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Les paysages du cinéma
Mottet Jean
CHAMP VALLON
21,00 €
Épuisé
EAN :9782876732797
Deux événements ont marqué l'histoire du paysage dans les sociétés occidentales : l'invention à la Renaissance, par la littérature et la peinture, de la notion même de paysage, et la rapide transformation de l'environnement par la révolution industrielle et urbaine du XXe siècle. Le spectacle de la nature cède alors la place à la multiplication des visions médiatiques qui modifient notre rapport à l'environnement. Quelle est la place du cinéma dans l'émergence de ces nouveaux paysages imaginaires ? Cet ouvrage se propose d'explorer les nouvelles valeurs paysagères créées par le cinéma. Les images filmiques se contentent-elles d'apporter leur contribution esthétique à la réinvention permanente d'une belle nature telle que la peinture et la littérature avaient pu la concevoir ? Ou l'habitude de voir des images induit-elle une redéfinition des usages et des représentations du paysage ?
A l'heure où, du Loft à La Ferme, la télé-réalité multiplie les "maisons-cages", ce livre interroge les changements apportés par la télévision dans l'expression de notre besoin primordial d'habitation. Où est la maison de la télévision ? Qu'est-ce qui la définit ? Dans l'Amérique des années 1950, le succès de la sitcom, genre emblématique de la production sérielle, coïncide avec l'installation des rituels domestiques dans une maison suburbaine soudainement ouverte au monde. Installé dans le quotidien, le home américain engendre une nouvelle scénographie de la parole où le présent d'un espace domestique vécu au jour le jour réduit la question existentielle à une question pratique : comment vivre ? Aujourd'hui, en Europe, l'examen de nos fictions sérielles révèle la permanence d'un désir de maison. Souvent déterminés par la recherche d'un ancrage local qui fait sens, en Italie notamment, ces récits de longue durée semblent parfois ouvrir la possibilité, encore inaperçue, d'une autre manière d'habiter le monde. Une question surgit alors : s'agit-il, derrière ces nouvelles façades, de lieux habitables ou d'illusions aussi trompeuses que provisoires, destinées aux nomades que nous sommes devenus ?
On assiste aujourd'hui à un regain d'intérêt pour l'habitation. Il s'inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation de l'espace par rapport au temps qui, dans la critique comme dans la théorie, avait exercé jusqu'alors une suprématie sans partage. En prenant la maison pour objet, c'est une dimension fondamentale de notre relation à l'espace et au monde que nous nous proposons d'explorer. " We can't go home again ", déclarait Nicholas Ray dans les années 1970. Force est de constater que nous sommes allés un peu vite en besogne. Alors que l'urbain généralisé s'étend inexorablement dans le monde, la maison résiste, occupée de souvenirs que la civilisation urbaine, paradoxalement, semble réactiver. Car l'une des vertus de la maison, motif travaillé par de multiples tensions, est de renvoyer sans cesse à des questions que nous avions crues résolues. Qu'est-ce que le " chez soi " dans le monde de la communication ? Assistons-nous à l'émergence de formes de domestication sans domus ? Les orientations possibles d'une anthropologie de la maison sont nombreuses et ne peuvent être épuisées par une douzaine d'articles. Sans ambition excessive, chacun avec ses "lunettes", les participants à ce numéro de MEI espèrent néanmoins avoir réussi à faire entrevoir quelques-uns des nouveaux enjeux liés à la notion d'" habiter" dans un monde marqué par d'incessantes mobilités. A ce jour, il n'a jamais été autant produit d'images que dans notre société ; jamais non plus il n'a été autant construit, ni aussi vite qu'à notre époque, conflictuelle, hétérogène. Côte à côte, deux entretiens du cinéaste Abbas Kiarostami et de l'architecte Paul Gaudin montrent de manière particulièrement éclairante que dans le thème commun de la mobilité, du cheminement, l'espace du cinéma et celui de l'architecture peuvent se rejoindre.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.