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Le second voyage ou Le déjà-vu
Moureau François
KLINCKSIECK
32,50 €
Épuisé
EAN :9782252030547
Le voyage procure la cuisante et singulire rvlation qu'il existe un lieu o je ne suis habituellement pas et qui semble nanmoins se satisfaire de cette vacuit existentielle. Le second voyage va mettre en perspective une pareille faille ontologique entre un avant qui n'est plus et un prsent qui en rappelle l'empreinte sur le mode mineur et dcolor de l'cart. De nouveau Londres ou Rome, aprs le long exil de la vie, Chateaubriand y coute le silence dans des lieux qu'il connut pauvre migr ou amant heureux et qui lui parlent maintenant de la potique des morts . Custine dcouvre une Suisse qui s'ouvre la modernit, c'est--dire au dclin ; et Loti, de retour Constantinople en 1890, y pressent l'acte de dcs de l'Empire ottoman et une autre forme de modernit qui va rendre de trs vieilles humanits incomprhensibles pour nous et presque fabuleuses . Seuls les historiens issus de la Congrgation de Saint-Maur dont parle ici Daniel-Odon Hurel semblent chapper cette maldiction du retour : morts au monde par ncessit d'tat, ils vivent dans une glise ternelle dont les couvents qu'ils visitent pour la mmoire de la foi et la sanctification des lus sont les reliquaires en dehors du temps. On ne voyage donc jamais impunment. Et le voyageur immobile qu'est l'crivain-voyageur sa table apparat sans doute comme le plus paradoxal des artistes. Il doit se cacher au monde pour le reproduire, fermer les yeux pour voir, revenir sur ses pas pour ouvrir le chemin, regretter pour possder, crire pour voyager.
Ce volume propose les Actes d'un colloque tenu Dijon du 25 au 27 mai 1988 dans la patrie du pote Estienne Tabourot des Accords. Plusieurs pays taient reprsents, outre la France : la Belgique, les tats-Unis, Isral et la Yougoslavie, ce qui prouve la vigueur des tudes tabourotiques . Les douze contributions au colloque ont t compltes par des repres bio-bibliographiques et un index. Un tombeau de la littrature provinciale tente de situer Tabourot dans le mouvement de centralisation contrarie vers la capitale. Il s'agit, aprs l'dition des Bigarrures par Francis Goyet, de la seule tude synthtique, concernant cet crivain, homme du seizime sicle, rabelaisant, bourguignon et fantastique metteur en mot ou en rbus, mais aussi esprit d'une modernit toujours vivante, comme en tmoigne la prsence de l'OULIPO ces journes. L'ouvrage, qui traite encore de l'environnement culturel de Tabourot et de sa famille, est richement illustr.
Résumé : Tentative sans précédent ni imitation, ce Dictionnaire des lettres françaises brosse en plus de deux mille articles un tableau aussi complet que possible de la production intellectuelle de notre pays au XVIIIe siècle. Non content de s'arrêter aux plus menus acteurs et de consacrer aux plus grands des articles qui, par les dimensions et la richesse de l'information, sont déjà des monographies de référence, le " Grente " - ainsi que le désignent ses utilisateurs -, publié pour la première fois en 1960, traite des académies, de l'histoire du livre et de celle des journaux. C'est dire qu'il ne s'en tient ni à une conception étroite des Belles-Lettres, ni aux gloires reconnues et consacrées du Siècle des lumières. Son panorama sans exclusive embrasse sans rejeter. Cela seul suffirait à le recommander. Mais cette nouvelle édition refondue sous la direction de François Moureau, professeur à la Sorbonne, est enrichie par trente ans de recherches nouvelles et offre une bibliographie qui tient compte des dernières publications.
Entre 1680 et 1750 environ, entre le classicisme et les Lumières, se situe dans l'histoire culturelle française une période originale qui tient fort peu de la précédente et encore moins de celle qui lui succédera jusqu'à la Révolution. Paul Hazard a parlé autrefois de "crise de la conscience européenne", ce livre reprend à l'histoire de l'art et de l'architecture l'expression de rocaille, qui se caractérise par le refus de la symétrie (l'arabesque), des formes littéraires canoniques du classicisme et de la hiérarchie des arts (en peinture particulièrement) et, surtout, de la convention morale (le libertinage). L'Italie eut une part, jusqu'à présent relativement méconnue, dans ce qui fut la France rocaille: théâtre, musique, peinture bénéficièrent d'un apport transalplin qui fut essentiel dans ce que l'on a appelé alors le mouvement moderne, qui préfère l'ébauche, la bigarrure, le bizarre, le caprice, la digression, les singularités surprenantes, les idées creuses à l'esthétique louis-quatorzienne. Des génies, eux-mêmes singuliers, comme Watteau ou Marivaux, furent alors en résonance avec la société des fêtes galantes, du plaisir pour le plaisir. C'est le monde que ce livre prétend explorer.