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Etudes rurales N° 203, janvier-juin 2019 : Zones humides. Conquêtes et colonisation
Morera Raphaël
EHESS
32,50 €
Épuisé
EAN :9782713227882
En tant que réserves de biodiversité, les zones humides font aujourd'hui l'objet de larges dispositifs de protection. Mais, sur le terrain, ces mesures heurtent des pratiques de mise en valeur comme des représentations fortement enracinées. En effet, les marais, palus et autres marécages ont résulté de processus de conquête de très long terme. Soutenus politiquement, ils s'inscrivaient dans une logique de peuplement et de sédentarisation. Ces opérations de mise en culture participent-elles pour autant de logiques coloniales ? Ce numéro 203 d'Etudes rurales explore le lien entre zones humides, conquêtes et colonisations de manière concrète dans divers contextes historiques (du XVIe siècle à aujourd'hui) et géographiques (du Proche-Orient au Chili, en passant par le Cameroun et la Californie). Au-delà du fort investissement politique que les zones humides ont suscité, il montre la puissance du rôle des acteurs de terrain engagés dans la transformation des milieux. En considérant les territoires amphibies comme des lieux privilégiés d'expression des pouvoirs, les études réunies révèlent finalement l'extraordinaire plasticité des modèles de conquêtes.
Les migrations résidentielles, internes comme internationales, constituent un levier majeur pour inverser ou renforcer les tendances locales à la (dé)croissance du peuplement. Fondé sur des enquêtes de terrain, le dossier "? Migrer et (s')? installer ? " se concentre sur les installations en provenance de l'étranger et à destination de territoires ruraux français (Ariège, Bouches-du-Rhône, Bretagne, Vienne) et italiens (Sardaigne, Tuscia). L'originalité du dossier tient en deux points ? : s'intéresser à la diversité du fait migratoire, et privilégier une approche par les acteurs et les dispositifs. Dans la lignée de travaux sur la globalisation des campagnes, les différents articles révèlent une diversité de profils migratoires et certains croisements dans les territoires. Le dossier analyse en particulier l'installation récente d' "exilés" , dans un contexte de politique de dispersion à l'échelle nationale. Il met en évidence la variété des origines et des formes migratoires associées à l'activité agricole (saisonniers, ouvriers, néo-exploitants). Ces migrations sont étudiées au prisme des acteurs, institutionnels et non institutionnels, soulignant majoritairement l'articulation entre des dispositifs formels et des initiatives informelles, ainsi que l'agentivité des migrants eux-mêmes. Ce dossier réinterroge, à travers les migrations internationales, des thématiques majeures des études rurales et des enjeux des campagnes contemporaines (habitat, emploi, précarité, santé, sociabilités...).
Faire l'autruche serait-il le propre de l'homme ? A voir ce que l'on voit, on pourrait le penser. Pourtant, note l'auteur avec sagacité, il est un mammifère... D'ailleurs viendrait-il à l'idée d'une autruche de faire l'homme ? Ces questions profondes traversent une chronique dont le caractère autobiographique se révèle dans la dérision du propos... L'auteur paraît le plus sérieux quand il nous livre ses réflexions et poétise sur la rime et les vers.
Dans ce recueil, Jean-Claude Morera dresse des «cairns» à travers ses poèmes, balises de mots pour le voyageur, l'être humain en ces temps troublés et obscurs. Le poète lie les temps et les espaces, les coeurs et les esprits et nous offre en partage ses expériences poétiques et des chants de courage et de paix.
Dans un monde toujours plus habité et exploité, dans lequel l'environnement se dégrade sous la pression anthropique et où la concurrence pour l'accès aux sources de la vie s'accroît, la question de l'appropriation des ressources est brûlante. A différentes échelles et sur des espaces variés, la "concession" a été de longue date un outil d'exploitation largement utilisé par les pouvoirs pour compenser leur manque de moyens en s'associant à des acteurs privés. La démarche transversale de cet ouvrage autour d'un thème inédit en histoire ouvre des perspectives insoupçonnées. Depuis le Moyen Age, la concession n'a cessé de redéfinir les modalités de la propriété, entre communs et propriété pure. Conçue en tant que créatrice de légitimités nécessaires à l'exploitation des ressources, elle s'est avérée être un instrument de stabilité efficace. Outil juridique, comme l'assurance peut l'être pour l'Etat social, la concession participe d'un objectif politique : ancrée dans un univers social, elle est mise au service de stratégies comme l'occupation territoriale ou l'affirmation de la souveraineté. Ce faisant, elle est une forme spécifique d'expression du pouvoir. Ce volume explore les multiples facettes d'une forme d'exploitation de l'environnement dont les logiques font écho aux temps présents.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.