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La maison de la Gaieté
Montebello Denis
TEMPS IL FAIT
14,00 €
Épuisé
EAN :9782868536181
De 1937 à 1952, Ismaël et Guy Villéger ont recueilli un million de cassons de vaisselle. Sans savoir au début de quel puzzle ils seraient les pièces, quel décor ils inventeraient. Pour le restaurant, les façades sur rue, sur cour, pour le jardin. Pour la grande salle à manger, et pour les pièces à vivre. Même s'il n'y a personne pour y vivre. Aucun candidat au rachat. Les âmes du purgatoire ont beau solliciter nos suffrages. " Denis Montebello aura connu les derniers mois d'existence de ce modeste chef-d'oeuvre, infime monument de l'art populaire, conçu et réalisé par un aubergiste avec l'aide de son fils, au bord de la route dans un village de Charente maritime, comme une invitation aux joies du partage entre vivants. A peine aura-t-il eu le temps de célébrer l'inventivité spontanée de ces deux poètes (qui " traduisent un texte dont ils ont oublié l'original "), d'arriver au bout de son récit qu'il apprendra que La Gaieté a été démantelée. Il croyait que son texte comblait les lacunes que le temps avait laissées dans les mosaïques de la façade et voilà que son texte allait devenir tout ce qui reste de l'oeuvre d'une vie?
Résumé : Le dénommé Namatius, enseveli quelque part dans l'île d'Oléron où il commandait la flotte chargée de repousser les pirates saxons, rédige une lettre à l'attention de Sidoine Apollinaire, un aristocrate du Ve siècle de notre ère. En cultivant l'amitié, la poésie, puis en renonçant à sa chevelure, ce dernier s'efforce de sauver ce qui reste de Rome et de son domaine assiégé par les Wisigoths. De multiples voix-fossiles s'élèvent des sables de l'oubli et traversent les portes du temps jusqu'à notre société contemporaine, second pan - inattendu - du récit. La lettre devient dialogue avec l'absent, Sidoine, ou cet autre, non moins hypothétique, qu'on appelle le lecteur. Dense sans être hermétique, raffiné sans jamais tomber dans la préciosité, l'écriture mime excellemment, avec discrétion et humour, la langue que défend " le dernier des Romains ". A recommander aux amoureux de la littérature, à une époque où, comme le dit l'auteur, " les poètes sont si rares et les barbares si nombreux ".
Cette pointe n'est pas une invention d'archéologue. Elle a été trouvée par Céline, ma voisine, dans l'herbe où elle faisait courir son chien. De quel musée provient-elle, de quelle collection ? Avec la cote, B11, inscrite sur la pierre. Si ce n'est pas le fossile directeur dont je rêvais, l'objet facilement identifiable qui permettrait d'assurer une datation précise du contexte dans lequel il a été mis au jour, qu'est-ce que c'est ? Une énigme, et il y en aura d'autres. Qui vous fourniront des indices, vous guideront dans votre fouille, vous mettront sur la piste de votre nouveau collègue. Occupé à récolter les dernières preuves, il s'est laissé surprendre, et la Médiathèque est devenue grâce à lui un vrai escape game".
On a beaucoup exagéré l'opposition entre Dionysos et Apollon. Ce dernier n'exclut pas l'enthousiasme. Il accueille même l'inspiration dans sa propre mantique. L'une des Muses qu'il conduit, Thalie, fait fleurir les visages, croître les paroles, autant que le seigneur du feuillage, de la vigne et des fruits. Elle est la jeune pousse et bientôt l'abondance. Comme l'ami du lierre et du roseau, elle fut d'abord sauvage ; puis, agreste, elle inspire la pastorale : à Théocrite ses idylles, à Virgile ses églogues. Les Bucoliques nous le rappellent : Thalie " n'a pas rougi d'habiter les forêts ".
Résumé : Dans sa maison transformée en forteresse, le comptable en retraite Raoul Sacchi lutte contre le vieillissement. Comme d'autres font leur gymnastique quotidienne, il combat Alzheimer en tenant son journal : en consignant températures et menus du jour, en s'en tenant aux chiffres et en bannissant les rêves. Sa thébaïde est bien gardée, et Raoul Sacchi est à l'abri, sinon de ses obsessions, du moins des importuns. Pourtant on sonne à sa porte, cela n'arrête pas : des représentants, des voisins, et les entreprises venant régler le problème d'humidité qui menace sa bibliothèque, sa maison, son équilibre mental. Car l'eau monte, par capillarité. D'étranges champignons qui sont des algues bleuies envahissent son jardin. Les souvenirs aussi affleurent. Raoul Sacchi trouve là l'occasion d'exercer sa mémoire, et le lecteur de la regarder travailler...
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.
Le journal inédit que Jacques Chauviré nous livre ici estun document de grande valeur sur un monde presquetotalement disparu, et sur la vie intérieure d'un hommeremarquable. Tenu pendant dix ans - juste avant la publication de son premier roman -, il alterne les observations médicales et les réflexions littéraires. Il vaut également par l'un et l'autre aspect, qui se répondent en écho. Compassion devant la douleur, refus obstiné de la mort dialoguent avec les traces pudiques d'une recherche spirituelle soutenue, nourrie par l'amour de la campagne et la fréquentation des livres. Ses riches échanges avec Jean Reverzy et Albert Camus ne détourneront pas le médecin dévoué de la mission quotidienne qu'il s'est donnée, ni ne briseront son isolement. Il écrira, sans fréquenter le monde des Lettres, comme pour approfondir son unique objet de préoccupation: la condition humaine. De celle-ci, Chauviré a une vision plutôt sombre dont il donne la mesure dans la suite de proses intitulée Funéraires: dix morts minuscules, exemplaires, et forcément inacceptables.
Résumé : " L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. " Pietro Citati