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LE MAL DU LOUP
NAKAJIMA ATSUSHI
ALLIA
9,20 €
Épuisé
EAN :9782844854452
Les bâtonnets, extraits du tiroir, n'ont pas l'air d'avoir trop souffert de l humidité. Il éteint la lampe, frotte une allumette. De minces traits de lumière durs et mats jaillissent dans le noir, des aiguilles de pin, des feuilles d'érable s épanouissent et disparaissent aussitôt. L'odeur de la poudre lui pique au nez; son esprit, après un instant d'inertie, s'émouvait de cette beauté délicate, hors saison. Une pauvre petite émotion, triste et toute recroquevillée sur elle-même."Comme presque tous les écrits de Nakajima, Le Mal du loup est une histoire de métamorphose. Le narrateur écoute caché derrière un verre de saké un collègue ridicule et repoussant; une libellule couleur de jade se pose près d eux et ce monsieur M. apparaît tout à coup, par la force d'une idée et d'une image cryptées dans son discours indistinct, comme l'égal de Montaigne. Dans ce livre vous rencontrerez aussi Mariang, la très grande Paluane qui parle japonais et anglais, étrangère à elle-même et qui crée l'étrangeté autour d'elle; Dongyon la prostituée coréenne qui crie dans les rues l'assassinat de son mari à Tokyo dans la répression qui suivit le tremblement de terre du Kantô en 1923; le policier Jo Gyoyong, Coréen qui observe avec la précision d'un peintre les dégâts de l'occupation japonaise et finit par se faire renvoyer. L'humanité des personnages, l'authenticité de la relation qui s'établit avec eux et les surprises, les détours des prises de conscience, des simples actes de courage qui s'ensuivent, donnent à tous ces récits une couleur et un rythme prenants, très singuliers.
Un monstre angoissé erre parmi les « petites boutiques d idées » que tiennent au fond des Sables Mouvants des sages prêchant le mépris de la vie, le cynisme et la peur, jusqu à ce qu il s embarque aux côtés du célèbre singe pèlerin Wukong... Un bretteur mal dégrossi tombe amoureux de Confucius de l homme plus que du maître à penser, dont l enseignement lui semble sur plus d un point discutable et c est à ce disciple parfaitement désintéressé que Confucius doit, après tant d échecs au service des puissants, la vision de ce que pourrait être une politique intègre. Puis ce sont les destins croisés du grand historien des Han, Sima Qian, et de deux généraux partis guerroyer contre les nomades Xiongnu: chacun paiera le plus lourd des tributs à leur maître, le terrible Wudi avide d immortalité, mais lui laisseront-ils le mot de la fin? Trois courts romans inspirés de classiques chinois. Nakajima Atsushi en a mené l écriture de front, quelques mois avant de mourir, à l âge de 33 ans, alors que le Japon venait de se lancer dans la guerre du Pacifique. L auteur de l Histoire du poète qui fut changé en tigre est ici au sommet de son art, malicieux, tragique et savant à la fois: infiniment confiant dans le pouvoir de la littérature.
Tusitala, le Raconteur d'histoires est le nom de guerre que l'on prêtait à Robert Louis Stevenson dans les îles Samoa. où il vécut aux derniers temps de sa vie. Engagé avec les Samoans contre les puissances coloniales, écrivant avec acharneraient, défrichant ses champs, rêvant dans la lumière des tropiques, l'auteur de L'île au Trésor s'était bâti Là-bas une existence à sa mesure. Nakajima Atsushi, un écrivain jeune pour toujours lui aussi, orchestre autour des dernières années de Stevenson un roman subtil en forme d'hymne à la vie. Alternant la narration et les pages d'un journal fictif, il se démarque de l'exercice biographique pour composer une fiction pure où se déploient sans limite le pouvoir et la paissance de l'imagination. Le talent de Nakajima, l'élégance joyeuse de son écriture et la limpidité de son style se conjuguent ici jusqu'à nous convaincre que l'on aurait affaire, avec La Mort de Tusitala. à un autre Stevenson.
Résumé : Kogure est une lycéenne qui adore les héros de shôjo, bien plus que les vrais garçons. Elle leur préfère ses "princes" virtuels. Mais les beaux garçons formant le duo Bad On, vont changer sa vie. Elle rencontre Hiiro et le coup de foudre est immédiat. Mais pour une première expérience, Kogure va devoir faire face à bien des difficultés et de nombreuses jalousies. Tel est le prix à payer !
Résumé : La vieille Taki rédige pour son neveu les souvenirs de ses années de service, avant guerre, dans la petite maison de style occidental de M Hirai, sous-directeur d'une entreprise de jouets florissante, à Tokyo. Taki se souvient avec ferveur de son quotidien dans le foyer de sa patronne Tokiko, de l'intimité qui se noue entre elles, pendant ce qui fut, pour Taki, un long moment de bonheur. Elle évoque l'amour platonique entre les époux Hirai puis les sentiments de Tokiko pour un jeune dessinateur de la fabrique de jouets, Itakura. L'atmosphère se tend, le commerce périclite tandis que les préparatifs de la guerre envahissent peu à peu le quotidien. Les amants auront-ils le temps de s'aimer ? Après la mort de Taki, son neveu découvre le cahier de sa tante et des dessins d'une maison au toit rouge qui ont fait le succès d'un artiste connu après la guerre, un certain Itakura... Taki n'a pas tout dit et l'on sent dans son récit la douleur qu'elle porte encore. Kyoko Nakajima nous immerge dans une époque où s'épanouit une culture très vivante, mi-occidentale mi-japonaise, interrompue brutalement par la montée en puissance de l'armée puis par la guerre. La pudeur de l'écriture des sentiments, l'élégance de ce récit tout en finesse, très fortement attaché à la vie quotidienne et marqué par la nostalgie, un épilogue inattendu, en font un roman très émouvant.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
Si les Européens veulent avoir un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une république européenne. Ils se donneraient par là le moyen de prendre en main leur destin commun." Jean François Billeter.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.
La Chine est de plus en plus présente dans le monde, mais elle en est en même temps comme absente. Nous n'entendons pas sa voix. Jean François Billeter