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Lumières N° 27-28, 1er-2nd semestre 2016 : Lumières et républiques. Entre crises et renouvellement
Mondot Jean ; Miqueu Christophe
PU BORDEAUX
44,00 €
Épuisé
EAN :9791030001884
Les recherches sur le républicanisme connaissent en France, depuis quelques années déjà, dans le sillage du renouveau anglo-saxon, un regain d'intensité porté notamment par une perspective souvent pluridisciplinaire. S'inscrivant dans cette dynamique, ce numéro de Lumières se propose d'interroger l'évolution complexe du modèle républicain dans la période où il est souvent présenté comme le plus porteur d'avenir, et où il est exposé en même temps à de nombreuses remises en question : le siècle des Lumières. Les Lumières, trop souvent considérées dans une perspective très franco-centrée, comme une période où le modèle républicain bénéficierait d'une sorte d'unicité conceptuelle, se révèlent bien plutôt comme un moment de profondes mutations, voire de crise de l'idée et des pratiques républicaines. Les Républiques urbaines traversent des crises internes alors que s'engage un débat sur leurs forces et faiblesses comparées aux monarchies éclairées et stables. Les philosophes conçoivent des modèles nouveaux, à l'échelle d'un Etat, s'opposant à la monarchie absolue. La logique traditionnelle du devoir commence à voir sa primauté discutée par la logique nouvelle du droit. Les voies de l'émancipation privilégient un paradigme de plus en plus pacifique et laissent émerger l'idée républicaine éducatrice et démocratique du citoyen éclairé. C'est donc le modèle républicain toujours en train de se réformer au plan conceptuel comme au plan empirique qui est étudié ici, pour voir en quoi il ouvre sur la modernité. L'espace européen dans sa diversité est examiné de même que les Lumières dans leur durée et leur force d'influence.
Pour la troisième fois de son histoire, Dix-Huitième Siècle porte un regard sur son objet d'étude : en 1973, Jacques Proust avait présenté les " Problèmes actuels de la recherche ". Quinze ans plus tard, Michel Delon avait proposé une enquête sur " La recherche aujourd'hui ". Il était temps d'établir un nouveau " rapport d'étape " qui fasse à la fois le bilan des recherches passées et envisage aussi les perspectives d'avenir. C'est ce que propose ce volume co-dirigé par Michel Delon et Jean Mondot. Face au retour des obscurantismes, aux nouveaux trésors (réels ou fictifs) des ressources numériques, une interrogation inquiète mais lucide est menée sur les liens qui nous rattachent aux Lumières et sur la nécessité de les maintenir. L'éclectique partie varia mènera le lecteur des chansonniers satiriques à une chenille étudiée par Buffon, et lui proposera une plongée dans les débats ardus et passionnés que les philosophes des Lumières consacrèrent aux liens entre matérialisme et nécessitarisme. 2014 marquant enfin le bicentenaire de la mort de Sade, Dix-Huitième Siècle ne pouvait manquer de saluer la mémoire du sulfureux marquis. Outre un article consacré au " fluide électrique " dans ses oeuvres, la rubrique nouvelle des " Grands entretiens " est inaugurée avec une rencontre passionnante avec la romancière et essayiste Chantal Thomas, pour laquelle le rapport à Sade demeure " comme une caresse métaphysique... ".
L'évaluation du " radicalisme " de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle est un thème récurrent de la recherche dix-huitièmiste. Barruel, Robinson et d'autres peu après l'événement ont prétendu que la Révolution française s'était préparée dans les loges, un véritable complot froidement ourdi. Koselleck, au siècle dernier, estimait qu'il s'agissait plutôt d'une conséquence trop tard comprise de discours développés dans le secret protecteur des loges, inconscients des périls politiques menaçants. D'un côté, de froids manipulateurs, de l'autre, de doux et naïfs idéalistes. Lors du bicentenaire de 1789, François Furet, reprenant sur ce point les thèses d'Augustin Cochin, estimait lui aussi que la franc-maçonnerie avait été un creuset d'idées révolutionnaires. Aujourd'hui, aucune de ces hypothèses n'est retenue par l'historiographie. Beaucoup d'historiens ont même affirmé avec force que la franc-maçonnerie n'avait en tant qu'institution rien à voir avec la Révolution et que seule une certaine historiographie maçonnique pro-révolutionnaire a cru pouvoir associer Révolution et franc-maçonnerie en affectant d'un signe positif les élucubrations complotistes. Il a paru intéressant de revenir à la franc-maçonnerie elle-même et de réévaluer son radicalisme potentiel et/ou réel. Ce d'autant plus que la notion même de Lumières radicales auxquelles Lumières avait déjà consacré un numéro spécial est loin de faire l'unanimité chez les chercheurs.
Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799) est un auteur à la postérité singulière. Personne n'aurait pu promettre de son vivant au professeur de physique de l'université de Goettingue une telle gloire littéraire. Et pour cause. Il ne la doit qu'à ce qui fut publié après sa mort, ses cahiers, ses carnets, ses brouillons. Leur succès ne s'est jamais démenti tout au long des XIXe et XXe siècles. Les plus grands, de Goethe à Benjamin en passant par Schopenhauer, Nietzsche, Kraus mais aussi Wittgenstein et Freud, les ont lus. La profondeur de ses aphorismes les a fascinés, l'humour, l'ironie, le non-sense les ont amusés. Deux cents ans plus tard, leur efficacité reste intacte. Lichtenberg est aussi un auteur pour notre temps. Biographie de l'auteur Jean Mondot, professeur à l'université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, a consacré de nombreux travaux et études aux Lumières de la fin du XVIIIe siècle en Allemagne. Il dirige par ailleurs la revue Lumières.
La nouvelle collection «E18», dédiée aux études sur le 18e siècle et aux écrits produits en ce même siècle, s'ouvre par la publication de quatre textes contemporains (fin des années 1990), inédits en français en totalité ou en partie, de l'historien américain, spécialiste des Lumières françaises. Synthèse du travail et de la pensée de l'historien, elle illustre de manière exemplaire la spécificité de la recherche dix-huitiémiste, époque matricielle d'où sort la modernité. En cela la confrontation avec notre temps est inévitable car comme le dit Darnton "Quiconque a un compte à régler ou une cause à défendre en revient aux Lumières". Deux rubriques regroupent les analyses ; celle de la polémique qui comprend un plaidoyer en faveur des Lumières suivi d'un texte remettant en question les options méthodologiques adoptées par l'historien et favorisant la discussion scientifique ; enfin la rubrique illustrant les méthodes de l'historien dix-huitiémiste (méthodes, outils conceptuels, domaines privilégiés d'études ...).
Pour le notaire, la déontologie fonde aussi sûrement sa fonction que les dispositions juridiques qui la décrivent. Elle en est la justification comme la conséquence. Son respect, également partagé, est le ciment de la confraternité et par là même de l'union de la profession. Sa promotion assure au citoyen la solidité comme l'équilibre du contrat établi ou du conseil prodigué par l'étude. Sa description permet à chaque notaire ou à celui qui aspire à le devenir, de confronter à tout instant son action aux principes qui doivent la guider. C'est assez dire l'importance de l'ouvrage de référence de notre confrère Gilles Rouzet, enseignant à la Faculté de droit de Bordeaux, qui en propose aujourd'hui une nouvelle édition aux étudiants comme à tous les notaires. Le lecteur ne pourra qu'être sensible à l'exceptionnelle qualité du travail accompli, et la profession toute entière y puisera un puissant motif de confiance. (Hubert Gence, Président honoraire du Conseil supérieur du notariat.)