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Dix-huitième siècle/462014/Des recherches dix-huitiémistes aujourd'hui
Delon Michel, Mondot Jean, Collectif
LA DECOUVERTE
49,95 €
Épuisé
EAN :9782707182043
Pour la troisième fois de son histoire, Dix-Huitième Siècle porte un regard sur son objet d'étude : en 1973, Jacques Proust avait présenté les " Problèmes actuels de la recherche ". Quinze ans plus tard, Michel Delon avait proposé une enquête sur " La recherche aujourd'hui ". Il était temps d'établir un nouveau " rapport d'étape " qui fasse à la fois le bilan des recherches passées et envisage aussi les perspectives d'avenir. C'est ce que propose ce volume co-dirigé par Michel Delon et Jean Mondot. Face au retour des obscurantismes, aux nouveaux trésors (réels ou fictifs) des ressources numériques, une interrogation inquiète mais lucide est menée sur les liens qui nous rattachent aux Lumières et sur la nécessité de les maintenir. L'éclectique partie varia mènera le lecteur des chansonniers satiriques à une chenille étudiée par Buffon, et lui proposera une plongée dans les débats ardus et passionnés que les philosophes des Lumières consacrèrent aux liens entre matérialisme et nécessitarisme. 2014 marquant enfin le bicentenaire de la mort de Sade, Dix-Huitième Siècle ne pouvait manquer de saluer la mémoire du sulfureux marquis. Outre un article consacré au " fluide électrique " dans ses oeuvres, la rubrique nouvelle des " Grands entretiens " est inaugurée avec une rencontre passionnante avec la romancière et essayiste Chantal Thomas, pour laquelle le rapport à Sade demeure " comme une caresse métaphysique... ".
Depuis le scandale que leur publication a provoqué en 1782 jusqu'aux plus récentes adaptations cinématographiques, Les Liaisons dangereuses fascinent et suscitent des interprétations contradictoires. Il s'agit donc d'étudier comment la perfection formelle et l'ironie d'un roman par lettres font jouer l'un contre l'autre l'optimisme encyclopédique et l'inquiétude de la fin du siècle, voire l'attirance pour le mal. L'exigence rationnelle se concilie de plus en plus difficilement avec les besoins du coeur, la langue des géomètres avec les élans lyriques.
Au XVIIIe siècle, l'Académie royale organisait tous les deux ans au Louvre une exposition publique de peinture, dont Diderot rédigea de 1759 à 1781, les comptes rendus. Il joue ainsi un rôle pionnier, car ses "Salons" constituent un témoignage essentiel du rayonnement artistique de la France des Lumières en Europe. En parallèle à l'exposition que le musée de Montpellier consacre au "Goût de Diderot", cet ouvrage dresse un panorama de l'art du XVIIIe siècle, dans toute sa diversité, tel que Diderot l'a commenté, avec les morceaux de bravoure qu'il porte aux nues, le rococo qu'il n'aime pas, la notion de sublime qui imprègne alors la peinture de paysage, avec Vernet, Hubert Robert et Chardin, le peintre du silence des choses.
Résumé : Peu avant la prise de la Bastille, Sade est évacué de la forteresse où il doit abandonner sa bibliothèque et nombre de ses manuscrits. Parmi eux, le rouleau des Cent Vingt Journées de Sodome constitue une expérience d'écriture sans précédent. Il ne sera publié qu'au XXe siècle et exposé au public pour la première fois au XXIe. Suivre sa trace, de sa rédaction jusqu'à aujourd'hui, c'est traverser la Révolution française, le Berlin des années folles, le Paris et la Genève des grands mouvements financiers. Les Cent Vingt Journées de Sodome sont une source pour les surréalistes, un défi pour les philosophes et les cinéastes, un objet de commerce et de controverse. Son frêle papier heurte de plein fouet le moralisme contemporain qui prétend imposer les normes d'aujourd'hui aux oeuvres du passé et voudrait nier toute autonomie de la pensée et de l'art. Raconter l'histoire d'un rouleau de papier, c'est suivre la frontière fluctuante de la liberté de penser et d'écrire.
Professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l Université Paris IV-Sorbonne, Michel Delon est spécialiste du siècle des Lumières, en particulier de l histoire des idées et de la littérature libertine. Il est l auteur de nombreux ouvrages sur cette époque et le maître d uvre, notamment, du Dictionnaire européen des Lumières (P.U.F., 1997), ainsi que des Oeuvres de Sade et des Contes et romans de Diderot dans la « Bibliothèque de la Pléiade » chez Gallimard.Il a publié Le principe de délicatesse en 2011 chez Albin Michel (Prix de l Académie des Sciences Morales et Politiques).
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.