Le pouvoir, dans sa définition morale et son exercice politique, est le thème commun aux deux pièces d'Iris Murdoch. Dans Les trois flèches, à la cour impériale d'un Japon médiéval, le pouvoir de droit de la famille régnante s'oppose au pouvoir de fait et au pouvoir potentiel de factions partisanes, représentées par deux guerriers, dont l'un est au faîte de la puissance politique, tandis que l'autre est incarcéré dans le palais. C'est sur ce dernier, héros national dont la gloire dérange le jeu conventionnel des intrigues, que se concentre l'intérêt dramatique, car c'est à lui que sont offertes, pour tromper ses ambitions, les tentations de la mystique religieuse, puis de l'amour virginal, c'est-à-dire la séduction de l'impossible renoncement. Dans Les serviteurs et la neige, libéralisme de progrès et autocratie absolue s'affrontent dans un pays de l'ailleurs et de notre temps, où un fils, héritier malgré lui, succombe à la tyrannie des traditions immémoriales que ses serviteurs l'obligent à respecter. L'obstination d'un vouloir stérile triomphe des incertitudes de la bonne volonté quand les sortilèges de l'amour prennent l'apparence du bien public. Les hommes au pouvoir souverain se découvrent d'autant moins maîtres d'eux-mêmes, de leurs motivations et de leurs actes, qu'ils doivent aussi faire face au pouvoir rival de la passion et à toute la puissance de la mort.
Résumé : Un presbytère à Londres. Carel Fisher, le pasteur y vit comme un reclus, n'ouvre pas le courrier, inspire une inquiétude grandissante. IL enferme chacun dans le réseau de ses peurs : Pattie, la domestique noire qui l'aime et qui est dépositaire de mille secrets : Muriel, sa fille, qui croit le haïr ; Elisabeth sa nièce ou prétendue telle, atteinte d'une maladie énigmatique. Dans l'antichambre du mystère évoluent le concierge. Eugène Peshkov, la bonté même, et son " mauvais fils " Léo. Du dehors, Marcus, le frère du pasteur, et Anthéa Barlow tentent d'entrer au presbytère, c'est-à-dire le savoir. En vain d'abord. Puis ils sauront. Et chaque personnage saura aussi la vérité, mais seulement quand il aura démêlé l'inextricable enchevêtrement de ses liens avec Carel. Fisher, quant à lui, est-ce le diable en personne ? Ou a-t-il, lui aussi sa part d'angélisme ?
Dès la première page nous connaissons le coupable de cette intrigue policière. Quel crime a-t-il commis ? Pourquoi s'inflige-t-il la pénitence de son mode de vie minutieusement programmé ? Hilary Burde se dit "enfant du verbe" parce que son talent pour l'étude des langues l'a sorti de la misère où il était né, sans lui assurer pour autant la brillante carrière à laquelle il se croyait promis. C'est un fonctionnaire entre deux âges, partagé entre de fastidieux travaux dans les bureaux d'une administration londonienne, une soeur plutôt débile à laquelle il voue un attachement jaloux et une maîtresse un peu encombrante. Son passé resurgit sous les traits d'une messagère énigmatique, gracieuse petite Indienne qui passe du duffel-coat de l'agent de liaision au sari de la confidente. Hilary fut l'amant de la première femme de son maître Gunnar et cause de la mort de celle-ci. Et nous allons voir ce scénario se reproduire. Hilary cause la mort de la seconde femme de son ami. Cette comédie psychologique qui fait penser à L'éternel mari, transposé dans le registre coutumier d'Iris Murdoch, se lit comme un roman policier.
Henry et Caton conte l'histoire de deux fils prodigues. Dénommé tour à tour le voluptueux, le réservé, l'aliéné, l'exclu, Henry revient d'un exil volontaire en Amérique, vers l'héritage imprévu d'une fortune et de sa maison natale, l'un de ces merveilleux châteaux qui, inscrits dans leurs parcs aux arbres magnifiques, aux eaux courantes ou dormantes, marquent le paysage anglais de leur sceau culturel. Pourtant, frère "puîné", il a haï son enfance : toujours moqué par son père et par son frère, il n'a pas trouvé auprès de sa mère Gerda l'amour dont son tempérament passionné avait besoin. Caton, son ami d'enfance, a fui dans la prêtrise, au sens missionnaire, le "confort" d'un destin tout tracé sur la voie de son père, universitaire et humaniste. Caton se débat entre deux passions ambiguës, l'une pour Dieu, qu'il existe ou non, l'autre pour un jeune délinquant, Joe-la-Beauté, qui pourra peut-être trouver grâce à lui le salut. Le père et la soeur de Caton, la jolie Colette, attendent impatiemment d'accueillir le retour à la maison - et à la Raison - de Caton, après ses douteuses escapades. Au château, Henry affronte Gerda, inconsolable de la mort brutale de son fils adoré. Il retrouve les frustrations de son enfance et, pour s'en délivrer, veut faire le salut de Stéphanie, jeune prostituée rencontrée à Londres qu'il veut emmener en Amérique après avoir vendu son domaine. Cependant Joe-la-Beauté a capturé Caton et exige une rançon. Il tente de violer Colette qui lui porte l'argent et Caton le tue. Le roman finit bien, par le mariage de Henry et de Colette qui habiteront la belle demeure. Seul Caton reste traumatisé par le meurtre qu'il a commis.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.