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Naissance d'un syndicalisme étudiant
Morder Robi ; Fischer Didier ; Monchablon Alain ;
SYLLEPSE
26,00 €
Épuisé
EAN :9782849501009
Peu connue du grand public, la charte de Grenoble est une référence majeure pour des millions de jeunes qui sont passés par le syndicalisme étudiant. Quelle est la part du mythe ? Comment a-t-elle été élaborée ? Ce syndicalisme naissant est-il nouveauté ou réinvention ? Autant de questions auxquelles des chercheurs et des acteurs de l'époque essayent de répondre dans cet ouvrage, illustré par des documents d'époque. Après la Libération une génération d'étudiants résistants investit la "vieille maison" d'une mission syndicale. Tout comme 40 ans auparavant la CGT avait adopté la charte d'Amiens, c'est à Grenoble que les délégués des étudiants de France, en avril 1946, votent la Charte de Grenoble, marquant la naissance d'un nouveau syndicalisme étudiant, qui définit l'étudiant comme un jeune travailleur intellectuel, ayant des "droits et devoirs". C'est au nom de la charte qu'a été obtenue la Sécurité sociale étudiante, revendiqué un "présalaire" étudiant (ou allocation d'études), et qu'en 1956 l'UNEF s'est impliquée au fur et à mesure contre la politique algérienne du gouvernement français. Les étudiants sont à peine 100 000 à la Libération. Il est vrai qu'aujourd'hui le chiffre de deux millions est bien dépassé. Près de quatre fois plus que les agriculteurs, mais le nombre n'explique pas tout. Depuis 1947, ces jeunes ont marqué à plusieurs reprises la vie politique de la France : opposition à la guerre d'Algérie, Mai 68, mouvement contre la réforme Devaquet... Au-delà de ces mobilisations ponctuelles, les étudiants s'organisent en acteur collectif, en "mouvement" dans de nombreuses sphères qui, parfois s'entremêlent : syndicale, associative, politique, confessionnelle, mutualiste, culturelle, sportive. La charte de Grenoble est une page essentielle de l'histoire du syndicalisme étudiant. Le renouveau d'intérêt pour l'histoire de l'après-guerre rejoint ici celui la nouvelle recherche historique sur les mouvements étudiants.
L?historiographie traditionnelle s?est souvent concentrée sur l?aboutissement de l?arrivée au pouvoir du fascisme : la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, une compréhension entière du phénomène oblige à reprendre par le début, le fil historique de cette tragédie historique. C?est ce processus que déroulent les écrits de Léon Trotsky rassemblés dans cet ouvrage, dont certains ont bénéficié de nouvelles traductions à partir du texte russe. Doté d?une connaissance fine des sociétés concernées, l?auteur suit, mois après mois, l?enchaînement des événements et les dynamiques politiques et sociales qui travaillent les sociétés européennes. Bien sûr, l?Allemagne constitue l?épicentre de ses analyses, mais il n?ignore pas non plus la prise du pouvoir de Mussolini, la guerre d?Espagne, la destruction des Juifs d?Europe, la montée du fascisme français et l?instauration de l?Etat vichyste, sans oublier le développement du militarisme japonais. Léon Trotsky pressent la catastrophe. Au fil des pages où il analyse les relations internationales, il sonne l?alarme sur la course contre la montre engagée contre le fascisme et la guerre qui vient. L?ancien dirigeant bolchevique dresse les portraits de ses acteurs (des individus, des partis et des syndicats, qu?ils soient de droite comme de gauche) et décortique leurs orientations et leurs postures. Il scrute notamment celles des partis communistes stalinisés qui aboutiront à la défaite. Il nous dévoile également les affrontements sociaux d?ampleur qui se dissimulent derrière le combat titanesque entre le fascisme et la démocratie. Le lecteur sera certainement surpris par la force et la justesse de ses intuitions et de ses conclusions. Acteur engagé sur la scène politique, le dirigeant révolutionnaire ne se veut pas un simple commentateur de la vie politique mondiale, il préconise une autre politique pour le mouvement ouvrier et social assailli de toutes parts. Il appelle ainsi à l?unité et dénonce la folie sectaire des partis staliniens qui dénoncent les socialistes comme des " social-fascistes " pour ensuite tomber dans une politique d?unité sans principe. Dans un style acéré, Léon Trotsky, audelà de l?analyse, cherche, élabore et propose une autre politique à celle des vieux appareils politiques. Il approfondit et rénove, par rapport aux conceptions bolcheviques traditionnelles, ses conceptions sur la démocratie et le socialisme. Il se fait même iconoclaste et aboutit, par exemple, à la conclusion que fascisme et stalinisme sont des "étoiles jumelles". Les écrits rassemblés dans cet ouvrage nous permettent d?appréhender la matrice de ce moment historique. Curieusement, Sur le fascisme, qui nous propose un retour sur les années 1930, convoque, entre les lignes, notre début de 21e siècle. Il apparaît alors, au lecteur, pleinement inscrit dans notre présent.
Réédition en collection "Libretto" du plus fameux roman picaresque oriental, dû à un Anglais voyageur du siècle passé, James Morier... qui n'avait pas les yeux dans sa poche. Sous le manteau coloré d'un conte à la Gil Blas, la mise à nu de l'Iran d'hier - déjà gouverné en douce par une coalition des tartuffes et des canailles. On rit beaucoup, et l'on finirait presque par se le reprocher : les choses ont décidément bien du mal à changer...
Legois Jean-Philippe ; Morder Robi ; Monchablon Al
Varsovie, Mexico, Los Angeles, Berlin, Tokyo, Paris, 68 fut l'"année internationale des étudiant·es". En France, le printemps 68 a fait couler beaucoup d'encre, mais peu a été écrit sur les étudiants. Ce sont les mêmes clichés, les mêmes pavés qui reviennent, réduisant le 68 étudiant à une crise d'adolescence, monôme aux couleurs des drapeaux rouge et noir. Pourtant multiples furent les facettes de cette insurrection. Dans les commissions des facultés occupées, on refonde l'université, on propose des réformes au cours de cette "révolution de Mai" où l'on veut changer le quotidien en même temps que la société entière. Le ghetto étudiant s'ouvre, la jonction se fait avec la population, avec les travailleur·euses car une aspiration commune est là. C'est dans la longue durée des "années 68" que s'inscrit cette rébellion étudiante qui ne surgit pas du néant. Les étudiant·es de l'université de masse sont entré·es en dissidence.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.