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TRANSPARENCE, OPACITE ? TOUMING BU TOUMING. 14 artistes contemporains chinois
Mondzain Marie-José
CERCLE D'ART
24,60 €
Épuisé
EAN :9782702205525
Ces quelques pages racontent un voyage. Il s'agit d'un récit, rien de plus. Histoire d'une rencontre avec un monde que j'ai voulu approcher pour le comprendre. J'ai choisi de parcourir des villes et d'aller voir des peintres. Après de longues années, consacrées à l'étude des images dans notre monde, ou, plus précisément, aux doctrines qui les ont fondées, je crois pouvoir dire que j'ai découvert, en Chine, un régime de visibilité et de lecture des images radicalement différent du nôtre. Je pourrais illustrer ce que fut ma découverte par la parabole suivante : il est d'usage de citer un faux proverbe chinois selon lequel quand on montre la lune du doigt à un idiot, l'idiot regarde le doigt. Rien de plus faux et rien de moins chinois. Je transformerais volontiers ce propos en l'inversant : quand un chinois désigne la lune, c'est pour inviter à chercher le doigt. Que savons nous d'ailleurs de la lune qui soit libre de ce doigt-là ? Montrer la lune, c'est parler du doigt, car le doigt construit la lune et la lune devient signe du doigt. L'idiot ne voit que la lune.
Résumé : L'efficacité des réseaux sociaux semble aujourd'hui se conjuguer avec la barbarie pour ouvrir un nouveau règne de l'image. Cette violence visualisée, répétée à l'infini, provoque l'effroi, quand ce n'est pas l'émulation chez les plus fragiles. Quel est donc ce pouvoir démultiplié de l'image et date-t-il en fait des récentes mutations technologiques ? Marie José Mondzain s'intéresse au pouvoir de l'image depuis son apparition sur les parois des grottes préhistoriques ou l'usage politique qui en est fait dès le début du christianisme, sa relation fondamentale à l'humanité comme sa force destructrice. Il s'agit de réfléchir aux conditions dans lesquelles l'image est salvatrice, celles dans lesquelles elle mène l'humanité à sa chute. Pour pouvoir affronter la difficile question des images de terreur actuelles, il faut en passer par cette réflexion sur le pouvoir de l'image en général, rétablir une distance qui, seule, peut nous sauver de l'hypnotisme. Ce n'est pas en chassant les images, ou même en les ignorant, que nous lutterons contre leur charge de violence, mais bien en apprenant à les regarder autrement.
Il suffit de rappeler le poids des "médias" aujourd'hui pour convenir que l'image est notre destin. Mais sait-on quand et comment s'est noué ce destin ? Ce livre nous fait remonter aux sources mêmes de l'imaginaire contemporain, à la crise de l'iconoclasme byzantin aux VIIIème et IXème siècle. Cette convulsion historique, qui s'acheva officiellement en 843, mit l'Eglise en demeure de produire une doctrine philosophique de l'image invisible qui la mette à l'abri de tout soupçon d'idolâtre, tout en fondant une stratégie pédagogique et politique de l'icône visible au service de son pouvoir temporel. Le concept majeur et étonnamment moderne qui soutient cet immense dispositif est le concept d'économie. On ne trouvera pas ici le ton néo-spiritualiste du "tout-à-l'icône", devenu très en vogue dès que l'on parle d'art, d'image de Dieu, d'image de l'autre ou de la nouvelle face du monde slave. Nouvel artefact de la "présence" et des espoirs de salut, l'icône doit retrouver (par-delà les effets de mode) les assises de sa vraie puissance spéculative et politique, celle qui lui vient de la pensée patristique.
La question coloniale est interroge ? e avec une particulie`re insistance aujourd'hui en raison du retour des manifestations violentes du racisme et des diverses figures de l'exclusion. La de ? colo- nisation, loin de se re ? duire aux combats pour l'inde ? pendance et a` l'acce`s a` l'autonomie des anciennes colonies, pose un proble`me tre`s actuel qui s'e ? tend aux territoires re ? els et imagi- naires des colonise ? s mais surtout des colonisa- teurs eux-me^mes. L'abolition de l'esclavage n'a toujours pas mis fin aux haines, aux asservis- sements et aux crimes. C'est la cruelle vitalite ? d'une colonisation de l'imaginaire lui-me^me qui semble rester grave ? e dans la chair des victimes mais aussi de leurs bourreaux. La lecture d'une fiction visionnaire, La Colonie Pe ? nitentiaire de Kafka a ouvert le chemin d'une interroga- tion ge ? ne ? rale sur la relation de la machine qui soumet, qui torture et qui tue avec les strate ? gies de toute domination. Cette lecture a accompa- gne ? tout au long de ma re ? flexion le cheminement biographique et historique a` travers les signes de cette colonisation charnelle et passionnelle MARIE JOSE ? MONDZAIN K. comme Kolonie Kafka et la de ? colonisation de l'imaginaire 192 pages 11x16, 8 cm 14 euros 9782358721936 de l'imaginaire lui-me^me. Il s'agit d'analyser a` travers un certain nombre de te ? moignages, de textes et d'images le lien puissant, violent et toujours actif qui noue le colonialisme au capitalisme au coeur actuel d'un impe ? rialisme mondialise ? . Cependant cette courte me ? dita- tion cherche aussi a` reconnai^tre la puissance e ? mancipatrice de l'e ? criture fictionnelle et d'une fac ? on ge ? ne ? rale la place des gestes cre ? atifs dans l'expe ? rience de la liberte ? et de la joie qu'elle donne. J'ai donc essaye ? dans le me^me mouve- ment, toujours accompagne ? e par Kafka, d'envi- sager les conditions pre ? sentes de possibilite ? d'une de ? colonisation de l'imaginaire qui seule est en mesure de faire ope ? rer contre l'oppres- sion du re ? el les e ? nergies transformatrices et les gestes re ? volutionnaires. Marie Jose ? Mondzain est philosophe, directrice de recherche e ? me ? rite au CNRS. Dernier ouvrage paru : Confiscation des mots, des images et du temps (Les Liens qui Libe`rent, 2017 ; nouvelle e ? dition poche augmente ? e, 2019).