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O, l'oeuf
Namur Yves
LETTRE VOLEE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782873176051
Adaptation graphique des poèmes-morphogrammes fidèle au manuscrit original inédit d'Yves Namur, poète belge renommé et multiprimé, sur papier machine à écrire et marguerites de 1984. 0, l'oeuf, un livre composé autour des seules lettres du mot "oeuf" , chaque page se voulant un diptyque : dans la partie supérieure, un tableau ponctué de lettres et d'une ligne horizontale représentant un plan d'eau, et dans la partie inférieure, une partition ou les supports acoustiques dudit tableau. Comme l'écrit Francis Edeline, spécialiste des poésies visuelles et concrètes, qui en a analysé les dimensions formelles et rhétoriques, "ces morphogrammes sont au service d'un projet axiologique centré sur le symbolisme de l'oeuf. C'est la vie, c'est l'existence humaine, c'est le monde entier qui sont entraînés dans un perpétuel mouvement cyclique d'engendrement et de reconnaissance. Avec la complicité de notre système d'écriture". Yves Namur (1952) est l'auteur d'une quarantaine de recueils dont La Tristesse du figuier (Lettres vives, 2012) ou Dis-moi quelque chose (Arfuyen, 2021). Ses livres ont reçu de nombreux prix parmi lesquels celui de la Communauté française de Belgique, le Tristan Tzara, le Guillevic ou le Mallarmé. Il est le Secrétaire perpétuel de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Francis Edeline est poète, écrivain et traducteur mais aussi sémiologue apparenté au Groupe µ.
La nuit, certains quittent leur lit et l'on se dit simplement qu'ils sont somnambules et que cela passera peut-être avec le temps, que l'âge arrangera tout ça. D'autres se lèvent aussi, mais on ne sait pas trop vers où ils marchent et ils ne semblent jamais regagner leur lit. On se dit alors que ceux-là vont marcher jusqu'au bord du visible, jusqu'au bord inespéré du visible.
La rose Et le promeneur fatigué sont là Qui écoutent le merle Et les solitudes noires du pré. L'un et l'autre sont assis Au bord de l'herbe, au bord de la pensée, Tout au bord du vide. L'un et l'autre, Comme autant de cristaux et de cendres Qui se souviendraient encore de l'étoile jaune. L'un et l'autre regardent le monde Et cette douleur Cachée dans la bouche des hommes.
La démarche d'Yves Namur me rappelle cette leçon professée par Mallarmé selon Paul Claudel : devant toute chose se demander non pas ce que c'est mais "qu'est-ce que cela veut dire ?" D'où souvent dans la poésie d'Yves Namur, toute de tension et de retenue, cette hantise du manque, du vide, de l'absence. Sans négliger que c'est à partir de rien que le poète en fin de compte construit quelque chose. Leçon de Du Bellay, de Racine ("toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien"), de Haubert, de Mallarmé ("Rien" est le premier mot de ses Poésies : Rien, vierge vers"). Ce qui pour moi est aussi une marque d'excellence, et que cette belle anthologie affirme, c'est le refus de l'éclat, la sourdine en quelque sorte, le côté verlainien ou le refus des richesses trop apparentes. Mais l'importance accordée à la voix, à l'écho, au vibrato intime qui fait qu'une poésie comme celle d'Yves Namur ne ressemble qu'à elle-même..." Lionel Ray, Extrait du Don de l'ombre.
Résumé : Aujourd'hui j'ouvre des livres, Je referme les livres et j'interroge. Qu'est-ce que la légèreté, Qu'est-ce que l'air et le poids de l'air ? Quelles infimes particules composent la lumière Ou la pleine obscurité ? Quelles autres sont-elles dans le vide ? Combien de cercles entourent le temps, Les hommes ou la mort ? Quel sens donner à toutes ces choses Qui sont dans le monde ? Je m'interroge, Et parfois je me demande que faire, Si la pluie soudain venait à tomber dans le poème.
Rares sont ceux qui ont mis autant de soin qu'Henri Michaux à s'effacer de la vie publique, à disparaître du quotidien. Lui qui n'était que mouvement refusait qu'on puisse le voir réduit à une silhouette figée ; lui qui disait "Je peins et j'écris pour me trouver" s'insurgeait qu'on essaie de traquer son image, de la lui dérober, de l'exhiber ensuite. Très tôt, il s'est mis à l'écart et, refusant la preuve et la trace, il s'est estompé : "Quand vous me verrez, allez, ce n'est pas moi." Il s'est pourtant attaché à la reconquête de lui-même par les mots et par les traits, de sorte que, comme l'a dit Asger Jorn : "Autant il s'efface dans son entourage, autant il se déploie souverainement dans ses oeuvres." Cet ouvrage qui accompagne et prolonge l'exposition "Henri Michaux. Face à face", présentée à la Biblioteca Wittockiana à Bruxelles puis au centre Wallonie-Bruxelles de Paris, fait apparaître ce que disent les textes d'Henri Michaux sur la peinture, la sienne et celle des autres (de Klee à Zao Wou-Ki, de Matta à Magritte), et ce qu'ils disent face à la peinture (dans des livres illustrés qui sont de vrais livres de dialogues). Il montre aussi une série de portraits tracés rageusement ou tendrement, dans la saisie rapide ou la contemplation et qui sont peut-être un immense et fascinant autoportrait...