Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
(x) de nom et prénom inconnu
Mounic Anne
ORIZONS
32,00 €
Épuisé
EAN :9782296087651
Les quatre récits composant ce volume ont en commun une même préoccupation, l’individu, en ses pérégrinations en un monde indifférent. (X) de nom et prénom inconnu signale la mort d’un anonyme dans un petit village d’Ile-de-France ; l’auteur s’interroge sur la logique qui aboutit à de tels désastres. La Patinoire esquisse, dans les spirales que tracent sur la glace les danseurs, une silhouette au devenir et aux voix qui lui donnent forme. Paysage d’hiver, rassemblant divers personnages (médecin, professeur, peintre, militant, etc.) dans une salle d’un hôpital psychiatrique, fait écho à la crise profonde qui secoue notre monde. D’un texte à l’autre, le récit progresse vers un commencement ; c’est la raison pour laquelle chaque chapitre de la dernière nouvelle, Le plongeur de Paestum, débute par un A, jusqu’à faire advenir, grâce à l’acte décisif de Mary, adolescente qui voulait apprendre à plonger, le dernier, qui s’ouvre par un B.
Dans l'existence, tous les moments doivent être posés à la fois ", écrit Kierkegaard dans son Post-scriptum aux miettes philosophiques. L'accès au réel de l'être en sa subjectivité kaléidoscopique se fera donc dans l'éclatement du temps linéaire qui est indifférent à nos désirs tout en donnant sa structure à notre existence et à ce roman, fresque critique de notre époque sous tous ses aspects. "Ecrire, c'est faire exploser l'instant présent, le relier à tous les temps de la vie et de la grammaire (la vie s'exprime par la grammaire, non ?). " Nous nous apercevons alors de l'absolue ubiquité de notre esprit dans la durée. Mallarmé se proposait de rémunérer grâce au vers " le défaut des langues ". La narratrice de ces " moments posés à la fois " élargit ce souci au défaut du temps, au défaut des sociétés, au défaut du réel, au défaut du reptile en somme, dont le paysan, au dernier acte de la pièce de Shakespeare, confiait à Cléopâtre que, vraiment, il n'y avait en lui pas de bonté. Ecrire, c'est sans doute rémunérer cet irréductible défaut de bonté qui mine l'humaine condition, et la vie quotidienne. " Ecrire, c'est imaginer les autres. " A partir d'une inscription aperçue au bord de la route, l'auteur de cet ouvrage imagine la relation naissante d'Isabelle et de Jérôme, car l'amour fournit un fil conducteur à ces récits qui s'entremêlent.
La poésie est mise en valeur de la voix singulière: elle associe le multiple dans l'Un. Cela définit la modernité littéraire qui n'est ni une recherche formelle d'originalité esthétique ni un solipsisme lyrique, mais la manifestation de la puissance d'être, de la voix, qui proclame, subjective, dramatisant l'existence et recherchant la complicité de l'oreille. Cela permet de dire les poètes de la Première Guerre mondiale, puis de la Seconde, et d'autres, comme Hopkins, au dix-neuvième siècle. Cela défait la notion de transgression, que l'on considère le poème même ou l'histoire de la poésie. Seul s'impose le choix personnel, unique et renouvelé, appelant mutuelle reconnaissance de notre aventure picaresque, au fil des siècles. La voix, en tant que puissance intérieure, s'oppose à l'extériorité de l'objet, qu'il soit concept, Idéal, ou objet esthétique.
Chez Michel Fardoulis-Lagrange (1910-1994), poète d'expression française né au sein de la communauté grecque du Caire, l'œuvre est l'homme, même si celle-ci vise à l'impersonnalité du chœur de la tragédie antique, et le style est l'œuvre. La parole obscure se situe au seuil de l'autre monde. " La poésie restitue au langage, au-delà du récit et du roman, sa véritable fonction, celle de l'interprétation, de l'interprétation de l'interprétation, de la parole infinie. La réalité appartient à la mort, l'oubli de la mort est un chant qui se module éternellement. Les Grecs en savaient quelque chose, qui avaient une telle façon de scander les vers que ceux-ci introduisaient dans le langage un rythme se greffant sur sa propre sonorité. " Tel est l'enchantement, qui masque le vide en se fondant sur lui. Telle est la parole poétique, parole sans représentation, allusive uniquement par un réseau de signes à déchiffrer sur les parallèles effleurant l'aporie, la butée, du a-privatif et de poros. Le passage, la voie de communication par eau et par terre, puis la mer, le lieu de l'épopée, notamment celle des Argonautes, qui parcourt l'œuvre de Fardoulis jusqu'à l'Apologie de Médée. Opacité et pudeur s'allient en cette écriture fluide pareille à la membrane solaire sur les eaux et l'acte poétique projette le poète dans l'extase, qui est absence du sujet. Michel Fardoulis-Lagrange cherche le mythe par-delà la singularité héroïque, dans les catégories pures, dans le rythme du jour et de la nuit du plein et du vide, de la présence et de l'absence en une " dialectique du verbe et du silence ". En cette étude, Anne Mounic poursuit sa recherche sur le recours au mythe en poésie moderne. Le merveilleux se fonde sur la figuration du mystère déduit de l'effroi que suscite la mort, et l'imagination, se parant en l'absence de dogme des " yeux nouveaux et personnels " du mythe, selon l'expression de Nietzsche, inaugure une spiritualité laïque qui surmonte la dualité sujet-objet pour instaurer, dans l'intimité du monde, un nouveau mode de connaissance qui réponde aux interrogations et aux désirs de l'être.
Une jeune fille rencontre celui qu'elle appelle l'homme de sa vie. Ils habitent à Ashod, une ville portuaire sur la côte israélienne. Elle l'épouse et le suit en France, à Paris. Mais Charles, au fil du temps, s'est progressivement détaché de ses origines ; le message de Jésus le bouleverse et le sentiment d'être plus proche de la religion, va en lui plus profond. Ce récit émouvant trouve sa résonance sur la scène religieuse contemporaine.
Naïf et subjugué, le narrateur de La pierre à boire est un raporta au village ; le premier a s'être agrégé, venu d'ailleurs. Les lieux qu'il traverse lui procurent mille occasions d'attiser ses passions ordinaires pour les paysages décousus, les mégalithes, les fontaines et les créatures qui semblent les hanter. " Pays d'oïl, Pays d'oc ", c'est une curieuse façon de dire, aujourd'hui, mais ce rêveur de langage, saute-frontière, dit curieusement les choses ou les laisse dire par la mention des couleurs, les titres des livres, les découvertes d'anagrammes et de langues perdues. Les lieux-dits acheminent les récits, croit-il...
De 1886 à 1914 paraissent les Archives d'anthropologie criminelle qui veulent révolutionner la notion de criminalité (école française de Lacassagne contre école italienne de Lombroso). Les débats sur l'homosexualité y sont particulièrement importants tout en donnant un aperçu sur la conception typiquement fin-de-siècle de cette sensibilité, ils mettent en avant la personnalité toute littéraire de Marc-André Raffalovich qui tenta de devenir le Magnus Hirschfeld français.
Une journée à Beyrouth. Au lendemain de l'assassinat d'un chef politique, une manifestation géante occupe les esprits. En marge de la foule, spectateur indifférent, acteur malgré lui un jeune homme sans nom, cigarette au bec et bières à la chaîne, dont la volonté est de ne rien entreprendre, parcourt la ville par ennui, suit une ancienne maîtresse, assiste à une bagarre, se rend à une soirée, écoute avec plus ou moins d'indifférence le récit des histoires qui se font et se défont. Dans ce premier roman, Toufic El-Khoury dit l'ennui du monde avec une remarquable économie de moyens. La force du livre tient à sa concision et à sa sobriété.