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La langue de Jean Rouaud. "C'est mon art, ces miroitements de la langue"
Narjoux Cécile ; Salvan Geneviève
EUD
18,00 €
Épuisé
EAN :9782364411548
Quelles sont les caractéristiques de l'écriture de Jean Rouaud ? Comment se construit "cette longue phrase comme un filet à la mer", ces phrases "dérivantes, attrapant tout sur leur passage", cette "phrase processionnaire du pèlerin" qui semble plus répondre à un "libre jeu des associations" qu'à un ordonnancement préétabli du monde par la syntaxe ? Comment s'échafaude cette "écriture buissonnière" qui échappe aux catégories traditionnelles et renoue par ailleurs avec une certaine souplesse classique ? A quelle filiation ou à quel renouvellement des formes cet "étrange désir de devenir écrivain", comme un "complot intérieur", a-t-il conduit Jean Rouaud ? En bref, comment caractériser cette écriture et son lien à la pensée et à l'histoire ? C'est l'objet de ce recueil : rassembler des contributions intéressées par l'art d'écrire de Jean Rouaud, à travers ses choix syntaxiques, lexicologiques, énonciatifs, narratologiques, stylistiques, mis en rapport avec son projet littéraire.
Non, la langue littéraire n'est pas morte ! " A partir d'un vaste corpus de récits d'écrivains modernes et contemporains, Cécile Narjoux s'est penchée sur l'actualité et la vivacité dans les fictions contemporaines de la notion de "langue littéraire", réputée morte ou disparue depuis Flaubert. L'examen, dans ces oeuvres, de quatre grands pôles langagiers - les temps verbaux, la phrase, le lexique et l'énonciation - révèle l'influence formelle des écritures du XXe siècle sur celles de notre nouveau siècle. Est donc renouvelé le réservoir formel de la langue littéraire, que l'on peut envisager comme inépuisable. Le récit de fiction contemporain donne ainsi à lire une double expérience du temps : expérience du temps dans la langue (la mémoire des formes passées) et expérience du temps par la langue (d'où procède la mise en fiction), et c'est à un voyage dans le temps littéraire, au travers de ses choix formels, qu'il convie le lecteur.
Cécile Narjoux propose ici une étude novatrice de toute l'œuvre romanesque d'Aragon, incluant les proses poétiques (Le Paysan de Paris), présémiologiques (Henri Matisse, roman) et quasi théoriques (Théâtre/roman). La " fabulation magico-romanesque " d'Aragon, selon l'expression de Breton, est ainsi envisagée comme une écriture essentiellement polyphonique, faisant dialoguer les mythes de l'Antiquité et ceux de l'imaginaire aragonien. Se dessinent par là même une intertextualité interne à l'œuvre et une autobiographie poétiquement masquée, dont la cohésion est assurée in fine par le motif architectural et mythique du labyrinthe, " grande ossature inconsciente ", qui fait, selon Proust, le style d'un écrivain et fonde sa littérarité. Naît ainsi une rhétorique spécifiquement aragonienne qui s'illustre dans le retour de figures de style privilégiées, telles l'antithèse, la métaphore, l'oxymore, l'hypallage et la métonymie : autant de tentatives stylistiques de concilier par l'écriture les contradictions internes à l'œuvre et à la psychologie de l'auteur et de ses personnages. Ceux-ci, pris dans le mouvement apparemment progressiste du Monde Réel, se retournent en fait sans cesse sur leur passé : c'est la " grande aventure négative " (Les Voyageurs de l'impériale) qui les met aux prises avec l'idée de Temps qu'incarnent et explicitent les quatre grands archétypes de la femme aragonienne auxquels se confrontent tour à tour les archétypes correspondants de l'homme aragonien. " Où cela commence, ou cela finit-il, moi ? " est-il dit dans Théâtre/Roman. Toute l'œuvre d'Aragon tente d'y répondre en mettant continuellement en scène les conflits du Moi et de l'Autre, de l'Autre et du Même, tension éminemment productive puisqu'elle aboutit à l'une des écritures les plus puissantes et originales du XXe siècle.
Cet ouvrage propose une étude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'?uvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Il présente également une biographie, une chronologie, des variantes, des témoignages, des extraits de presse, des éclaircissements historiques et contextuels, des commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
Docteur en philosophie et lettres, grammairien et professeur, Maurice Grevisse a consacré toute sa vie à la langue française et à l'observation de son évolution. Dans LE BON USAGE, comme dans ses autres ouvrages à visée pédagogique, il a toujours allié une grande rigueur d'analyse à la clarté d'un exposé nuancé. Maître de conférences à l'Université Paris-Sorbonne et spécialiste de littérature française contemporaine, Cécile Narjoux enseigne la grammaire et la stylistique. Elle s'intéresse plus particulièrement aux usages de la ponctuation et à la définition de la langue littéraire au XXIe siècle.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.