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La Puissance du Midi. Drapiers et draperies de Colbert à la Révolution
Minovez Jean-Michel
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753518032
La croissance économique de la France méridionale est mal connue et généralement sous-évaluée pour l'époque moderne. On considère souvent son développement industriel comme inférieur à celui du Nord. La difficile approche statistique, la méconnaissance de nombreux secteurs de production, l'ignorance même de la majorité des territoires de production, l'absence de connaissance fine des produits et de leurs marchés expliquent en grande partie ce regard négatif. En choisissant de s'appuyer sur le premier secteur industriel qu'est le textile, prenant pour exemple la branche lainière, cet ouvrage s'efforce de combler les lacunes ; il démontre que le Midi est une région à fort dynamisme industriel à l'époque moderne. La puissance du Midi se mesure à une croissance deux fois plus forte au XVIIIe siècle que dans les provinces du Nord et à une connexion aux marchés mondiaux. Les étoffes fines vivent leur âge d'or du fait de l'extraordinaire poussée de leur commerce, presque exclusivement international : Europe sous domination turque, Barbarie, Proche et Moyen-Orient et même Inde et Chine. De leur côté, les draperies connaissent une véritable explosion de la production ; destinées d'abord à satisfaire le marché intérieur en pleine croissance, une part significative gagne aussi les marchés de l'Espagne et des colonies américaines, ainsi que ceux de la péninsule italienne et de l'Europe germanique. Dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, l'industrie lainière du Midi stagne, malgré des tentatives de réorientations des fabrications et du commerce. Ce livre en mesure les effets et propose des interprétations nouvelles à ce déclin.
La construction d'une université nécessite des moyens financiers et humains colossaux. Que faire lorsque les obstacles, les changements et les retards s'accumulent dès ses fondations ? Lorsque les lieux deviennent invivables, voire dangereux, pour les enseignants, les étudiants et le personnel de l'université ? Neuf enseignants-chercheurs et architectes exposent ici les dynamiques d'un projet controversé et retracent les (més)aventures de la construction et de la reconstruction du site désormais université Toulouse 2 - Jean Jaurès. Entre mémoire historique et renouvellement urbanistique, ce beau livre universitaire explore la genèse d'un des campus les plus innovants d'Europe, grâce à une étude rigoureuse, attentive et toujours vibrante des formes et des métamorphoses que l'actuelle université a connues au fil du temps.
Hagimont Steve ; Minovez Jean-Michel ; Vlès Vincen
Les stations de sports d'hiver ont-elles un plan de repli ? Les recommandations des scientifiques sur l'adaptation à l'enjeu climatique se heurtent aux enjeux économiques et à l'injonction d'attractivité des territoires. L'ensemble des articles de ce numéro consacré aux sports d'hiver pyrénéens dessine un examen tout à la fois critique et compréhensif des stratégies de développement territorial par le tourisme en général et les sports d'hiver en particulier. Montrant le poids du passé dans les enjeux présents, ils examinent la construction et l'évolution de l'ancrage territorial des stations, et confirment, s'il en était besoin, la dimension fondamentalement spatiale et politique du rapport du tourisme à l'environnement - de sa mise en marché à sa destruction en passant par ses rétroactions.
La Garonne et le canal du Midi ont représenté des axes historiques majeurs de communication, formant un système de navigation inachevé autour de Toulouse. La capitale régionale absorbait l'essentiel du fret et contrôlait le commerce d'entrepôt des produits descendus des Pyrénées et de leur piémont. Son association au canal du Midi a laissé espérer une dynamisation du trafic grâce à la mise en relation de la Provence, du Languedoc et de l'Aquitaine. Mais les problèmes de navigabilité de la Garonne, les ruptures de charges dues à des barrages toulousains presque infranchissables, une connexion imparfaite avec le canal du Midi ont limité les effets attendus des voies d'eau pour Toulouse. Les aménagements réalisés pour y pallier restent incomplets et tardifs. La vie économique s'y endort progressivement à partir du milieu du i, siècle. La réappropriation des voies fluviales n'intervient qu'à la fin du, siècle dans une dimension ludique et touristique accompagnée d'un processus de patrimonialisation. Cet ouvrage, destiné à un large public comme à un lectorat spécialisé, surprendra par l'originalité de son texte et la richesse de son iconographie. Mêlant images d'archives et documents contemporains, cartes anciennes et plans actuels, il comporte une importante iconographie spécialement réalisée pour ce livre ; les photographies aériennes, prises sous des angles inattendus, participent à construire un regard différent sur les voies d'eau autour de Toulouse, valorisant la beauté d'un patrimoine unique.
La renommée des draps du nord de la France, d'Elbeuf, de Lille, de Reims ou de Sedan, leur domination et leur triomphe au XIXe siècle, semblent avoir occulté et rendu invisible l'industrie du sud du pays. Et pourtant, le Midi fut l'une des grandes régions industrielles françaises. A partir du XVIIe siècle, en Languedoc, dans une partie de la Gascogne et des pays pyrénéens, la draperie joue un rôle économique majeur. La Révolution va bouleverser cette géographie industrielle, faisant dispa- raître ou marginalisant progressivement les plus petites manufactures au cours du xixe siècle. Parallèlement, d'autres territoires du textile émergent et se recomposent. Dans le Haut-Languedoc, dans le Tarn et l'Ariège, des transformateurs de laine se développent discrètement. S'adaptant sans cesse, réformant progressivement leur appareil de production, tissant des relations avec de nombreuses entreprises, ils prendront la tête de la production française dans le cardé et le tissage d'habillement de la laine au xxe siècle. En exploitant l'intégralité de la documentation, Jean-Michel Minovez rend enfin visibles ces industries longtemps ignorées et retrace des aventures manufacturières inédites. Un livre de référence, un exercice magistral d'histoire sur le temps long et une véritable découverte scientifique.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.