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L'Immoralité de l'art
Milosz Czeslaw
FAYARD
26,95 €
Épuisé
EAN :9782213020723
Dans ma jeunesse, je me révoltais contre le portrait de l'artiste que j'avais lu dans le récit Tonio Kröger, de Thomas Mann, contre l'assimilation de l'activité créatrice avec la névrose et un appauvrissement intérieur. Mais je concevais aussi autrement qu'aujourd'hui cette interdépendance, ou plutôt ses conséquences, attitude qui devait d'ailleurs concorder avec l'intention initiale de Thomas Mann. Avant la Première Guerre mondiale, le caractère exceptionnel de l'artiste _ d'un homme au pouvoir de forces démoniaques _ contribuait à lui assurer toutes sortes de prérogatives et, d'une manière ou d'une autre, il se rattachait à la théorie du sacerdoce de l'art qui ne s'est pas révélée durable. Ma génération avait déjà un peu honte de cette théorie. Mais il arrive qu'une thèse, après des années, acquière une nuance affective et intellectuelle différente, et prenne à nos yeux une autre signification. Tonio Kröger dit que " la poésie est une sorte de vengeance sur la vie ". C'est indéniable. Cependant, cette phrase avait un sens légèrement différent dans la ville bourgeoise et animée de Munich d'avant 1914, lorsque le XIXe siècle durait encore, car ce n'est que le déclenchement de la Première Guerre mondiale qui a marqué sa fin. Par la suite, le poète a dû éprouver des souffrances morales en prenant conscience que ce ne sont pas les réflexes les plus nobles et les plus humains qui sont ses alliés, mais " son attitude froide et distante " _ également lorsqu'il écrit un poème contre l'inhumanité. Et cela justement, au lieu de donner des prérogatives au poète, accroît les exigences envers la poésie, qui paraît toujours insuffisante, c'est-à-dire imparfaite, et par là même incapable de racheter son péché originel. " C. M. Milton, de William Blake... ? Sans doute l'impulsion qu'ils ont su donner à leur poésie, la concordance avec la réalité de leur époque, leur effort pour l'appréhender, pour la rendre plus signifiante et éclairer les rapports que l'homme entretient avec elle ? Ce rapport à la réalité est un problème complexe ; l'approche en est difficile, les notions fuyantes, mal définies encore, entravées d'anciennes dénominations. Milosz procède par touches, par étapes successives, s'éloigne du problème principal pour mieux y revenir et souligner avec passion ce qui, selon lui, en constitue l'essentiel. Il n'existe pas de réponse univoque à la question de ce qu'est la réalité, sans doute " une nouvelle dimension de l'homme et de la société ". Milosz porte un regard neuf sur divers phénomènes culturels et sociaux, allant chercher, par exemple, dans l'ancienne Saligia _ la liste des péchés capitaux _ de nouveaux contenus, une nouvelle façon d'aborder, et peut-être de mieux comprendre, la réalité de notre époque. Des auteurs peu à la mode, Swedenborg, Blake, O. V. de L. Milosz, Simone Weil, invitent à s'engager plus avant dans ces chemins de traverse qu'emprunte Czeslaw Milosz. Czeslaw Milosz, né en 1911 en Lituanie, se consacre très tôt à la poésie. En 1951, il rompt avec la Pologne. Après une dizaine d'années passées en France, il s'installe aux Etats-Unis, où il enseigne les langues et littératures slaves à l'université de Californie (Berkeley). Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1980.
Cet ouvrage analyse l'état d'esprit des intellectuels dans les démocraties populaires. L'auteur poursuit un dialogue intérieur qui l'empêche d'admettre une fois pour toutes certaines valeurs comme absolument garanties. Il est partagé entre le désir de comprendre ce qu'on nomme "les nécessités historiques" , la tentation de se soumettre à elles, et la volonté de définir le malaise que la soumission fait naître. En dépit de quelques détails autobiographiques, l'auteur reste presque toujours à l'arrière-plan, laissant parler les événements et les hommes. Ce qu'il met principalement en relief, ce sont les situations. Les réactions subjectives apparaissent comme si elles étaient placées entre guillemets. Milosz s'efforce de n'être qu'une voix dans la tragédie, une voix en quête de réplique.
Nous sommes incapables de réduire à un dénominateur commun un présent si plein de contradictions, car nous demeurons en lui et lui en nous. Mais son trait distinctif peut-être le plus inattendu est un aveuglement volontaire, un refus de l'expérience historique comme si l'homme avait appris trop de choses sur ses pulsions démoniaques et ne pouvait plus les supporter. Que la cause principale de cette attitude soit la stérilisation des éléments tragiques de la religion [... ], ou qu'il en existe d'autre, tous ceux qui recommandent un retour à la nudité et à l'innocence primitives constituent déjà un grand mouvement de nouveaux adamites dans les pays occidentaux. L'Empereur des peuples de la Terre peut rester définitivement dans le domaine de l'imagination littéraire. Mais que pareil surhomme apparaisse, promettant la fin de toute aliénation, et l'amour et la paix, nous pouvons être sûrs que des millions de mortels, indifférents à la vérité et au mensonge, lui rendraient un hommage divin. " Czeslaw Milosz, né en 1911 en Lituanie, se consacre très tôt à la poésie. En 1951, il rompt avec la Pologne. Après une dizaine d'années passées en France, il s'installe aux Etats-Unis, où il enseigne les langues et littératures slaves à l'université de Californie (Berkeley). Il reçoit, entre autres, le Neustadt International Prize for Literature en 1978. La plupart de ses oeuvres _ poèmes, romans, essais _ ont été traduites dans de nombreuses langues. Czeslaw Milosz, dont la renommée internationale ne cesse de croître, a exercé une influence déterminante sur plusieurs générations de poètes polonais et sur l'orientation de la vie culturelle en Pologne. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1980.
Le poète face au néant recèle l'une des oeuvres majeures de Czeslaw Milosz (prix Nobel 1980), le Traité de poésie, décrite par Helen Vendler comme l'un des deux poèmes majeurs du XXe siècle (avec The Waste land d'Eliot). La traduction de cette oeuvre ainsi que de quelques autres poèmes est suivie d'un essai sur la pensée du poète, dont le fil conducteur est " la quête du Réel " et la préoccupation majeure, la triple crise de notre civilisation : idéologique, consumériste et nihiliste. Le poète philosophique, métaphysique et charnel tout à la fois, après avoir quitté le Wilno (Vilnius) de sa jeunesse puis Varsovie, a vécu une dizaine d'années à Paris, avant de se retrouver à Berkeley, ne revenant que dans les années 1990 à Cracovie. Maître à penser incontesté surtout en Pologne et aux Etats-Unis, il a laissé le témoignage des emprises idéologiques et existentielles du XXe siècle, ainsi qu'une vision de la poésie originale, souvent opposée à celle qui domine en France. L'essai de Michel Maslowski tente de démêler les différents aspects de sa vie et de son œuvre, abordant sa poétique, son expérience d'émigré et ses dissidences. Le volume se veut une introduction à la biographie et à la poésie de celui qui a été l'un des plus grands écrivains et penseurs du XXe siècle.
Résumé : L'Issa est une rivière de Lituanie. Thomas vit chez ses grands-parents, maîtres d'un petit domaine sur son déclin. L'enfant découvre le monde à la faveur de passions successives : pour la jeune servante du curé, pour un berger de quatorze ans, pour un chasseur et sa maîtresse, une belle paysanne.
La Hatha-yoga Pradîpikâ, ou « petite lampe du Hatha-yoga », est l'un des plus complets traités consacrés à cette science millénaire qui nous soit parvenu. Il est attribué à un célèbre yogin du Xe siècle qui l'aurait popularisé sur tout le continent indien. Selon la tradition hindoue, celui qui le pratique parvient par une méthode pratique et violente (hatha = force) à la libération spirituelle recherchée par toutes les voies indiennes. Cette discipline repose sur le principe, reconnu depuis l'antiquité védique, de la correspondance de l'univers et du corps. Elle comporte un certain nombre de techniques, dont les fameuses « postures » (âsana), le « rassemblement des souffles » (pranayana) et les sceaux (mudrâ) qui permettent d'apprendre à maîtriser les énergies du corps et de l'esprit. La traduction de ce traité est précédée d'une étude de Tara Michaël qui montre l'importance des différentes formes de yoga dans les traditions shivaïte et tantrique. Elle est accompagnée d'une traduction du commentaire sanskrit qui l'explicite, « Clair de lune » par Brahmânanda.
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Le commissaire Gradenne prend froid dans l?hiver du Jura. A la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine?Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d?une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts!Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d?un Poulsard?? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d?âge sans beaucoup d?affinage à la PJ, mais avec du? nez, avisé et goûteux!
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.