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Le retour de Penthésilée. A la recherche du féminin perdu
Nassif Jacques ; Podalydès Denis
CREPUSCULES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782918394952
A plus d'un siècle de sa naissance, la psychanalyse est devenue un précieux héritage que certains disciples du maître qui l'a créée, puis de celui qui l'a refondée, continuent de transmettre à des analysants qui la font revivre. Mais elle n'est toujours pas parvenue à atteindre son troisième temps, celui où elle se serait rendue autonome par rapport à ce type de transmission où c'est par l'acte que se soutient un discours. Or que nous disent aujourd'hui les analysants, et surtout, parmi eux, les femmes ? Que la psychanalyse devrait se permettre, si elle veut survivre, de reconnaître que son acte doit accomplir un nouveau renversement copernicien. Alors que sa recherche a eu pour centre le couple que forme la mère avec son enfant, si prématuré et désemparé que son désir ne peut être qu'incestueux ou pervers, le discours psychanalytique devrait aujourd'hui se recentrer sur cet autre désir qui parvient à enfanter ce couple, si problématique et fragile, que le féminin en nous, qu'on soit homme ou femme, parvient à former avec un Autre, au nom de l'amour. Dès lors, au lieu de toujours ramener ses échecs aux méprises, engendrées dans la sexualité par les confusions entre le désir et l'amour où tombe nécessairement un enfant avec l'un ou l'autre de ses parents, il importera de ne plusse contenter d'interpréter ce malheur comme une conséquence de l'après-coup malencontreux de la sexualité humaine, vécue une première fois dans l'enfance. Le féminin qu'il s'agit de retrouver à cet effet 9 d'autres tours dans son sac et son exploration, à fleur de langage, à laquelle ne se sont jusqu'ici consacrés que les poètes, est précisément ce à quoi devra s'employer ce troisième type de couple que forment un analysant avec son analyste, aux fins d'accomplir l'écriture, la lecture et l'oubli de ce livre que, selon Proust, chacun porte en soi.
Beaucoup de surprises attendent le lecteur de ce livre. D'abord celle de l'existence d'une alliance objective entre les deux géants du siècle passé, ayant pu aller jusqu'au pacte tacite, mais constamment renouvelé entre la psychanalyse et la philosophie, anti-hegélienne, bien sûr. Ensuite, celle de la connaissance approfondie des textes de Freud, dès les années 20-30, que pouvait avoir Bataille, et bien avant que Lacan ne s'en empreigne, si l'on veut bien prendre enfin en compte ses écrits du tome II de ses Œuvres Complètes, publiés seulement en 1970. Mais surtout, il devient évident que ce savoir qui est à légitimer, car il est celui d'un analysant, a permis à un écrivain portant ce nom de mener un triple combat : celui, évidemment contre la pusillanimité des plumes surréalistes et toutes les positions qu'il qualifie d'icariennes au regard de l'indécence du sexe ; donc, par là même, l'ouverture d'un autre front : celui d'une réhabilitation de Sade, qui sera présenté dans ces pages comme l'ancêtre le plus direct de Freud, celui-ci offrant enfin à sa " valeur d'usage " une " valeur d'échange " ; enfin la prise en compte effective, non seulement des dangers, mais de la réelle fascination que peut exercer le fascisme sur l'esprit rendu mélanco-lique par tous les progrès d'une science qui évacue la dimension du sujet, le privant de toute attache à sa terre et son histoire. Après la mort du Roi et la mort de Dieu, l'oeuvre relue de Bataille offre ainsi l'occasion de devoir surtout se convaincre de la mort de l'Un. Il importera de bannir l'univocité du sens et d'affirmer la prise en compte, chaque fois que s'énonce un désir, de la contradiction qu'il abrite en son sein entre l'excrétion qu'il permet et la réappropriation qu'il réclame.
Lacan, je n'insiste pas - d'autres que moi commencent à oser en parler -, était un individu aussi attachant que déplaisant. Inutile donc de souligner son côté déplaisant. En revanche, ce qui m'importe, c'est d'essayer de retracer ce que fut sa geste. La "geste" vient du latin rebus gestis, c'est ce qu'on dit quand on est César et qu'on a fini quelque chose. Pour moi, voilà, il est indispensable d'être en mesure de pouvoir déclarer que quelque chose a pris fin. Lacan a fait certaines choses, il les a faites et bien faites et on ne les refera pas. Il faut essayer de lui rendre vraiment justice, de voir ce qu'il a fait pour savoir ce qu'on lui doit, et puis savoir si on peut passer à autre chose, se donner le droit de passer à ce que j'appelle un troisième temps pour la psychanalyse. Bien sûr, c'est prétentieux de vouloir accoucher d'un avenir, comme ça, à partir d'un constat. Mais l'avenir, ça me concerne plus que le passé. Et pour le préparer, il faut en tout cas savoir ce qui s'est vraiment passé et pouvoir le décrire, savoir par conséquent dans quelle mesure ça continue ou pas, ou qu'est-ce qui cesse. " J. N.
Entre Genève et Paris, puis à présent entre Rome et Buenos Aires, les questions fusent entre une jeune fille qui voudrait devenir psychanalyste, puis une jeune femme qui l?est devenue, mais en Amérique Latine, et un psychanalyste, témoin avisé de l?Histoire du mouvement psychanalytique et qui s?essaye à le rester, malgré tous les soubresauts de l?Histoire actuelle et les puissances du refoulement de la psychanalyse qu?elle met en oeuvre.
Il faut trois notes pour que l'on parle d'harmonie musicale, trois tons primaires pour atteindre l'harmonie colorée, et le triangle oedipien pour humaniser un sujet psychique. Cette insistance du trois n'a rien à voir avec le hasard, ou alors Dieu joue trop bien aux dés ! Si Freud dépasse la " Clé des songes " pour nous donner l'interprétation des rêves, il nous invite à tenter un regard éloigné sur les théories de la peinture pour démontrer pourquoi la couleur agit, et comment la loi de Chevreul s'enracine dans notre socle psychique. Bref " il y a bien une raison pour que l'on trouve beau ce qu'on trouve beau. " Vincent Van Gogh
Safouan Moustapha ; Frérot Sylvain ; Frau-Frérot D
Comme l'inconscient se signifie à demi-mot, il faut aussi répondre au sujet à demi- mot ", voilà qui n'est pas sans résonances avec cette phrase de Montaigne " la parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute ". Ces entretiens avec Moustapha Safouan se sont déroulés sur plusieurs années et s'inscrivent dans un parcours où sont abordées l'histoire de la psychanalyse, la question de sa transmission et celle du désir d'analyste, l'évolution des structures familiales et l'idéologie individualiste, l'actualité du malaise dans la civilisation et la clinique contemporaine. A la question qui a fait relance pour lui " que devient le père à la fin d'une analyse ? ", Moustapha Safouan en vient à cette autre concernant notre époque : le père serait-il devenu un objet partiel ? " L'avenir de la psychanalyse ne tient qu'à sa capacité à contribuer à l'intelligence de notre époque et aux métamorphoses de l'éros, autrement qu?en poussant des cris d'alarme. Encore faut-il qu'elle s'en donne les moyens. " C'est dans cet esprit que ce questionnement s'est ouvert.
La situation de la psychiatrie, en crise aujourd'hui, faute de moyens, faute d'anticipation du manque de psychiatres annoncé, des nouvelles demandes, des changements sociétaux est préoccupante. La psychiatrie contrainte aux injonctions économiques, aux évolutions gestionnaires voit son offre de soins se rétrécir. Dans ce contexte, il est important d'affirmer notre identité, notre originalité : la psychiatrie est une discipline médicale aux pratiques plurielles. Les problèmes actuels ne doivent pas faire oublier ses avancées thérapeutiques considérables, depuis les années 60-70, ni jeter à nouveau, un discrédit sur les patients, ni renforcer les stigmatisations liées à cette discipline. Alors que le système organisationnel semble s'asphyxier, que les équipes sont épuisées nous souhaitons témoigner, aussi, des progrès réalisés dans l'approche et le traitement de la maladie mentale, du dynamisme des équipes depuis la création des secteurs surtout sur un département connaissant un haut niveau de précarité, le 93. Ces soignants ont fait preuve d'initiative, d'innovation dans tous les domaines de la prise en charge des patients. Cet ouvrage est la récolte de tous les récits de ces professionnels qui sont venus communiquer aux journées organisées par l'association RIVE de l'EPS de Ville Evrard. Se réunir tous les ans, autour d'un thème actuel, tel a été notre démarche. Psychiatres, psychologues infirmiers, assistant sociaux,... travaillant en psychiatrie ainsi que des usagers, des familles ont apporté leurs points de vue clinique et thérapeutique sur des sujets contemporains : le corps, la violence, les malades difficiles, les malades dange-reux, le secret, la migration et l'exil, la place de la parole en psychiatrie, le recours au sacré, l'homme et l'animal... Ces journées de rencontres institutionnelles ont été l'occasion d'élargir le champ de notre réflexion en y invitant sociologues, philosophes, historiens, chercheurs pour enrichir notre propos.
Cet essai fait autre chose avec la psychose que l'attendre en embuscade et la névrotiser de force. Autre chose avec la Chose-psy que la combattre pour la réduire, l'accommoder par un discours, lui passer la camisole. La pratique implique un détour : tout réinterroger et changer de référentiel. Peut-être aussi changer de mots. Comment se manient dans la rencontre ces images résiduelles, ces inquiétantes étrangetés, morceaux de réel effractants, ces repérages élémentaires qui surgissent et s'actualisent en désordre ? Comment manoeuvrer dans le transfert psychotique ? Comment la Chose-psy, dans sa radicalité, viendrait-elle à faire transfert, et tendre pour une écriture à venir ? En livrant ici les concepts opératoires de sa pratique, Daniel Bartoli témoigne de son engagement auprès des patients, et de la tâche quotidienne de construire avec eux un récit. Il s'oppose violemment à la ségrégation des " malades mentaux ". Cyrille Deloro