Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Albert Camus : la révolte contre la révolution ?
Münster Arno
L'HARMATTAN
13,50 €
Épuisé
EAN :9782343022581
Fruit d'une lecture à la fois critique et sympathique de L'Homme révolté (1951), cet ouvrage, consacré à l'un des essais les plus célèbres mais aussi les plus controversés de Camus, s'efforce de cerner l'un des motifs centraux de sa pensée : la révolte. La révolte est-elle un acte de résistance individuelle, opposé au collectif, voire à la société tout entière, ou peut-elle et doit-elle, sous certaines conditions, déborder du "Je suis" vers le "Nous sommes" ? En quoi est-elle distincte de la révolution ? N'est-elle pas antagonique à la révolution, vu que les révolutions, nées de la synergie des révoltes respectives, ont en général tendance à étouffer la révolte, une fois arrivées au pouvoir ? La révolte ne tire-t-elle pas sa force morale avant tout du fait qu'elle "assigne à l'oppression une limite en deçà de laquelle commence la dignité commune à tous les hommes, en définissant une "première valeur"" (Camus) ? Le révolté fait-il le procès de la "liberté totale" (Sartre) ? Tels sont les questionnements que l'auteur de cet essai s'efforce de tirer au clair, en saluant Camus, pour son 100e anniversaire, en tant que prophète d'une insurrection morale contre la servitude et l'oppression défiant toutes les formes de pouvoir tyrannique et totalitaire.
En s'opposant rigoureusement aux nationalistes et aux souverainistes de tout bord, Jürgen Habermas, disciple d'Adorno et fondateur de la "seconde génération" de l'Ecole de Francfort, a pendant les dernières décennies et surtout depuis le Traité de Maastricht, enrichi les débats de la philosophie politique contemporaine par un grand nombre de contributions et de réflexions sur l'Europe et l'idée européenne qui sont l'objet de la première partie de cet ouvrage. Dans ces écrits, il esquisse non seulement l'utopie concrète d'une Europe d'Etats post-nationaux, reliés entre eux par une Constitution européenne garantissant les libertés, la justice et l'Etat de droit, mais il plaide aussi en même temps pour une "conscience européenne" ayant la vocation de substituer les traditionnelles convictions et consciences identitaires des nations. Il s'agit de substituer progressivement, l'Etat-nation traditionnel républicain, devenu de plus en plus "obsolète", par une Union européenne devenue une union d'Etats "post-nationaux". Simultanément, Habermas se fait aussi l'avocat d'un renouveau de la démocratie, de plus en plus menacée par les populismes et les régressions anti-démocratiques constatées dans les pays néo-libéraux à représentation parlementaire indirecte, qui ne peut se faire que par la participation directe des citoyens à la gestion des affaires de la cité. Dans la seconde partie de l'ouvrage, l'auteur analyse en profondeur, en les résumant, les travaux et recherches récents consacrés par Habermas, ce penseur rationaliste et cosmopolite très inspiré par Emmanuel Kant, à la pensée post-métaphysique, à la philosophie de la religion et aux effets produits, dans l'histoire de l'Occident, par la tension permanente entre foi et savoir.
L'auteur de cette Esquisse d'une autobiographie politique s'est proposé de reconstruire l'itinéraire d'un intellectuel critique, lucide et "rebelle", celui d'un enfant de guerre, né en Silésie, en 1942, et jeté dans un monde brutal et inhumain, celui de l'Allemagne de l'après-guerre. Il décrit le drame d'une enfance malheureuse, encore ombragée par le nazisme, dans un milieu caractérisé par le refoulement collectif des crimes nazis, par l'anticommunisme et par la restauration, sur les ruines du IIIe Reich, en Allemagne de l'Ouest, d'une société bourgeoise parlementaire "démocratique", ayant conservé les mentalités autoritaires du passé. Il raconte aussi comment cette rupture affective et politique avec la société allemande fera de lui assez tôt un homme "révolté", politiquement engagé pour la vraie démocratie et le progrès social et pour une société égalitaire et fraternelle, sans maître et esclave et sans domination de l'homme sur l'homme. Arrivé à Paris, en septembre 1967, il se jettera "corps et âme" dans la révolte de Mai 68, vécue par lui-même comme "le plus grand mouvement anti-autoritaire d'émancipation du XXe siècle". C'est ce même intérêt pour les mouvements politiques d'émancipation qui le conduira aussi au Chili, à l'époque de "L'Unité populaire" de Salvador Allende (1970-1973), et au Portugal, pendant la révolution des "oeillets" (1974-1975), où il sera le témoin d'une révolution démocratique antifasciste dont il analysera les raisons et les contradictions dans un de ses livres. L'émancipation sera aussi le leitmotiv de sa propre philosophie sociale critique très orientée vers l'écosocialisme, vers un marxisme "ouvert" non dogmatique et un cosmopolitisme citoyen rejetant le racisme, l'antisémitisme, le souverainisme et le nationalisme, sous ses diverses variantes, et dont le mot d'ordre inspiré d'Ernst Bloch est : osons l'utopie de la construction d'un monde meilleur !
Composé de plusieurs conférences récentes, cet ouvrage s'efforce de jeter un pont de l'utopie concrète, comprise comme projection des désirs et des rêves de l'avènement d'un monde meilleur dans le champ de réalisation du possible, vers l'utopie écologiste prônant la transformation du rapport de l'homme à la nature et à l'environnement. L'écosocialisme est défini comme refondation du socialisme, à l'entrecroisement d'un marxisme-socialisme rénové, avec le paradigme écologique.
Le changement climatique et ses conséquences dramatiques pour des millions d'habitants de notre globe peut-il, éventuellement, ouvrir la voie à une transformation sociale radicale susceptible de faire advenir un monde non seulement habitable mais meilleur et plus juste ? Annonce-t-il peut-être déjà un véritable changement de civilisation signifiant la fin du productivisme, de l'extravisme, de la croissance, du consumérisme et du mode de vie actuel ? La fin du capitalisme a-t-elle déjà commencé (Andre Gorz) ? L'alternative est-elle " changer maintenant ou disparaître " (Naomi Klein) ? Le Pape François a-t-il raison de lancer, dans sa Lettre encyclique Laudato si', en prenant conscience du défi environnemental que nous vivons, son appel à tous " à prendre soin et de la maison commune et de chacun de ceux qui l'habitent ", pour construire une alternative plus juste et plus vivable, à savoir "un monde de bonheur et de cohabitation non consumériste" ? Avec sa défense du "bien commun", de la justice, des pauvres du Tiers Monde et d'un système normatif assurant la protection de l'écosphère, le Pape est-il devenu "éco-socialiste" ? Les projets utopiques peuvent-ils, éventuellement, renaître ? La raison ne nous invite-t-elle pas plutôt à repenser et à défendre, dans le contexte actuel de la crise écologique et de la montée dangereuse de l'extrême-droite nationaliste et populiste, une République laïque et "fraternelle", à savoir une République sociale, démocratique, écologique, conviviale et européenne ?
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.