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BOHEME ET REVOLUTION - JOURNAUX INTIMES (1910-1924)
MUHSAM ERICH
SANDRE
26,00 €
Épuisé
EAN :9782358210683
Né le 6 avril 1878 à Berlin, pendu le 10 juillet 1934 par des SS au camp de concentration d'Oranienburg, le poète anarchiste Erich Mühsam a défendu sa vie durant le principe d'une société libérée des deux fardeaux pesant sur les épaules de l'humanité : l'État et le capital. Opposant lucide et irréductible à toute forme de nationalisme, il fut, au même titre que G Landauer ou encore B Traven, l'un des acteurs majeurs de la révolution bavaroise des conseils (1919), une révolution balayée par la social-démocratie allemande. Véritables "confessions d'un anarchiste", ces journaux intimes constituent un témoignage irremplaçable sur la vie de la bohème avant 1914 - Mühsam fut une figure du Schwabing, le Montmartre bavarois où il côtoyait le cabaretier Roda Roda et Franz Wedekind, la grande voix théâtrale de l'expressionnisme allemand -, et sur les conditions d'existence des révolutionnaires emprisonnés durant les premières années de la république de Weimar - il fut libéré en décembre 1924, à l'occasion d'une amnistie destinée à sortir Adolf Hitler de prison où il séjournait depuis son putsch raté de 1923.
Au bord du lac Majeur, dans le Tessin suisse, à Ascona, un lieu Monte Verità ; y vivaient des personnes aisées et anticonformistes du début du siècle dernier. En fait, Monte Verità était devenu un sanatorium d'un type nouveau. Une idée planait au-dessus d'Ascona, l'anarchisme communautaire. Bakounine, malade, avait quitté Locarno pour Lugano, avant de mourir à Berne, le 3 juillet 1876, chez son ami et docteur Adolphe Vogt. James Guillaume de la fédération jurassienne avait balisé dans Idées le communisme anti-autoritaire. Dans les années 1904-1905, Monte Verità voit arriver Raphael Friedeberg, puis d'autres anarchistes comme Fritz Brupbacher, Gustav Landauer, Max Nettlau, Erich Mühsam évidemment, le psychanalyste Otto Gross et bien d'autres... Par sa plume alerte et critique Erich Mühsam raconte un bout de l'histoire d'Ascona et le petit monde qui y vit... Erich Mühsam projetait d'établir à Monte Verità un lieu où pourraient se réfugier les proscrits et les révolutionnaires fuyant la répression... La guerre de 1914-1918, la révolution en Allemagne en 1919, la prison, la montée du nazisme, sa mort en 1934 laissèrent ce projet inachevé. Les traductrices Elke Albrecht et Suzanne Faisan ont ajouté d'autres textes et comme le souligne dans sa présentation Roland Lewin, nous font découvrir les multiples talents d'Erich Mühsam, poète, journaliste et écrivain anarchiste.
Zenzl Mühsam écrit des lettres à son mari, Erich, enfermé en forteresse après l'épisode de la République des Conseils. La répression a été féroce. Zenzl lui écrit des lettres sur les choses de la vie, elle décrit avec beaucoup de finesse l'atmosphère politique de l'Allemagne des années 1920. Elle écrit aussi des lettres aux amis de toujours qui la soutiennent, les Rocker, Emma Goldman et d'autres. Mühsam est libéré le 21 décembre 1924. Suivent neuf années de liberté. A la suite de l'incendie du Reichstag, Erich Mühsam est arrêté la nuit même : prison, tortures puis le calvaire de camp en camp. Zenzl organise une riposte collective des femmes de prisonniers, en vain. Erich est assassiné le 10 juillet 1934 au camp d'Oranienburg, elle voit sa dépouille et fuit en Tchécoslovaquie. Avec des amis elle sauve les oeuvres de Mühsam. Déchue de la nationalité allemande, elle est invitée en URSS en 1935 où croit-elle, elle pourra publier les oeuvres d'Erich. 1936, première arrestation et protestations internationales. 1938, 1946, 1949 arrestations et relégations ... Elle revient enfin en RDA en 1955. Cette femme face aux persécutions a la stature d'une tragédienne grecque, droite, courageuse, elle ne pliera jamais ayant comme unique but de sa vie la publication des oeuvres d'Erich Mühsam. Traduit de l'allemand par Suzanne Faisan & Elke Albrecht
Mühsam Erich ; Zweifel Théodore ; Gallissaires Pie
II y a 80 ans, en 1919, le peuple allemand épouvanté par les désastres de la guerre de 14-18, écrasé d'impôts, affamé, opta pour la voie révolutionnaire suivant en cela l'exemple russe, à l'inverse, la France préféra élire la Chambre bleue. Dans nombre de villes allemandes il y aura des conseils ouvriers et de soldats ou une commune comme à Berlin. Le peuple lassé par l'union sacrée (gouvernement impérial plus les socialistes) et après la déroute du militarisme inventa une nouvelle forme de gouvernement : les conseils. La société sera démocratique " horizontale " et directe plutôt que parlementaire et de délégation. Evidemment l'issue sera tragique : l'alliance des forces armées aux ordres des sociaux-démocrates (les aurochs) tue et jette en prison un grand nombre d'anarchistes, de spartakistes, de communistes et de socialistes... Mühsam, en prison écrit ce texte précis sur le déroulement politique de cette révolution unique : la République des Conseils de Bavière. Vers une société libérée de l'Etat, interdit par le gouvernement allemand en 1932 sera l'un des derniers textes de Mühsam. Il réfléchit aux principes d'une société idéale anarchiste communiste, et émet des thèses pour se libérer de l'Etat bourgeois, du socialisme social-démocrate ou du communisme bureaucratique. Mühsam est l'archétype du militant anarchiste allemand. Journaliste et écrivain, il assure pratiquement seul la revue Kain, dénonce très tôt le militarisme, participe à la grève de janvier 1918, puis au Conseil de Bavière, condamné à quinze ans de forteresse, amnistié en 1924, membre actif du Secours Rouge, publie de 1926 à 1931 Fanal, organe de l'Anarchistische Vereinigung. Ami de Landauer mais aussi de Rudolf Rocker et de Nettlau, il fut un des dénonciateurs les plus virulents du nazisme. II sera arrêté dans la nuit de l'incendie du Reichstag...
Cet ouvrage n'entend pas fonder une improbable macropolitique deleuzo-guattarienne mais souhaite plutôt explorer la présence d'une dimension micropolitique affirmative chez ces deux penseurs. Les chercheurs français et étrangers, dont les contributions sont ici réunies, abordent ainsi la dimension politique des arts, du cinéma et de la littérature en visant à souligner des formes de résistance au présent à l'heure où le globalitarisme économique et technologique induit un inévitable appauvrissement de la subjectivité individuelle et collective : " Nous ne manquons pas de communication, au contraire nous en avons trop, nous manquons de création ". Un enjeu éthico-politique de taille, retentissant autant chez Gilles Deleuze que chez Félix Guattari, consiste par conséquent à analyser les transformations de la subjectivité et de l'être-ensemble dans le cadre des mutations en cours, et à rendre compte des dynamiques de subversion nomadisantes, autant dans leur forme politique qu'esthétique, que les nouveaux régimes de domination viennent paradoxalement et indirectement produire.
Depuis le début des années 1960, l'oeuvre protéiforme de Michael Lowy constitue un ensemble considérable, multiple et pourtant unitaire. Elle se fait tour à tour philosophique, sociologique et historienne, n'hésitant pas à transgresser les frontières disciplinaires. ?uvre singulière, à l'image de son auteur érudit et polyglotte, brésilien et français, issu de la culture juive d'Europe centrale, marxiste hétérodoxe et surréaliste. Michael Lowy aura étudié de façon approfondie la culture juive d'Europe centrale, les révolutions européennes, les utopies latino-américaines, les écrits politiques de Che Guevara, le romantisme, le surréalisme, le marxisme libertaire, la sociologie de Max Weber, le christianisme de la Libération, l'oeuvre de Franz Kafka... C'est aussi un parcours " transfrontalier " qui traverse le Brésil, l'Amérique hispanophone, l'Europe centrale, la France, Haïti. Oeuvre voyageuse, fruit d'une infatigable curiosité, elle est travaillée par les concepts d'utopie et de messianisme, à la fois objets de pensée et ferments de transformation sociale. En sorte que cette oeuvre, si peu académique mais toujours rigoureuse, témoigne aussi d'un engagement militant.
Pomerand Gabriel ; Baratier Jacques ; Dussert Eric
Résumé : Ecrit en 1949, publié l'année suivante, ce "grimoire" nous vie à la traversée d'un quartier incorruptible au sein d'un monde qui s'écroule : celui de Saint-Germain-des-Prés. C'est sous des oripeaux poético-sociologiques que se révèle ce ghetto halluciné et déroutant, "bague au doigt de Paris". En une vision quasi mythologique, Pomerand en restitue les beuglants, les voyous, les ivrognes, l'église "l'unique sauvage du quartier" , les putains intellectuelles, le jazz et les "pouètes" (on y croise notamment Cocteau, Vian ou encore Sartre). En regard de ce long poème ardent qui préfigure les expérimentations de la beat generation, "L'Archange" Pomerand donne quarante-sept planches métagraphiées : manières de rébus faisant chanter les signes, elles viennent habiller le texte et lui insuffler une symbolique nouvelle, donnant à cette oeuvre majeure le ton d'"un cran d'arrêt dans le verbiage".