
Hymne
Epilogue de Sur les ailes du soleil, Hymne en diffère autant par sa tonalité que par sa construction. Les sept vieilles femmes, réduites au nombre de trois, ne refont leur apparition que tardivement, à la façon d'un mirage destiné à taquiner la mémoire endolorie du personnage qui occupe ici le premier plan : Tsuyoshi, devenu un gigolo sous le nom d'Yves. La relation du périple en camion jalonné par la visite des hauts lieux du shintoïsme, menée à la manière d'un road-movie, fait place à une description ramenée pour l'essentiel à l'inventaire et l'agencement des sexualités que traverse, en vase clos, l'ex-Tsuyoshi dans l'anonymat d'un quartier de Tokyo. Le quartier de Shinjuku, notamment son secteur des commerces du sexe et celui des boîtes homosexuelles, sert de toile de fond au roman qui ne peut cependant être tenu pour un simple portrait des moeurs de la capitale à la fin des années quatre-vingt. Ces espaces urbains ne sont désignés dans le texte que par les termes neutres de Centre ou de Quartier et jamais nommés pour en accentuer le caractère anonyme, et aussi permettre de les évoquer comme autant d'avatars dérisoires des " Ruelles ", le théâtre des premiers romans de l'auteur. Les personnages qui gravitent autour d'Yves, tout comme lui, ne sont porteurs que de sobriquets plus ou moins bouffons tirés de leur origine ou de leur profession marginale. Ses clients, pour la plupart, ne sont distingués que par leur sexe sous les expressions de " porc blanc " et " porc noir ", dont l'insistance fait sourdement écho à la prédominance que se disputent dans ce récit homosexualité et hétérosexualité. Toutes ces figures sont, cependant, contrairement à l'androïde emmuré dans son corps, changeantes et versatiles à l'extrême, notamment Chonko, sa maîtresse et entremetteuse, et ont pour trait commun de jouir d'une très forte acuité à percevoir les désarrois de l'androïde Yves, tantôt cherchant à le conforter dans ses rengaines narcissiques, tantôt l'enjoignant à mimer une communication factice. Quant aux objets perdus de son passé _ les trois vieilles fantomatiques, le phallique camion, la tendresse sauvage de Chonko _ aussitôt regagnés, ils sont condamnés à s'évanouir à leur tour, tels des résidus fallacieux de la mémoire. Jacques Lévy Kenji Nakagami est né en 1946 à Shingû, dans la région côtière de Kumano. Ses études secondaires achevées, il monte à Tokyo où il exerce divers métiers manuels qui lui permettent de satisfaire sa passion du jazz et de l'écriture. En 1973, il publie ses premières nouvelles ; en 1975, le Cap lui vaut le fameux prix Akutagawa suivi d'autres, notamment pour la Mer aux arbres morts (1977). Centrée sur son quartier ghetto et sa ville natale, son oeuvre foisonnante et forte s'élargira peu à peu au pays et à l'Asie, et à leurs diverses ethnies. Kenji Nakagami est mort d'un cancer en 1992, laissant plusieurs oeuvres inédites.
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|---|---|
| Titre | Hymne |
| Auteur | Nakagami Kenji |
| Editeur | FAYARD |
| Largeur | 0 |
| Poids | 676 |
| Date de parution | 19950830 |
| Nombre de pages | 448,00 € |
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