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L'industrie invisible. Les draperies du Midi (XVIIe-XXe siècles) Essai sur l'originalité d'une traje
Minovez Jean-Michel
CNRS EDITIONS
39,00 €
Épuisé
EAN :9782271073006
La renommée des draps du nord de la France, d'Elbeuf, de Lille, de Reims ou de Sedan, leur domination et leur triomphe au XIXe siècle, semblent avoir occulté et rendu invisible l'industrie du sud du pays. Et pourtant, le Midi fut l'une des grandes régions industrielles françaises. A partir du XVIIe siècle, en Languedoc, dans une partie de la Gascogne et des pays pyrénéens, la draperie joue un rôle économique majeur. La Révolution va bouleverser cette géographie industrielle, faisant dispa- raître ou marginalisant progressivement les plus petites manufactures au cours du xixe siècle. Parallèlement, d'autres territoires du textile émergent et se recomposent. Dans le Haut-Languedoc, dans le Tarn et l'Ariège, des transformateurs de laine se développent discrètement. S'adaptant sans cesse, réformant progressivement leur appareil de production, tissant des relations avec de nombreuses entreprises, ils prendront la tête de la production française dans le cardé et le tissage d'habillement de la laine au xxe siècle. En exploitant l'intégralité de la documentation, Jean-Michel Minovez rend enfin visibles ces industries longtemps ignorées et retrace des aventures manufacturières inédites. Un livre de référence, un exercice magistral d'histoire sur le temps long et une véritable découverte scientifique.
Au siècle, le Pays d'Olmes est un territoire textile peu dynamique dépendant de donneurs d'ouvrages du département de l'Aude. Au début du XIXe siècle, les autres territoires textiles du Midi de la France, vieux de plusieurs siècles, disparaissent ou deviennent marginaux en quelques décennies. Parallèlement, le Pays d'Olmes se développe d'une manière invisible face aux territoires majeurs de la partie septentrionale de la France, produisant des tissus épais et unis ainsi que des nouveautés aux couleurs variées à la mode. Il adapte judicieusement l'offre, réforme très progressivement l'appareil de production et exploite au mieux les interrelations entre ses nombreuses petites entreprises. Au XXe siècle, le Pays d'Olmes l'emporte alors : il prend la tête de la production française dans le cardé et le tissage d'habillement de la laine.
La vaisselle décorée produite dans le Midi toulousain, de la Renaissance à l'ère contemporaine, a égayé tables et vaisseliers en France et dans les colonies. Tirant profit de cet appel des marchés aux larges horizons d'une première mondialisation, des populations du sud-ouest de la France ont su constituer des aires de production spécialisées s'industrialisant parfois au XIXe siècle. A ce jour, aucune étude globale sur la longue durée n'avait été tentée sur le sujet ; cet ouvrage a l'ambition de combler ce vide. A partir de l'étude des grands centres céramiques du Midi toulousain qui ont forgé l'identité céramique régionale, il offre une vision d'ensemble de l'évolution de la production de vaisselle peinte et imprimée à travers une approche mêlant histoire, histoire de l'art et archéologie. Présentant des pièces emblématiques et des céramiques moins connues, l'ouvrage a la vertu d'associer un texte renouvelant l'approche historiographique à une riche illustration de plus de 250 photographies couleur. Il s'adresse ainsi tant aux chercheurs et étudiants qu'aux amateurs des métiers d'art.
Les industries n'ont pas été exclusivement localisées en ville et en banlieue, elles n'ont pas attendu la "Révolution industrielle" pour se développer et les usines n'en furent pas le seul espace de production : nombreux sont aujourd'hui les travaux qui permettent de le démontrer. L'industrie est née dans les campagnes européennes. Mais que furent exactement les industries rurales au Moyen Age et à l'Epoque moderne ? Comment les reconstituer, les définir pour mieux en étudier les spécificités ? Pour y parvenir, les études rassemblées dans ce volume analysent les structures d'intégration des activités industrielles : l'organisation spatiale de la production et les circuits de sa commercialisation, la pluriactivité des producteurs et, à l'interface des processus productifs et marchands, les onctions multiples de l'entreprise inscrites dans les campagnes dès le Moyen Age.
Cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur l'interaction entre processus économiques et dynamiques de la création artistique. L'attribution des prix et de la valeur, la formation aux métiers de l'art, la fonction des ventes aux enchères, la gestion des legs des peintres, l'administration des théâtres privés et les stratégies pionnières de la publicité d'entreprise, les entreprises d'artistes, le goût bourgeois pour les décors exotiques... autant de thèmes et d'espaces qui voient les arts et l'économie manifester des convergences insoupçonnées, que ce volume invite à découvrir.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.