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Pourquoi se référer au passé ?
Moatti Claudia ; Riot-Sarcey Michèle
ATELIER
24,99 €
Épuisé
EAN :9782708245563
Construction de mythes, évocation d'un âge d'or, interprétation à des fins de propagande... Quand le passé est convoqué, c'est souvent pour légitimer, figer et déformer des moments d'histoire, dont l'usage au présent vise à servir une cause. Cet ouvrage, fruit d'un travail collectif mené depuis plusieurs années, tente de penser une autre relation au passé à l'aide de la notion de "référence" : il s'agit de saisir la façon dont le passé est parfois "réactivé" par des sujets qui se le réapproprient. Moteur d'action et opérateur de pensée, ce passé dynamique, inachevé, subsiste en effet dans les mémoires "souterraines" d'un collectif, où, à la fois rêvé et perdu, il attend son actualisation. Chaque chapitre du livre analyse un moment historique à la lumière de cette notion de référence : la Grande Famine en Irlande entre 1845 et 1851, les destructions d'églises pendant la Commune, le coup d'Etat du 6 septembre 1930 en Argentine, la notion de "martyr" dans la Tunisie contemporaine, celle de "peuple" en Italie au milieu du XIVe siècle... Elaborer la notion de référence, c'est repenser notre façon de faire de l'histoire : c'est restituer à la connaissance du passé tout son potentiel critique, qu'il s'agisse d'y trouver ces références nécessaires à l'action, ces possibles contenus dans les expériences d'hier, ou d'échapper au tragique re-jeu du passé.
Résumé : Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack L'Eventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans. A compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée, poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité de Jack L'Eventreur. Grâce aux archives d'une pittoresque société savante de riperristes, en confrontant témoins et survivants, elle va reconstruire dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante carrière de l'Eventreur. En décryptant des documents d'époque, Michel Moatti recompose l'atmosphère nocturne et angoissante de l'East End du XIXe siècle. En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, il propose une solution à l'énigme posée en 1888 : qui était Jack L'Eventreur ?
La mobilité? humaine s'inscrit dans l'espace, mais aussi dans le temps. Et dans le temps long : c'est un processus, un parcours, le plus souvent discontinu, fait d'une série d'évènements, au cours desquels les individus se désocialisent, se resocialisent, et se transforment. C'est ce vécu et sa re ? alite ? multidimensionnelle et imprévisible que nous proposons de prendre en compte ici, pour saisir l'expérience migratoire dans le moment même du déplacement. Le champ de l'enquête est donc celui de l'entre-deux, statutaire, topographique, social ou idéel : c'est d'abord l'espace-temps du mouvement où tout peut arriver, où les repères sont en quelque sorte suspendus, où l'horizon se trouve indéfiniment reporté ; c'est aussi l'espace relationnel, fait de méfiance ou de confiance, qui se crée entre les migrants et ceux qu'ils rencontrent. Sur les chemins ou au seuil d'un lieu inconnu, dans tous les cas, l'incertitude, qui pour certains est propice aux aventures, devient source de précarité? . Ce livre constitue le premier volet d'une petite anthropologie du mouvement, qui se veut à la fois transdisciplinaire, transpériodique, et résolument comparatiste.
Résumé : Depuis deux siècles, l'idéal démocratique s'incarne en Europe dans un système de gouvernement qui a pour nom République et qui semble aller de soi. Pourtant, suffit-il de mener un combat en faveur de la laïcité ou au nom de l'égalité pour rendre à la république cette multitude de sens qui fit son histoire ? En réalité, il est impossible d'en écrire le récit linéaire qui, d'une origine antique, mènerait au système représentatif contemporain, car l'idée et les pratiques " républicaines " diffèrent en fonction des enjeux et des époques et sont constamment repensées par les pouvoirs en place. D'où le choix assumé par ce brillant essai collectif d'histoire intellectuelle de réfléchir à l'historicité du concept et des pratiques de chaque république, en un tour d'horizon chronologique et géographique qui va de la politeia grecque et de la res publica romaine aux Républiques françaises instaurées depuis la Révolution, en passant par le modèle communautaire italien du Moyen Age et les expériences modernes (Italie, Angleterre, Suisse, Provinces-Unies). Autant d'identités distinctes qui, pourtant, se construisent autour de références communes : le peuple, la liberté, la souveraineté, la légitimité, etc. A l'heure où, en Europe, plusieurs modèles de gouvernement ont atteint leurs limites, ce livre salutaire et décapant réactive le débat d'idées autour d'un concept riche de sens et d'interprétations.
Brice Catherine ; Moatti Claudia ; Sanfilippo Mari
C'est un musée à ciel ouvert où cohabitent trente-quatre siècles d'histoire. Rome royale, républicaine, impériale, chrétienne, médiévale, Rome de la Renaissance, baroque ou moderne, la cité romaine n'est que confusion et mélange des genres, juxtaposition et imbrication de styles et d'époques. Comprendre Rome, c'est d'abord apprendre à la regarder. De la Rome primitive, simple village édifié sur le Palatin aux plans d'urbanisme de la Rome contemporaine, cette scène artistique et politique a changé de nombreuses fois de physionomie. Des fragments du mur Servien au théâtre de Marcellus, du palais de Tibère aux catacombes, des baptistères à plan circulaire à la tour des Milices, du palais Farnèse à la chapelle Sixtine, du monument Victor Emmanuel II au Girasole, Rome n'a cessé de s'imposer comme une ville de bâtisseurs. L'iconographie abonde. Sites et monuments, tableaux et gravures anciennes, sculptures et objets d'art viennent enrichir cette étude approfondie de l'une des plus belles villes d'Europe. --Sandrine Fillipetti
Pourquoi la station Javel a-t-elle pris le nom d'un industriel quand tant d'hommes et de femmes ont fait bouger les lignes lors des grèves de 1936 dans les usines Citroën ? Qui se souvient, aujourd'hui, des noms des neuf victimes de la police de Papon au métro Charonne, en 1962 ? Comment ne pas s'amuser de voir une station de Levallois-Perret nommée en hommage à Louise Michel, enterrée dans la commune qui était alors à mille lieux du fief des Balkany ? En nous proposant un voyage dans le Paris populaire via le métro parisien, Laurence De Cock et Mathilde Larrère se réapproprient la porte d'entrée proposée par Loran Deutsch dans son Métronome, mais en remettant l'histoire sur ses pieds. Contre les chantres du roman national et des " grands hommes ", elles proposent de montrer comment les rues et les monuments de la capitale ont été le théâtre de la lutte des habitant-e-s, anonymes et ordinaires. Une histoire que les manuels scolaires et les discours officiels négligent, mais qui prend force et vie lorsque l'on se donne la peine d'y regarder de plus près. Redécouvrir cette histoire singulière, faite de tranches de vie et de combats acharnés, c'est non seulement puiser dans les engagements d'hier pour inventer les nôtres, mais c'est aussi se réapproprier l'espace public pour ne pas laisser la rue aux falsificateurs de l'histoire...
Algérie, Soudan, Irak, Chili, Iran, Colombie, Liban, Hong Kong, France... Sous le ciel menaçant du dérèglement climatique, un vent de protestation s'est levé en divers endroits de la planète. Il a soulevé, sans parvenir à le déchirer, le voile de l'illusion du meilleur des mondes régi par le marché et habillé par une démocratie vidée de son sens. Une partie des habitants du globe s'est dressée contre la violence des pouvoirs et l'omnipotence de l'argent. L'aspiration à l'émancipation renaît. Plutôt que d'apparaître comme un ailleurs inaccessible retiré dans le jardin des rêves, l'utopie a retrouvé la vigueur qui avait conduit les insurgées du XIXe siècle à s'en emparer pour se libérer de leurs chaînes. Ce livre plaide pour que chacune d'entre nous se mette à l'écoute des pratiques émancipatrices qui, du Chiapas à Notre-Dame-des-Landes, des collectifs de Gilets jaunes aux places d'Alger et de Santiago, en passant par les associations et les lieux du travail, dessinent, dès aujourd'hui, le visage d'une démocratie réelle et toujours inachevée.
Qui étaient les prêtres qui ont vécu le concile Vatican II ? Une enquête leur donne la parole et restitue leur parcours. Eclairant alors que l'Eglise catholique traverse une grave crise de crédibilité. On ne peut comprendre la société française de la seconde moitié du XXe siècle sans connaître ceux qui y ont joué un rôle non négligeable, les prêtres qui ont vécu Vatican II. Habités par cette conviction, des membres de la Conférence catholique des baptisés de France (CCBF) ont, durant plusieurs années, recueillis leurs paroles. Ce livre les restitue en les mettant en regard. Il retrace les itinéraires de prêtres qui ont passionnément voulu se rapprocher de tous, spécialement des " périphéries " chères au pape François. Souvent discrets sur eux-mêmes, ces hommes ont vécu la convocation en 1960 du Concile ? " l'événement le plus important du XXème siècle " selon De Gaulle ? comme une libération du carcan clérical dans lequel était enserrée leur existence. Ils livrent au fil des chapitres, ce qui a motivé leur vocation, leur vie au séminaire, leur traversée de Mai 68, leurs doutes et leurs passions pour un Evangile vécu en résonnance avec la vie des femmes et des hommes qu'ils côtoient. Ce tableau jette une lumière crue sur l'état de crise que traverse actuellement L'Eglise catholique. " Il faut ouvrir les fenêtres de L'Eglise " disait Jean XXIII en convoquant le Concile. 60 ans plus tard, ne faut-il pas renouveler ce geste ?
Le néolibéralisme ne s'est jamais aussi bien porté. Dans une économie mondiale dérégulée, les inégalités explosent. Dans le même temps, les mouvements sociaux, éclatés sur plusieurs fronts, peinent à se réunir autour d'une lutte commune. Pourtant, les opposants à l'ordre néolibéral n'ont pas dit leur dernier mot. En silence, patiemment, ils ont façonné de nouveaux outils, pour mettre enfin un terme à l'impunité historique des multinationales. Parmi ces outils, le contentieux juridique : de grandes affaires judiciaires se sont multipliées au cours des dernières décennies, mettant en cause tour à tour Lafarge, Auchan, Vinci, BNP Paribas, Bolloré, Samsung, Total, Chevron... Et les premières condamnations ont été prononcées. Si discrètes qu'aient été ces victoires, elles constituent un renversement de perspective fondamental. Et si nous étions sur le point d'assister à une mise au pas des puissances économiques par la puissance du droit ? Autrement dit, à la mort prochaine du néolibéralisme ? Dès lors, comment faire pour ne pas manquer cette opportunité historique ?