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Main basse sur la culture. Argent, réseaux, pouvoir
Moreau Michaël ; Porier Raphaël
LA DECOUVERTE
19,50 €
Épuisé
EAN :9782707178145
Qui a pris le pouvoir dans les milieux culturels français ? Qui sont ceux qui, aujourd'hui, tirent vraiment les ficelles, et quels sont leurs réseaux ? Ces questions se posent avec d'autant plus d'acuité que le monde de la culture est confronté, en ce début de XXIe siècle, à des bouleversements sans précédent. L'argent privé y prend le relais des deniers publics. Le numérique bouleverse son économie. Ceux qui la financent ne sont plus les mêmes. La culture est devenue une industrie qui s'assume, avec de nouveaux dirigeants qui ont su profiter de cette métamorphose. Dans Main basse sur la culture, Michaël Moreau et Raphaël Porier enquêtent sur les coulisses de la culture en France, et retracent son évolution depuis trente ans : des secrets de fabrication du cinéma (salaires, castings, budgets, etc.), secteur bousculé par les polémiques depuis deux ans, aux nouvelles méthodes des maisons de disques (contrats, licenciements d'artistes, etc.), en passant par le regain d'intérêt d'hommes d'affaires pour le théâtre ou le pouvoir des chaînes de télévision dans les industries culturelles, jusqu'au lobbying hyperactif des nouveaux géants du numérique ? Google, Amazon, Facebook ou Netflix. Sur tous ces sujets polémiques, une centaine de personnalités ? producteurs, grands patrons, cinéastes, politiques ou artistes ? ont accepté de raconter, de l'intérieur et sans détour, les rouages de ce monde en pleine mutation.
Le refus du CPE a permis de refaire l'unité syndicale. Mais la CFDT a récemment traversé une crise grave: des milliers de militants ont rendu leur carte après l'accord sur la réforme des retraites négocié par la confédération en 2003. Dans un paysage syndical marqué par le tropisme de la division et la tentation de la radicalité, le syndicalisme de négociation et de proposition peut-il trouver sa légitimité et sa crédibilité? Aurore Gorius et Michaël Moreau ont enquêté pendant deux ans sur la nouvelle CFDT, les coulisses des grandes réformes, ses liens avec les politiques, les tractations secrètes avec les gouvernements de droite, l'évolution de ses réseaux intellectuels et de sa stratégie, pour mieux comprendre les atouts et les limites d'une confédération syndicale en plein doute. Successeur à la tête de la CFDT de la charismatique Nicole Notat depuis 2002, François Chérèque finira-t-il par convaincre les salariés français et ses interlocuteurs patronaux et gouvernementaux que la stratégie de son organisation est la seule à même de redonner ses lettres de noblesse au syndicalisme français? Biographie de l'auteur Aurore Gorius est journaliste au service "Economie et social" de France Soir. Michaël Moreau est rédacteur en chef adjoint de l'émission "On ne peut pas plaire à tout le monde", sur France 3. Il est aussi l'auteur du Gouvernement des riches (La Découverte, 2004).
Nommer, c'est régner. C'est l'un des pouvoirs les plus importants du Président de la République, l'un des plus discrétionnaires, et pourtant le plus méconnu. Tout au long de l'année, le chef de l'Etat nomme, seul, des milliers de personnalités dans toutes les sphères de la vie publique. Culture, diplomatie, police, armées, entreprises publiques... Le président choisit sans critère imposé. De l'aveu même de ceux qui ont dirigé l'Etat, ce pouvoir est monarchique, et souvent opaque. Il donne lieu à des polémiques et des contestations. Emmanuel Macron est le président de la Ve République qui s'implique le plus dans les nominations. Il reçoit les candidats, dirige lui-même les castings, et y passe un temps abyssal. C'est, sans doute, le pouvoir auquel il tient le plus. Son appropriation par les présidents successifs pose aujourd'hui une question institutionnelle. François Mitterrand, déjà, l'avait considérablement élargi ; Jacques Chirac renonça à sa promesse de le restreindre ; Nicolas Sarkozy comme François Hollande y restèrent accrochés. Elle pose aussi une question éthique sur des pratiques et tentations : le recasage, le piston, la désignation des proches. Les présidents font et défont les carrières. Des nominations provoquent d'épiques batailles en coulisses. Des candidats font campagne. L'exécutif se divise, quand il s'agit de choisir ou, à l'inverse, de limoger. Des Premiers ministres ont mis leur démission dans la balance pour tenter d'avoir voix au chapitre. Des nominations ont été annulées in extremis avant qu'elles ne soient rendues publiques, et d'autres décidées dans des conditions qui interrogent. Pour son enquête, l'auteur a rencontré plus de cent soixante-dix personnalités. Voici les coulisses du pouvoir comme vous ne les avez jamais lues.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.