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Stéphane Mandelbaum
Montfort Anne
DILECTA
30,00 €
Épuisé
EAN :9782373720792
A l'occasion de l'exposition de ses dessins au Centre Pompidou (Cabinet d'art graphique) du 6 mars au 20 mai 2019, les Editions Dilecta publient un catalogue présentant l'oeuvre de Stéphane Mandelbaum. Les circonstances troubles qui entourent la mort de Stéphane Mandelbaum, assassiné en 1985 à l'âge de 25 ans, son aptitude à endosser des personnalités multiples ont fait de cet artiste belge un personnage de roman. Construite à la manière d'un récit, l'exposition retrace, à l'aide d'une centaine de dessins, ses vies réelles et fictives de. Né d'un père juif et d'une mère arménienne, Mandelbaum interroge, dès ses premières oeuvres, réalisées à 17 ans, sa judaïté. Il se passionne pour les figures des parias magnifiques : Arthur Rimbaud auquel l'adolescent s'identifie, Pierre Goldman qu'il portraiture à plusieurs reprises et qu'il cite inlassablement dans ses oeuvres, Pier Paolo Pasolini dont le visage le fascine au point de le décliner dans une vingtaine de dessins. Malgré sa jeunesse, Mandelbaum s'approprie rapidement les références culturelles de son père, Arié, artiste lui aussi : il se passionne pour le cinéma de Bunuel, de Ferreri ou d'Oshima, s'intéresse à Bacon, Pollock, Picasso, Hiroshige mais aussi à Hergé. Très vite, le jeune adulte provocateur copie en les détournant des photographies trouvées dans des magazines pornographiques, redoublant leur caractère transgressif par l'application détachée qu'il leur accorde. Multipliant les portraits de prostituées fatiguées, de proxénètes et de gangsters aux mines patibulaires, l'artiste donne à voir, enfin, le monde interlope qu'il affectionne et dans lequel il se perdra. L'oeuvre dessiné de Mandelbaum apparaît, à l'exemple de sa vie, marqué par l'urgence. La facture classique de ses grands portraits est corrompue par les traits, les écritures et les collages qui envahissent leurs marges comme autant de commentaires narquois. Les feuilles, format raisin, recouvertes de figures et d'écritures tracées en tout sens au stylobille, tiennent à la fois du dessin automatique et de la composition réfléchie. Tandis que ses petits croquis quotidiens, plus abstraits et succincts, qui forment une sorte de journal de bord, frayent avec l'art brut. Projection sans filtre de son imaginaire, le dessin de Stéphane Mandelbaum apparaît aujourd'hui, dans sa capacité à échapper à toute catégorie, étrangement contemporain. Il existe très peu de monographies sur l'artiste. L'édition d'un catalogue constitué de plusieurs essais permet donc d'apporter, pour la première fois, une analyse approfondie de l'oeuvre. Les témoignages des artistes et galeristes amis de Stéphane Mandelbaum, recueillis par Bruno Jean, offrent quant à eux des éléments de contexte. Le tout sera complété d'un appareil scientifique composé de notices détaillées des oeuvres et d'une biographie précise.
Montfort Anne ; Lasvignes Serge ; Blistène Bernard
Tu dois savoir que Wols a fait tout son boulot, toujours, depuis 1945, dans une petite chambre d'hôtel. Jamais il n'a possédé ni chevalet, ni palette, ni pinceaux, quelquefois un très esquinté — il ne connaissait aucun nom de couleur... Il peignait de préférence la nuit, à la lumière d'une ampoule de 25 watts suspendue au plafond. Et dans les temps meilleurs, il pouvait se procurer une bougie... Ce qui le ravissait car de toutes les lumières, c'est la bougie qu'il préférait. Ses toiles, il les faisait soit par terre, soit sur le lit. Avec ses mains, le plat de sa paume pour les fonds — et des petits bouts de chiffons... Il travaillait excessivement vite, avec une sorte de frénésie... Il m'a toujours dit qu'il pensait, tout en jouant sur son banjo, à la toile qu'il voyait très, très clairement sur sa rétine (les yeux clos), la toile... et que l'exécution matérielle... était un jeu... Il a dessiné tous les jours sans arrêt — avec tous ses livres chéris autour de soi... Edgar Poe, Rimbaud, Lautréamont, Lao-tseu et tous les poètes chinois, Nietzsche. La Bible. Van Gogh, les livres de yogi, de sciences, de mécanique, de géographie, d'astrologie, des traités sur l'histoire des religions, des livres de médecine, de zoologie, d'ethnographie... et comme il s'intéressait à tout... Enfin, tu as de la matière et je te supplie en souvenir de lui, d'en parler dans les termes les plus magnifiques pour montrer à tous les envieux, et jaloux, et stupides qui a été Wols." Gréty Wols, lettre à Camille Bryen, 1953
La nuit, dans les stations du centre-ville, un gang d'adolescents "Surfe" sur les trains. Leur monde est cruel, leur langue rude. Confrontés à la mort violente de leur aîné, ils choisissent de la dissimuler au plus fragile et lui racontent qu'il a changé de vie pour se rendre... au Venezuela, pays du soleil rêvé. finiront-ils par croire à leur propre simulacre ou se convaincront-ils pour oublier que "demain y pleut"?
Créée au Maxim Gorki à Berlin, "Small town boy" sera jouée au TNS (Théâtre National de Strasbourg) à partir du 21 janvier 2016, dans le cadre d'une étroite collaboration entre Falk Richter et Stanislas Nordey. Dans ces pièces, Richter interroge le poids de la norme sociale. En fin connaisseur de la langue et de la vie de la génération dite 2. 0, il présente des micro observatoires d'un monde globalisé. "Small town boy" est le combat de jeunes homosexuels confrontés aux problèmes de l'amour et de l'idendité.
Le parcours de Heinz Mack se déploie depuis 1950, à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf, alors encore en pleine reconstruction, où il effectue ses premières recherches graphiques et découvre les avant-gardes historiques. Après des études de philosophie à l'université de Cologne de 1953 à 1955, il effectue de nombreux voyages au Sahara où ses réalisations, dès 1962, préfigurent le land art. 1957-1966 est une période-phare : Heinz Mack est, avec Otto Piene puis Günther Uecker (celui- les rejoint en 1962), le fondateur et l'acteur central de ZERO, une entité artistique à géométrie variable qui réforme le principe même de l'art abstrait à l'aune de la peinture monochrome, du mouvement, de la phénoménologie et des sciences cognitives, sans oublier les années 1970 et 1980, pendant lesquelles nombre de ses sculptures, volontiers monumentales, intègrent l'espace urbain allemand. Sur sa carte de visite, Heinz Mack se présente en qualité de "sculpteur et peintre" . L'ordre de ces mentions est important : il fait prévaloir la modulation de la matière dans l'espace sur la création d'images à la surface du tableau. Autrement dit, même les toiles que l'artiste tend sur châssis dès le milieu des années 1950 sont recouvertes d'une matière dont les empâtements abondants les tirent vers ce domaine intermédiaire de l'histoire de l'art, situé entre la peinture et la sculpture, qu'est le relief. Ces reliefs, quant à eux, sont à proprement parler des sculptures murales, c'est-à-dire que leurs éléments forment une saillie conséquente par rapport au plan sur lequel ils sont fixés. Comme des sculptures en ronde-bosse, ils sont constitués le plus souvent de matériaux traditionnels (peinture, métal, bois, pierre, verre, plexiglas, plâtre ou sable) et traités avec des outils d'atelier qui le sont tout autant. Pourtant, contre toute attente au vu de cette description matérielle et technique, leur apparence demeure insaisissable, toute fixation mentale ou photographique semble impossible. Cette apparence, donc, consiste en un jeu perceptif incessant avec la lumière et l'espace réel. La matière y semble littéralement consumée par les jeux de réflexions et l'oeuvre n'existe que dans un double mouvement d'apparition et de disparition. Il s'agit là d'un paradoxe, indissociable de l'histoire du cinétisme et de l'art perceptuel dont Heinz Mack fut un acteur central, entre l'évidence du fait matériel et la complexité de ses effets. Une même tension s'applique à l'arborescence de la vie de l'artiste, qui ne saurait être abordée avec fidélité depuis un point de vue fixe ou selon une perspective centrale". Matthieu Poirier "J'ai toujours recherché la simplicité parce que le monde déborde d'images et celles-ci n'apportent que de la confusion. Mais cette simplification, précisait-t-il, ne saurait être assimilée à un appauvrissement : elle produit de l'énergie". Heinz Mack
Non sans humour, le travail de Laure Prouvost joue avec le langage et les codes de notre société, en particulier ceux qui guident l'adolescence. L'instabilité de ce passage de l'enfance à l'âge adulte est au coeur de la réflexion qu'a menée l'artiste au musée départemental d'Art contemporain de Rochechouart en 2015. L'exposition "We Will Go Far" révèle son intérêt pour l'exploration, les rêves d'ailleurs, les pistes mystérieuses. Pensée comme un contre-point, l'exposition "A Way to Leak, Lick, Leek" à la Flax Foundation, à Los Angeles, interroge les mêmes dimensions. L'ouvrage se compose comme un carnet de voyages, au sein duquel se rencontrent les thématiques explorées à Rochechouart et Los Angeles. Deux parties, l'une nourrie de l'exposition française, l'autre de l'exposition américaine, sont séparées par une série de photographies, d'installations, de captures de ses films. A rebours du catalogue classique, le propos tente de dessiner une narration, vécue du point de vue de l'adolescence. En lien avec les thématiques explorées par Laure Prouvost, l'oeil se déplace dans l'ouvrage et l'invitation au voyage se retrouve dans des notes manuscrites de Laure Prouvost, insérées çà et là dans les pages. Ce livre révèle la façon dont les films immersifs, les installations, les dessins et les tapisseries de Laure Prouvost, mêlant représentation du désir, onirisme et description fantasmée de la nature, mettent en péril notre relation au langage et à la compréhension à travers l'intrication de narrations complexes et de moments surréalistes qui nourrissent son approche, inhabituelle, des conventions du cinéma et de l'image. Il est enrichi de textes des commissaires, Annabelle Ténèze et Martha Kirszenbaum, ainsi que d'essais de l'écrivaine américaine Joan Didion (inédit en français) et des auteurs français Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah.
Ryan Bartholomew ; Danto Arthur Coleman ; Martin J
Présentation de l'oeuvre de l'artiste, qui utilise des oeuvres préexistantes qu'il détourne pour dénoncer la consommation dirigée, l'érotisme mercantile ou encore l'américanisation forcée de nos existences.
Le bruit des bonbons - The Astounding Eyes of Syria aborde la force de langage de la confiserie et des objets quotidiens. L'oeuvre explore les condensations de l'histoire, la résistance de nos héritages passés. Si le bonbon est un transmetteur universel qui humanise les relations entre les individus, il est ici l'objet moteur qui a le pouvoir de rassembler, de transmettre comme de se souvenir. C'est à travers la confiserie syrienne, que l'installation évoque et partage des souvenirs qui survivent au temps et à l'horreur de la guerre. Elle tisse des temporalités à la fois vraisemblantes et réelles sur fond de traditions partagées. Beaucoup de Syriens se retrouvent aujourd'hui autour de leur héritage vivant dont les souvenirs collectifs et individuels engagent la survie d'un immatériel qu'on ne saurait faire plier, réduire et oublier. Le Louloupti est un véritable petit bonbon qui nous rappelle les Abaib Ghouwar, petits sabots syriens en sucre, le souk d'Al-Hamidiyah et la Booza qui sont aujourd'hui plus que jamais dans la mémoire des Syriens en Jordanie, en France, au Canada, en Italie... Ces confiseries, objets-images et de liens, réparent notre regard et réveillent notre capacité à voir et à mobiliser. Imaginées par Benjamin Loyauté, ces sucreries narratives sont des agents transmetteurs, des actants. Durant plusieurs siècles, les peuples arabes introduisent le sucre dans la pharmacopée. Au XVIe siècle, le sucre était vendu par les apothicaires. Le bonbon avait ses vertus que l'histoire ne lui a pas depuis, reprises. Découverte en Syrie par Max Mallowan en 1937, l'idole aux yeux est une sculpture qui intrigue toujours et dont la fonction n'a jamais été véritablement tranchée. Le Louloupti dessiné à partir de cette archéologie est aussi spéculatif que tangible. En meringue et à la rose de Damas, il aurait aussi la fonction de prolonger le temps et les souvenirs comme de préserver l'avenir... En collectant les mots, les histoires et les "mémoires sucrées" de ses amis syriens sur des cartes postales, l'artiste et designer participe à la protection d'une culture dont la trace forme une armure. L'installation est une expérience "fictio-fonctionnelle" , où les objets-mots ont une force perlocutoire. Benjamin Loyauté utilise pour la première fois le terme design sémantique en 2014. Il définit alors le design comme un langage et développe ses premières installations autour des actes de langage. Il engage depuis une réflexion sur la géopolitique du design, nos sociétés contemporaines et l'ensemble de ses actes conditionnés par la langue, la culture, le temps et l'espace. "Les objets sont comme des mots et mes installations comme des histoires, aussi factuelles que spéculatives elles révèlent nos comportements, affectent nos certitudes et notre perception des choses" . B. L.