'elle consiste précisément à écouter le symptôme pour ce qu'il a à dire et essayer de le traduire. Il ne s'agit pas d'une traduction d'une langue connue à une autre, mais plutôt de la tentative, à jamais imparfaite, de saisir quelque chose de cette langue inconnue qu'est l'inconscient, pour la faire passer en une parole qui n'existe pas encore. Le psychanalyste n'est donc pas seulement le sujet supposé savoir, amenant à une inévitable déception, mais un compagnon de route qui travaille de conserve avec l'analysant pour qu'il puisse élaborer le vif de sa parole, revenir à la vie originale et non répétitive de la création subjective qui s'y essaye. Aussi et pour ce faire, convient-il de tirer les leçons des aînés, sans se laisser contraindre à répéter des leçons, une éthique bien apprise pouvant éviter de transformer la psychanalyse en un nouveau protocole, en une médecine parallèle que cette dernière, officielle celle-là, aura bien raison de condamner comme une escroquerie. Ce qu'écrit Jacques Nassif du psychanalyste me fait penser à une nouvelle figure de l'écrivain que je baptiserais : l'écrivain privé , non pas celui qui écrit les missives ou les documents à la place du commanditaire, mais qui tente de l'aider à tracer les lignes de sa parole. La place de cet écrivain est malaisée, car il doit tenter autant que possible de ne pas déformer ou écraser de sa présence ce qui se laisse entendre sur son divan. Il n'y a certes pas lieu de traduire dans une langue, qui serait le discours officiel de la psychanalyse, les plaintes, les cris ou les murmures de l'analysant qui ne se verrait pas bien avancé, se retrouvant réduit à ne plus être qu'une simple illustration du dogme.
Résumé : Que fait un psychanalyste, sinon tenter de déchiffrer les rêves que nous portons en nous comme des présages de ce que nous deviendrons ? Le plus grand psychanalyste mexicain interprète dans ce magnifique livre les premiers souvenirs d?enfance relatés par des écrivains, ainsi que des rêves, pour démêler ce qui appartient à la vérité et au mensonge nécessaire. La mémoire, en chacun de nous, tente ainsi de mettre à distance le sentiment de cette inquiétante étrangeté de notre passé, en récrivant sans fin notre propre histoire. C?est un écrivain, Julio Cortázar, qui, racontant son plus ancien souvenir, celui de la terreur que lui inspire le chant d?un coq, a mis Nestor A. Braunstein sur la voie de cette hypothèse, qu?il va par la suite s?employer à vérifier à propos des premiers souvenirs de différents auteurs : Borges et García Marquez qui parlent sa langue, mais aussi Virginia Woolf ou Vladimir Nabokov, Elias Canetti ou Hermann Broch, enfin Perec ou Leiris, sans parler de l?omniprésence de Freud et de Proust. Lors de cette promenade par les sentiers oubliés de textes peu fréquentés, mais déterminants pour la compréhension de leur auteur, Nestor A. Braunstein n?use d?aucun jargon et fait preuve de l?humanisme souriant d?un psychanalyste averti.
Beaucoup de surprises attendent le lecteur de ce livre. D'abord celle de l'existence d'une alliance objective entre les deux géants du siècle passé, ayant pu aller jusqu'au pacte tacite, mais constamment renouvelé entre la psychanalyse et la philosophie, anti-hegélienne, bien sûr. Ensuite, celle de la connaissance approfondie des textes de Freud, dès les années 20-30, que pouvait avoir Bataille, et bien avant que Lacan ne s'en empreigne, si l'on veut bien prendre enfin en compte ses écrits du tome II de ses Œuvres Complètes, publiés seulement en 1970. Mais surtout, il devient évident que ce savoir qui est à légitimer, car il est celui d'un analysant, a permis à un écrivain portant ce nom de mener un triple combat : celui, évidemment contre la pusillanimité des plumes surréalistes et toutes les positions qu'il qualifie d'icariennes au regard de l'indécence du sexe ; donc, par là même, l'ouverture d'un autre front : celui d'une réhabilitation de Sade, qui sera présenté dans ces pages comme l'ancêtre le plus direct de Freud, celui-ci offrant enfin à sa " valeur d'usage " une " valeur d'échange " ; enfin la prise en compte effective, non seulement des dangers, mais de la réelle fascination que peut exercer le fascisme sur l'esprit rendu mélanco-lique par tous les progrès d'une science qui évacue la dimension du sujet, le privant de toute attache à sa terre et son histoire. Après la mort du Roi et la mort de Dieu, l'oeuvre relue de Bataille offre ainsi l'occasion de devoir surtout se convaincre de la mort de l'Un. Il importera de bannir l'univocité du sens et d'affirmer la prise en compte, chaque fois que s'énonce un désir, de la contradiction qu'il abrite en son sein entre l'excrétion qu'il permet et la réappropriation qu'il réclame.
Van Orman Quine Willard ; Largeault Jean ; Laugier
Au centre de ce volume se trouve " L'épistémologie naturalisée ", sans doute le texte le plus influent de Quine : référence de la philosophie analytique dans sa version naturaliste, il a été utilisé non seulement comme manifeste philosophique des sciences cognitives, mais aussi comme signal d'un renoncement à l'antipsychologisme des pères fondateurs de la philosophie analytique. Quine y affirme que l'épistémologie devient " un chapitre de psychologie ", puisqu'elle étudie " un phénomène naturel, à savoir un sujet humain physique " et sa production de théorie (output) à partir de données sensorielles (input). Il reverse la question épistémologique à la psychologie, la renvoyant au schème conceptuel de la science dans son ensemble. L'inverse vaut aussi : la science naturelle, par un effet de " mise en abyme ", est finalement contenue dans l'épistémologie. On comprend pourquoi il est important que l'épistémologie soit naturalisée, et non, comme on l'imagine parfois, l'esprit, l'intentionnalité ou le langage. Naturaliser signifie renoncer à toute fondation extérieure à la nature, et certainement pas retrouver de nouvelles certitudes dans la science. Un naturalisme second ne serait plus fondé sur le modèle des sciences de la nature, mais sur notre nature, qui est sociale. Cet ouvrage a ainsi lancé le débat crucial sur les variétés du naturalisme : Sellars, Strawson, Putnam puis McDowell ont travaillé à élaborer ce naturalisme de la seconde nature. Le naturalisme devient alors simplement une position immanente, refusant toute argumentation transcendantale et toute position d'arrogance de la philosophie comme de la science. La réflexion sur le naturalisme, sur ses limites et sa nature, est certainement un élément essentiel de l'héritage philosophique de Quine aujourd'hui, et l'acquis le plus durable de la Relativité de l'ontologie.
Ce livre est dédié aux parents et aux soignants qui accompagnent dans la vie un enfant autiste. L'auteur a voulu éclairer la route tourmentée sur laquelle ils sont engagés, en montrant que cette affection n'est pas un déficit mental irréversible. Les observations les plus récentes des cliniciens lui ont permis d'établir que les autistes sont en réalité arrêtés au stade primordial de la vie, dominé par les sensations, stade où déferlent en permanence sur le nourrisson des flots d'excitations anarchiques et insensés. Pour émerger de cet état primitif et accéder à l'espace plus élaboré des perceptions, l'autiste attend seulement d'être relancé dans la dynamique du langage à laquelle les autres enfants sont introduits spontanément, sans difficultés majeures. Le défaut de communication, expression la plus manifeste de l'enfermement de l'autiste, révèle alors qu'il peut être corrigé et le contact avec l'entourage restauré. Mais il faut pour cela avoir reconnu la nature des processus psychiques qui régissent normalement les premiers échanges entre le nourrisson et les parents, afin d'identifier le type de court-circuit qui, à un moment donné, a coupé l'enfant de la possibilité du partage. Redonner leur sens aux conduites aberrantes et souvent rebutantes des enfants autistes et, à partir de là, comprendre pourquoi ils ont échoué dans la relation vitale à autrui est aujourd'hui l'approche la plus respectueuse des sujets prisonniers de cette condition douloureuse, en même temps que la seule véritablement susceptible de les réintégrer dans la communauté humaine.
Biographie de l'auteur Vannina Micheli / Rechtman est psychanalyste, psychiatre de formation et docteur en philosophie. Elle est membre de Espace Analytique et chercheur associée à l'université Paris 7.