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Dieu dans la création . Traité écologique de la création
Moltmann Jürgen ; Kleiber Morand
CERF
54,00 €
Épuisé
EAN :9782204027991
La crise écologique du monde contemporain peut conduire à une catastrophe universelle. Cette crise a surtout son origine dans la volonté de puissance de l'homme moderne. Or une certaine théologie occidentale de la création a pu apporter sa caution religieuse à cette totale domination de l'homme sur l'univers. Dans ce traité " écologique " de la création qui fait suite à sa doctrine " sociale " de la Trinité, le théologien allemand J. Moltmann formule de façon nouvelle la foi chrétienne en la création, de telle sorte que celle-ci ne continue pas à être elle-même un facteur de la crise écologique, mais devienne un facteur de paix avec la nature. Il s'agit d'une doctrine " chrétienne " de la création, c'est-à-dire qu'elle prend au sérieux le temps messianique qui a commencé avec Jésus et qui tend vers la libération des hommes, la pacification de la nature et la délivrance de notre environnement à l'égard des puissances du négatif et de la mort. Mais inséparablement, il s'agit d'une doctrine " trinitaire " de la création. L'insistance sur la création " dans l'Esprit " et pas seulement par la parole nous invite à dépasser une conception typiquement moderne de la subjectivité et de la domination mécaniste du monde. Ecologie signifie la science de la " maison " (" oikos "). Une telle doctrine de la création est une théologie de l'inhabitation de Dieu par son Esprit dans l'ensemble de la création. Comme dans ses ouvrages précédents, Moltmann adopte une méthode largement oecuménique. Non seulement il interroge les grands précurseurs théologiques et scientifiques d'une doctrine de la création, Augustin, Thomas, Calvin, Newton, mais il chercher à dialoguer avec les représentants de la cosmologie moderne et des sciences non mécanistes de la nature. On sera d'autre part sensible à la manière remarquable dont il recueille l'héritage de " sagesse de la création " de la tradition de l'Eglise orientale et de la théologie et de la praxis juives du " sabbat ". La création n'est pas seulement " l'oeuvre des six jours ". Seul le sabbat est l'achèvement et le couronnement de la création. Le Dieu créateur, c'est aussi le Dieu qui se repose, le Dieu qui fête, le Dieu qui se réjouit de sa création...
Cette "christologie du chemin", qui suit le chemin qui va du Jésus juif au Jésus chrétien, détecte l'anti judaïsme secret de certaines christologies anciennes et contribue ainsi au dialogue judéo-chrétien. Elle ouvre les voies d'une christologie postmoderne, qui cherche à inscrire l'histoire humaine dans le cadre de la nature.
Alors que les femmes ont joué et continuent à jouer un rôle très actif dans l'expansion du christianisme, ce dernier a subi une distorsion au profit des hommes : hiérarchie masculine estompant la communauté ecclésiale, des représentations de Dieu éclipsant certains traits féminins, en particulier le rôle de l'Esprit Saint. Ce livre rappelle le rôle des femmes dans l'Eglise primitive et la mémoire active qu'en ont gardé les siècles ultérieurs. Les traditions de Marie-Madeleine et Marthe en font foi, particulièrement en Provence. Ces témoignages incitent à penser autrement le statut des femmes dans les Eglises d'aujourd'hui. Une autre image de Dieu se dessine alors.
Biographie de l'auteur Jürgen Moltmann est né à Hambourg en 1926. LesÉditions du Cerf ont publié plusieurs de ses uvres, dontLe Seigneur de la danse (1977), Théologie de l'Espérance(1983), Le Dieu crucifié (1990), Jésus, le messie de Dieu(1993), L'Esprit qui donne la vie (1999).
Pourquoi, après la " théologie de l'Espérance ", une " théologie de la Croix " ? Jürgen Moltmann se défend de revenir " des trompettes de Pâques aux chants funèbres du Vendredi Saint ". La théologie de la Croix n'est que l'envers de la théologie de l'Espérance. Il s'agissait dans cet ouvrage du souvenir du Christ sous le mode de l'espérance ; il s'agit maintenant de l'espérance sous le mode du souvenir du Crucifié. Ce projet amène l'auteur à développer successivement une christologie, une théologie, une anthropologie, une ecclésiologie, une " politique " chrétienne. Reprendre aujourd'hui la théologie de la Croix, c'est en effet comprendre le Crucifié à la lumière de sa résurrection et de l'espérance qui en découle. C'est reconnaître que le Dieu trinitaire n'est autre que le Dieu habité par l'histoire et par la souffrance, le Père qui souffre la mort de son Fils dans la douleur de son amour. C'est également redéfinir l'homme véritable et les conditions de sa libération face au Fils de l'homme rejeté et ressuscité dans la liberté de Dieu. C'est encore redonner toute sa force au scandale du Golgotha dans l'ecclésiologie : seule une Eglise qui confesse publiquement sa foi et son espérance en cet homme de Nazareth crucifié sous Ponce Pilate a le droit de se dire chrétienne. C'est enfin mettre fondamentalement en question notre société officiellement optimiste, qui foule aux pieds tant de cadavres. Les critiques ont unanimement présenté cet ouvrage comme l'un des deux ou trois livres les plus importants et les plus intéressants de ces dernières années. Les questions radicales qu'il pose n'interpellent pas seulement les théologiens, mais aussi tous ceux qui se veulent les disciples de Jésus-Christ.