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Mémoire de terres
Nabert Nathalie
AD SOLEM
20,10 €
Épuisé
EAN :9782372981262
Nous venons des terres aurifères, pétris d'arguments, brûlés de soleil. Nous venons de la grande terre des conquérants assoupis, qui n'ont rien perdu de leur morgue, dans le faste des ruines. Et nous emportons le chant des bardes et les épopées des chefferies qui parcouraient la terre à dos de cheval, couvertes de givre et de lichens, comme bois de rennes à l'automne. Nous venons de la longue nuit du monde, dans la nudité du silence parfaire nos rêves d'infini et de conquête. Terres devant nous, hautes terres magellaniques des découvreurs de caps et d'embruns ! Nous venons à la mer dans l'éblouissement d'une rencontre, le vol d'un pétrel, l'écume d'une vague, le destin amuré à l'horizon. Nous venons avec nos mains d'hommes recevoir le sacre du vent et de l'eau, veilleurs de longue haleine à l'histoire effeuillée. Et nous inventerons les portants qui nous mèneront aux rivages inconnus traversés d'oiseaux et d'énigmes, coureurs de vents, cartographiant les terres inconnues dans le sillon du jour. C'était de grandes méharées et de grands vaisseaux chargés d'hommes et de rêves.
Résumé : Murmurée depuis des siècles dans le secret du silence et de la cellule, la prière des chartreux est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes, à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
Biographie de l'auteur Nathalie Nabert, doyen émérite de la Faculté des lettres de l'Institut catholique de Paris, est l'auteur de plusieurs livres aux éditions Ad Solem, dont Liturgie intérieure (Prix des écrivains croyants 2005).
Le temps de Noël, mêlé d'espérance et de poésie, a inspiré de nombreux auteurs : voici les plus beaux textes sur Noël, écrits par des écrivains incontournables de l'Eglise (Bernard de Clairvaux, saint Augustin, Thérèse d'Avila, Soeur Emmanuelle...) mais aussi par de grands poètes comme Corneille, Claudel, Marie Noël, Verlaine ou Théophile Gautier.
Après Carnets nomades, Nathalie Nabert poursuit son évocation poétique de cette mémoire d'éternité conservée dans les terres et langues de l'humanité. Dans Aethiopia, c'est la mémoire d'une des plus anciennes terres du ciel que recueillent ces carnets éthiopiens. Comme le calame des pisteurs, la langue de Nathalie Nabert retrouve la voix des origines.
La manière dont on conçoit l'éducation varie du tout au tout selon que l'on défend la possibilité de l'erreur et de la vérité du jugement moral, et l'universalité de la raison pratique - ce que C. S. Lewis désigne par le terme de voie, ou "Tao", dans ce livre de 1943. Pour ceux qui sont à l'intérieur de la voie, l'éducation consiste à favoriser la naissance de ces réactions au monde qui sont justes en elles-mêmes, indépendamment du fait qu'on les éprouve ou non - ces réactions dont la possibilité définit l'humanité même. Ceux qui sont étrangers au Tao doivent par contre, s'ils sont logiques, regarder tous les sentiments comme également irrationnels, comme des sortes de buées qui nous cachent la réalité. Ce n'est pas que ce soient des hommes mauvais : ce ne sont plus des hommes du tout. En sortant du Tao, ils sont entrés dans le vide. Quant à ceux qu'ils dominent, ils ne sont pas forcément malheureux ; ce ne sont pas des hommes non plus : ce sont des produits fabriqués. La victoire finale de l'homme ce n'est pas un affranchissement de I'"ordre naturel" ; c'est au contraire un retour à la nature, mais qui s'affranchit de toute médiation culturelle. Aujourd'hui, cette libération s'appelle "écologisme" et "transhumanisme n. Ce sont les autres noms de l'abolition de l'homme.
Résumé : Ces Fragments réunissent thématiquement une collection de propos échangés entre Dom Jean-Baptiste Porion (1899-1987) et un autre moine chartreux, notamment sur le taoïsme, la mystique d'Hadewjich d'Anvers et des Rhéno-flamands, ou les réformes de Vatican II, recueillis sans ordre explicite au fil des ans et des dispositions intérieures. Ceux qui liront ce livre ne seront pas nécessairement chartreux, ni religieux ni même, peut-être, prédisposés au silence contemplatif ou à la prière. Ils y découvriront la hauteur d'une pensée qui ne s'est pas détournée des plus hautes sagesses : issues du temple de Delphes, des écrits taoïstes de Lao Tseu ou de Tchouang Tseu, de la mystique nuptiale des béguines ou de celle de l'Essence des Rhéno-Flamand. Cette sagesse, une et multiple à la fois, a trouvé sa croissance et son équilibre sur le fin fil de l'Absolu où l'amour de Dieu livre son éclat dans une déprise patiente et tranquille de soi : "Celui qui dit je vois, ne dit plus je veux" . C'est l'essence même de la vocation cartusienne qui est exposée ici à travers le cristal d'une intelligence exceptionnelle, douée d'un rare pouvoir d'analyse et de synthèse, érudite et passionnée et pour qui le chemin de soi à Dieu n'emprunte aucune courbe, attachée à la seule voie droite de l'oubli du monde, le regard plongé dans l'infini. Maximilien Porion est né à Wardrecques (Pas-de-Calais) le 21 mars 1899. Il fit profession à La Valsainte le 1er novembre 1925 et devint procureur général des Chartreux à Rome en 1946. Il retourna à La Valsainte en 1981, où il mourut le 4 aout 1987. Il est l'auteur notamment de Amour et Silence. Edition établie et présentée par Nathalie Nabert
De 1938 (quelques mois avant son départ en Inde) à 1957 (quelques jours avant sa mort), les lettres de l'Abbé Monchanin rassemblées ici et destinées à celles qu'il appelait ses "dirigées" , permettent de découvrir la personnalité et la spiritualité de celui que le Père de Lubac qualifiait de "prêtre génial" . Ce livre révèle les vies cachées de femmes venues d'horizons religieux et culturels divers. Missionnaires partant aux périphéries préfigurer la vocation de leurs peuples, ces femmes demeuraient au coeur de l'Eglise. "Le lien entre amis devrait être la conspiration des vocations" écrivait le P. Monchanin. Les vocations singulières de ses filles spirituelles étaient exactement les vocations chrétiennes de chacun de leur peuple - leur "lieu irremplaçable dans le Corps mystique" . Ainsi, la communion qui les unissait par delà les mers et que soutenaient les échanges épistoliers et la prière, préfigurait le Plérôme du Christ, signe lui-même de la circumincession du Père, du Fils et du Saint-Esprit, source et consommation de toute communion humaine et ecclésiale. A travers l'amitié, c'est d'une expérience de la vie trinitaire dont parlent toutes ces pages. Chacun se découvre un don fait à l'autre dans le mystère de l'Eglise et le mystère de la Trinité. De l'amitié à la Trinité : c'est ainsi écrit le P. Monchanin que "nous avons à vivre en circumincession avec tous nos frères. Et ce sera la gloire intarissable, lorsque nous sentirons que nous sommes tous intérieurs les uns aux autres" . L'abbé Jules Monchanin (1895-1957) a été prêtre (à Lyon) et ermite en Inde. C'est un acteur important d'un dialogue oecuménique et interreligieux fondé sur l'idée du "plérôme du Christ" . Ami très proche du P. Henri de Lubac, attentif à la culture - il fréquente notamment Picasso, Cocteau, Max Jacob à Paris -, c'est aussi un mystique, dont la pensée trinitaire s'accompagne d'intuitions fulgurantes dont on commence à mesurer aujourd'hui la richesse.